Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de midi (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version digitale de "Liberté" écrire à: redactiondigitale@liberte-algerie.com

Autres / Récit de Adila Katia

Les doutes

26e partie

Résumé : Fadhéla est bien heureuse de recevoir ses parents. Ils l’interrogent sur son mariage, sur son mari. Elle se voit contrainte de ne pas leur dire toute la vérité. Elle explique le geste de son mari mais ses parents trouvent qu’il lui manque de respect. Ces beaux-enfants les rejoignent. À leur visage grave, elle en déduit que cela s’est mal passé au commissariat.

Fadhéla sent le regard de sa mère qui lui transperce le dos. Elle ne peut pas s’isoler pour discuter avec eux. Elle ne peut pas les empêcher de parler. Elle n’est pas assez complice avec eux pour leur faire comprendre à travers des grimaces ou des clins d’œil de ne rien dire devant ses parents.
Elle ferme les yeux alors que son père demande des nouvelles d’Akli à Sami.
- Il est têtu ! Il n’a aucun regret, confie-t-il. Il ne le cache pas ! J’avais beau essayer de l’empêcher d’en dire plus, il ne m’écoutait pas ! On aurait dit un enragé !
- Oui, il faut avoir la rage pour frapper un malade ! Avec ou sans motif, il n’avait pas à s’en prendre à lui, dit son père. Votre père a eu un comportement indigne !
- Hé, chwiya el-hadj ! Je ne vous permets pas de parler ainsi de mon père !, réplique Sami. C’est un homme d’honneur ! Je comprends qu’il s’en soit pris à lui, même si je n’apprécie pas son geste ! Car il y a d’autres façons de régler un problème !
- Bien, on s’entend sur ce point ! Mais à quoi pensait-il ? Il devait bien se douter que sa victime allait porter plainte ! Il aurait pu le tuer ! Il va se retrouver en prison ! Une drôle de façon de protéger ma fille vu qu’elle se retrouve maintenant seule !
- On est là pour elle ! Il nous a demandé de nous occuper d’elle au cas où il resterait en garde à vue !
- Il croyait pouvoir s’en sortir facilement ! Et en attendant, ma fille doit vous suivre ? Non, ça ne se passera pas comme ça !, décide Karima. S’il a trouvé le moyen d’entrer dans sa vie, il en sortira rapidement ! Cet homme n’est pas digne de confiance ! Si tu avais eu le malheur de batifoler avec ce malade, il s’en serait aussi pris à toi ! Dans quel état serais-tu en cet instant ? Benti laaziza, il faut que tu acceptes le fait que tu as fait une grave erreur, en tombant sous son charme ! Il n’est pas trop tard pour te rattraper ! Tu es encore jeune et tu referas ta vie rapidement ! Regarde où vous en êtes après quelques mois de mariage ! Tu t’es séparée de ta famille, de tes amis ! Tu n’as plus de vie depuis ton mariage !
- El-hadja, vous vous trompez ! Il ne l’a jamais maltraitée ! Ce qui est arrivé peut être pris pour un accident !, l’interrompt Sami. Ce sont des choses qui arrivent dans la vie !
- En cas d’accident, chose que personne ne peut éviter, parfois, Allah ghaleb, le responsable peut être excusé, mais il n’échappe pas à la justice ! Là, ton père a agi consciemment ! Il ne regrette pas d’avoir agressé ce pauvre malade ! Il n’a eu aucune pitié !
- Dis-leur qu’il est bien avec toi ! Que c’est un très bon mari !, lui ordonne presque Sami. Mon père ne t’a jamais manqué de respect ! Il ne t’a jamais touchée !
Fadhéla soupire. S’il n’y avait pas ses parents, elle lui aurait rappelé certains faits et gestes de son père. Et puis, ne lui avait-il pas demandé d’abandonner son travail ?
Le fait qu’elle ne s’empresse pas de répondre exaspère son beau-fils.
- Pourquoi tu ne les rassures pas ? Ils vont croire que tu as subi toutes les misères du monde !
- Si c’est le cas ma fille, dit Karima, tu dois nous le dire maintenant !, la presse-t-elle, en lui prenant la main. Sache que nous avons changé de sentiments, on ne t’en veut plus ! On souffre de ton absence et s’il y a quoi que ce soit, tu peux compter sur nous !
- Et mes frères ?
- Ils espèrent ton retour, la rassure Karima en larmes. Tu n’as rien à craindre. Nous sommes là avec toi ! D’ailleurs, je t’en prie, ne refuse pas ! Viens avec nous ! Le temps que la situation s’éclaircisse ! Tu ne peux pas rester ici !
Sami s’interpose.
- On est venus la chercher ! Elle n’est pas seule ! Cheikh nous a recommandé de la prendre avec nous !, dit-il. Elle passera la nuit chez nous !
- Nous sommes ses parents et elle viendra avec nous ! Tant qu’il n’aura pas regagné son foyer, elle sera chez nous ! Tu peux aller le lui dire !
Sami a un regard implorant vers Fadhéla. Son père allait lui passer un savon s’il la laissait partir avec sa famille. Avec son esprit mal tourné, il allait se faire des scénarios et compliquer les choses dans son mariage. Il voit bien que les vieux parents ne vont pas renoncer à elle. Fadhéla ignore son regard.
- Je pars avec mes parents, décide-t-elle. Quand il sortira, tu lui diras où me trouver !


(À suivre)
A. K.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER