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Autres / Récit de Adila Katia

Les regrets ne changent rien

28e partie

Résumé : Ibtissem finit par parler à son père avant son départ. Elle ne comprend pas pourquoi sa mère est toujours absente lorsqu’elle appelle. Elle sent qu’il ne lui dit pas tout. Une fois arrivée chez ses parents, elle ne trouve personne. Elle frappe chez la voisine et celle-ci s’étonne de la voir. Elle l’invite à entrer. Elle ne peut pas lui apprendre la nouvelle sur le palier.

Elle la conduit au salon et s’assoit avec elle. Ibtissem est livide. La situation est encore plus grave qu’elle ne l’avait imaginée. Khadidja avait beaucoup de peine.
- Ce sont des choses qui arrivent à tout le monde, commence-t-elle. C’est le sort commun de tous ! C’était écrit le jour même de sa naissance ! Fethi n’est plus. Il est mort dans un accident alors qu’il allait te rejoindre à Oran !
- Oh non ! Pas lui ! Je croyais que c’était ma belle-mère ! Oh mon Dieu…
- Hélas non… Tu sais, elle a voulu lui faire croire des choses sur toi… Mais comme elle n’avait aucune preuve, il ne l’a pas crue… C’était tellement horrible ce qu’elle disait sur toi !
Ibtissem pleure et se lamente. Khadidja lui raconte qu’avant de partir il est passé voir sa belle-mère pour la mettre au courant. Il croyait si fort en elle et en leur amour.
- Ta mère n’a pas supporté qu’on médise de toi ! Mais le fait que Fethi te fasse confiance l’avait rassurée ! Seulement, la mort l’attendait sur la route… Tout le quartier était sous le choc en apprenant sa mort. Ta mère aussi…
- Elle ne va pas bien ? Où est-elle ?
- Tes parents sont allés chez ta belle-mère et elle les a renvoyés comme des moins que rien ! Ta mère ne l’a pas supporté…
- Mais où est-elle ?
- Courage ma fille, ta mère a rejoint Fethi. Elle est morte d’une crise cardiaque ! Elle a été enterrée hier !
Ibtissem perd connaissance. Khadidja appelle sa fille pour l’aider. Elles allongent Ibtissem, puis Khadidja apporte une lingette mouillée et la passe sur son visage.
- Va chercher un verre d’eau !
Khadidja lui tapote les joues. Ibtissem ouvre doucement les yeux et gémit. Elle verse des larmes amères.
- Mais pourquoi on ne m’a pas appelée ? Pourquoi ?
Khadidja hausse les épaules.
- Je l’ignore ma fille. Sois forte…
- J’ai perdu Fethi, ma mère… Comment je pourrais être forte ? Et papa, où est-il ?
- Je sais qu’il passe une grande partie de son temps à la mosquée, lui confie-t-elle. Mais il ne devrait pas tarder à rentrer…
Ibtissem a l’impression de vivre un cauchemar. Elle voudrait se réveiller et savoir les êtres chers à son cœur vivants. Mais la réalité est là.
- J’avais un mauvais pressentiment ! confie-t-elle. Mais jamais je n’aurais cru qu’il leur arriverait malheur ! Qu’est-ce que je vais devenir ?
- Allah est avec toi et tu as encore ton père ! Aie la foi ma fille ! Tu ne seras jamais seule !
Ibtissem pleure et se mord les lèvres, comme pour s’empêcher de crier. Khadidja la laisse un moment seule. Quand elle revient, elle lui apprend que son père est rentré. Ibtissem se lève péniblement.
- Enfin, murmure-t-elle en essuyant ses larmes.
La jeune femme se rend chez elle. La voisine ne l’accompagne pas. Et c’est peut-être mieux ainsi car l’accueil de son père est glacial. Il tourne la tête quand elle veut l’embrasser. Il a une moue de dégoût et il ne la regarde pas. Elle qui s’apprêtait à lui tomber dans les bras et à pleurer sur son épaule recule.
- Pa… ? Wech bik ?
- Ne me demande pas. Tout ce qui est arrivé est de ta faute ! Et tu oses venir !
- Pa… Tu crois aux mensonges de ma belle-mère ! C’est ça ?
- Oui ! J’ai honte ! Les gens savent tout ! Tu me fais horreur ! Ta mère, Allah yerhemha, avait raison de dire que tu courais droit à ta perte ! Je t’ai toujours tout permis, persuadé de bien faire, que tu saurais faire la différence entre le bien et le mal, et finalement tu es le mal en personne ! Le diable est ton compagnon ! Sois maudite !
Pars d’ici ! Tu n’es plus ma fille ! Ne reviens plus ! Ibtissem tombe à ses genoux et le prie de lui pardonner mais il la repousse brusquement.
- Rouhi ! Men zid enchoufek ! Je ne veux plus revoir ton visage et même entendre parler de toi !
La jeune femme implore son pardon en s’accrochant à lui mais il la repousse et sort de la pièce. Il va à la porte d’entrée et l’ouvre grand.
- Non ! Ne me mets pas à la porte ! Bats-moi, fais tout ce que tu veux de moi, mais ne me jette pas dehors !
- Sors sans faire de scandale devant les voisins ! Tu nous as humiliés, tués avec… Rouhi ! Rouhi…
Il s’écarte de la porte pour qu’elle passe et la claque derrière elle. Ibtissem s’effondre sur le palier. Elle n’a plus aucune force et n’a aucune envie de vivre. Khadidja qui devait avoir tout entendu est venue l’aider à se relever et la ramène chez elle…


(À suivre)
A. K.


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