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Autres / Récit de Adila Katia

Les regrets ne changent rien

29e partie

Résumé : Ibtissem perd connaissance en apprenant les terribles nouvelles. Elle ne comprend pas pourquoi on ne l’a pas mise au courant. Plus tard, quand son père rentre et qu’elle va le rejoindre, elle ne s’attend pas à ce qu’il la rejette. Il ne lui pardonne pas d’avoir souillé leur nom. Il la met à la porte.

- Sebri ! Sois patiente ma fille. Il finira par oublier et redeviendra le père aimant qu’on connaît ! La colère a eu raison de lui ! Coup après coup, il y a eu ces rumeurs, puis la mort de ton mari et de ta mère !
Ibtissem a bien du mal à se calmer. Elle a envie d’en découdre avec sa belle-mère qui est à l’origine de tous ces malheurs. Elle se rend chez elle et frappe longtemps. Les voisines qu’elle croise lui présentent leurs condoléances.
- Win kounti ? Mais où étais tu ? Ta place est ici, lui dit l’une d’elles.
- Je viens de rentrer. Vous ne savez pas où elle est ?
- Non… Mais peut-être qu’elle dort ? Je sais que ta belle-sœur a ramené un médecin. Peut-être qu’elle a pris un calmant ?
Ibtissem la remercie. Elle se remet à frapper jusqu’à ce que sa belle-mère lui ouvre. Elle est méconnaissable. Elle fronce les sourcils en la voyant.
- Tu n’as pas honte ! Djiti ! Wech hebiti ? Pourquoi es-tu venue ? Personne ne veut de toi !
Ibtissem la pousse pour entrer.
- Tu es venue pour me frapper ?
- Non, vieille peau !
- Tu as raison, je suis vieille et ce que tu as fait à mon fils, mon pauvre fils, est le pire coup qu’on m’ait donné ! Il était perdu bien avant qu’il ne se marie avec toi ! Tu l’as tué ! Il était comme un fou quand il a su !
- Il m’aimait ! Tu savais qu’il m’aurait pardonné s’il avait su que tu étais derrière ce coup monté ! Pauvre Fethi ! Je vais le pleurer toute ma vie ! Il m’aimait et tu as tout fait pour nous séparer, pour semer la zizanie entre nous ! Ne crois pas que tu vas te débarrasser de moi !
- Je suis chez moi ! Je ne veux plus de toi ici ! Sois maudite ! J’espère qu’il t’arrivera un accident pire que celui de mon fils qu’on m’a ramené dans un cercueil !
- Non, il ne m’arrivera rien ! Je ne suis pas seule ! Si tu nous avais laissé tranquilles, en cet instant, on serait ensemble et on ferait des projets pour notre enfant ! Tu nous prives d’un mari et d’un père !
- Bouh ! Il n’est pas le père du… Sors d’ici. Celui qui t’aimait comme un fou en est mort ! Ici, je suis chez moi et je ne veux pas de toi ! Laisse-moi pleurer mon fils !
Mais Ibtissem n’est pas près de partir. Elle va à sa chambre où règne encore le parfum de Fethi. Elle prend son portrait et le serre contre son cœur. Ses pleurs ne touchent pas sa belle-mère qui l’a suivie.
- C’est ça, pleure-le ! De son vivant, tu n’as pas hésité à le tromper !
- Vieille sorcière ! Tu voulais à tout prix nous séparer ! Bravo ! Tu y es parvenue ! Tu mourras toute seule, comme les rats ! Tu ne verras pas ton petit-fils ou ta petite-fille grandir avec l’affection de son père !
- Qui dit qu’il est des nôtres ? Tu sembles oublier pourquoi tu es partie ! Tu as fricoté avec la mauvaise graine ! Ton bâtard, tu peux le garder !
- Non, il a été conçu avant ! se défend la jeune femme. Dans mon cœur, je sais qu’il est de Fethi !
- La mort l’a soulagé ! Tu ne pourras pas le lui imposer ! Tu en as trop
fait !
- Tu espérais qu’on divorce, mais voilà, je suis devenue, par ta faute, veuve et je vais me consacrer à mon enfant !
Le portrait contre son cœur, elle prie pour qu’il lui pardonne un jour. Elle remarque qu’il n’y a plus aucun carton. Pourtant, ils en avaient préparé plusieurs. Elle ouvre la garde-robe et constate qu’elles ont remis les affaires de Fethi. Les siennes ne sont nulle part.
- Où sont mes affaires ? Celles que Fethi devait me ramener… Où sont elles ? Qu’en as-tu fait ?
Houria a un mauvais sourire.
- Regarde dehors si les éboueurs ne sont pas encore passés, tu pourrais récupérer quelques affaires ! Pars, tu n’es plus chez toi et ne reviens plus ! Personne ne veut et ne voudra de toi et de ton môme ! Je le plains déjà… Tu devrais penser à te faire avorter, lui conseille-t-elle en ouvrant la porte d’entrée. Pars et reste loin de nous !
- Oui, tu es chez toi ! Mais Alger n’est pas à toi ! On sera amenées à se revoir !


(À suivre)
A. K.


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