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Autres / Récit de Adila Katia

Denia

37e partie

Résumé : En attendant de mettre sur pied ses projets, Selma reste à la maison et s’occupe de son fils qui est heureux de la retrouver.

Lyès a pris un congé, le temps que son père se remette. Une infirmière a été engagée. La présence de sa famille, autour de lui, lui fait beaucoup de bien, même s’ils continuent à pleurer leur mère. Ils ont beaucoup de visiteurs, des proches et des lointains. Selma et Samir se joignent rarement à eux. Elle s’efforce de ne rien laisser paraître de son indifférence. Ces instants lui sont pénibles, d’autant plus que sa belle-famille ne fait rien pour se rapprocher d’eux.
Selma ne supporte pas de les voir discuter à voix basse puis se détourner quand ils croisent son regard. Son beau-frère a toujours le regard haineux. Elle sent qu’il se contient difficilement. Heureusement qu’elle ne s’est jamais retrouvée seule en sa compagnie.
Comme son regard l’indispose, elle trouve un prétexte pour se rendre à la cuisine. Ses belles-sœurs Kheira et Souad préparent le déjeuner. Elle propose son aide mais elles refusent. Selma n’a aucune envie de retourner au salon et sort dans le jardin. Samir y joue avec ses cousins et cousines. Elle s’assoie sur une chaise et les regarde jouer. La fenêtre de la cuisine est ouverte et elle a beau ne pas vouloir les écouter, certains propos lui tombent dans l’oreille.
- Là, elle se pavane comme si elle est une grande dame mais va savoir pourquoi elle est partie ! Je mettrais ma main à couper qu’elle avait un amant qui l’attendait !
- C’est sûr ! réplique Souad. Comment aurait-elle pu partir sans aide ? Sans argent ? Elle nous a bien eus !
- Oui, elle nous a humiliés plus d’une fois ! C’est une mauvaise graine et notre frère s’est fait piéger par deux fois ! Il a repris avec elle alors qu’on ignore ce qu’elle a fait pendant toutes ces années !
- Pas besoin de se poser la question ! C’est évident ! Elle devait faire le trottoir !
Selma sent ses cheveux se dresser sur la tête. Elle ne sent plus son cœur battre. Ses belles-sœurs poursuivaient.
- Elle n’aurait jamais dû revenir ! Elle nous fait honte !
- Pauvre Samir, le pauvre enfant est trop petit pour comprendre ces choses-là, dit Souad. Mais quand il deviendra grand, y aura toujours quelqu’un pour lui dire la vérité sur sa mère !
- Je les plains ! Lyès ne sort pas de la maison ! Il n’ose pas rencontrer ses amis d’enfance ! C’est à peine s’il échange deux phrases avec son frère aîné et nos maris ! Comme si nous étions responsables des agissements de sa chère ! Si mère était encore en vie, elle en aurait fait une crise !
- La mort l’a épargnée de l’humiliation ! Tbehdila !
Selma est devenue blanche, la colère gronde en elle, et elle s’est levée pour rentrer leur toucher deux mots mais Samir est venu à elle.
- Maman, ça va ? Ton visage est blanc ! remarque-t-il en prenant ses mains glacées. Tu te sens mal ? Tu es malade ?
- Non !
- Tu veux que j’aille le dire à papa ?
- Non, je t’ai dit que non !
Selma tente de respirer pour retrouver un peu de calme. Elle en tremble, et lorsqu’elle voit Samir si inquiet, accroché à ses mains, elle pleure.
- J’ai peur de te perdre ! Maman ! Pourquoi ? Qu’est-ce qui t’arrive ?
- Je suis fatiguée ! C’est tout… Retourne jouer avec tes cousins !
Mais il refuse.
- Je pars avec toi ! On rentre à la maison ! Je ne veux plus te quitter !
Elle le prend dans ses bras et le serre fort. Elle voudrait qu’il aille jouer et qu’elle puisse dire deux mots à ses belles-sœurs sans qu’il ait à l’entendre. Mais Lyès arrive et propose de rentrer sur-le-champ. Il remarque sa pâleur et ses larmes contenues. Il s’abstient de l’interroger. Il a remarqué le manège de sa famille, et quoi qu’il puisse dire, rien n’excuse leur comportement. Il est partagé entre eux et sa famille. Même si son choix est définitif, sa famille ne semble pas l’avoir compris…


(À suivre)
A. K.


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