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Autres / Récit de Adila Katia

Maria

24e partie

Résumé : La joie de Maria est de courte durée. Si Fifi lui a trouvé un studio, il lui reste à payer le bail d’une année. Soussou n’a pas d’argent et lui suggère de rester. Maria trouve que la malchance ne la lâche pas…

Cette location est une occasion en or et elle ne voudrait pas la rater. Il ne lui reste qu’une solution ; emprunter de l’argent. Dès qu’elle aura l’appartement, elle se trouvera un second travail. Il n’y a qu’ainsi qu’elle pourra s’en sortir.
Elle connaît bien quelques clientes fortunées, mais elle ne s’imagine pas leur demander de l’argent, même si c’est un emprunt.
Il y a bien Fifi, mais elle hésite. Au bout d’une semaine, à se morfondre sur son sort, lorsqu’elle la voit, elle n’hésite pas à aborder le sujet avec elle.
- Je ne voudrais pas que ton amie le loue à quelqu’un d’autre ! Fifi, tu as de l’argent, toi, pourrais tu m’avancer la somme ? Je te jure de te rembourser jusqu’au dernier centime !
- Pas besoin de jurer ! Je sais que tu es quelqu’un d’honnête !
- Alors aide-moi, la prie-t-elle. Va trouver Samia et règle-moi le problème ! Je t’en serais reconnaissante à vie ! Je n’en peux plus de vivre avec eux ! Figure-toi que l’autre fois, je l’ai trouvé dans ma chambre, à fouiller mon placard !
- Écoute, je veux bien t’aider, mais j’ai une proposition qui te permettrait de t’en sortir !
Fifi, l’air grave, finit par lui dire ce qu’elle attend d’elle.
- Dans ta situation, le mieux que tu puisses faire, c’est de nous rejoindre, dit elle. Tu ne vivras plus la peur dans le ventre et tu vivras chichement ! Comme nous…
- Waw ! souffle Maria. Tu ne peux pas me demander ça !
- C’est l’unique moyen que je connaisse vu que tu n’as personne pour t’aider, vu que tu n’as ni formation ni travail permanent ! Tu n’as même pas un toit ! Tu risques de te retrouver sous peu, à la rue… Je sais que je te choque avec ma proposition ! Tu peux refuser. Mais c’est maintenant que tu te décides Zakia…
Rien qu’en prononçant le prénom emprunté à la fille de l’hôtelier, elle lui rappelle sa condition sociale. Elle allait se retrouver à la rue, un jour ou l’autre. Si elle n’a pas où dormir, elle ne pourra plus travailler au hammam. Tout ce qu’elle y gagnait, allait dans les dépenses de tous les jours, mais jamais elle ne pourra assurer la location. Elle deviendra une mendiante, à chercher des coins dans les rues où se cacher comme un rat.
Chaque minute passée dehors la mettra en danger. Que pourra-t-elle faire face aux drogués, aux voyous, aux SDF ?
Mais le pire serait de tomber entre les mains de la police. Ils la ramèneraient chez âami Ramdhan et il pourrait lui créer d’autres problèmes liés à l’utilisation d’une fausse identité. Si elle dit la vérité, on ne la croira pas. Peut-être que si… Mais elle sera renvoyée au village, chez son beau-père.
“Ah non ! Tout sauf ça…”, pense-t-elle. En l’espace de quelques secondes, sa décision est prise.
- Réfléchis bien Zakia, insiste Fifi. Tu auras non seulement un toit, mais tu deviendras indépendante financièrement ! Tu pourras tout te permettre ! Tu nous as bien vues ! On s’assume entièrement !
- Je sais, je sais, murmure la jeune fille. Mais je n’y connais rien. Oh mon Dieu…
- C’est Lui qui t’envoie à nous pour t’aider, dit Fifi. Tu n’as rien à craindre ! Je m’occuperais de toi, de tout… Il suffit que tu sois d’accord !
- Samia est aussi ? demande Maria, sans oser prononcer le mot qui la répugnait tant.
- Oui mais c’était avant ! Là, elle s’est trouvé un fiancé à l’étranger et elle part pour se marier ! Elle va se ranger, lui confie l’amie. Toi aussi tu pourras le faire plus tard ! Tu es encore si jeune ! Alors qu’as-tu décidé ?
- Je n’ai pas le choix, dit la jeune fille. Je ne veux pas rentrer au village et je ne peux pas faire autre chose. Ma situation ne me laisse pas le choix !
- Bien. Tu sais, tu ne vas pas le regretter !
Fifi lui demande de préparer ses affaires.
- Je passerais te prendre demain soir. Je vais prévenir Samia ! Elle sera heureuse de t’accueillir ! Allez, rentre préparer tes affaires !
Après son travail, Maria prend tout son temps pour rentrer à l’appartement. Elle n’a aucune envie de se retrouver avec eux. S’ils acceptaient de la rembourser, elle ne ferait pas le plus vieux métier au monde. Elle tente encore de parler à Soussou mais celle-ci est toute à son homme. Elle lui répète qu’elle n’est pas forcée à partir. Encore une fois, elle doit ramasser ses affaires et partir vers l’inconnu.
Dans quelle conditions allait-elle se retrouver ? Le milieu n’est pas fréquentable. Elle a conscience des dangers, mais il lui semble qu’elle n’a pas le choix…


 (À suivre)
 A. K.


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