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Autres / Récit de Adila Katia

Les regrets ne changent rien

38e partie

Résumé : Ibtissem demande à Madjid de se préparer à quitter définitivement sa famille pour se consacrer à elle et à leur bébé à venir. Il devra trouver rapidement un appartement où l’emmener. Ibtissem part et il souhaite qu’elle n’arrive jamais à destination. Si un bus ne l’écrase pas, il devra trouver une solution radicale.

Ibtissem arrive en fin de journée chez son oncle. Ce dernier ne l’attendait plus. Il est devant les fourneaux à préparer son dîner.
- C’est quoi ces manières de rentrer à une heure aussi tardive ? Il n’y a que les voyous à traîner en ce moment !
- Je devais attendre que le patron rentre, répond-elle. Si tout se passe comme je le souhaite, je pourrai reprendre mon travail ici !
- C’est bien ! Mais pourquoi avoir accepté de partir à Oran ? C’était si loin de la capitale et de vos familles !
- Une erreur, reconnaît-elle. Mais là, je vais me reprendre en main, promet-elle. Si tout se passe comme je veux, je ne devrais plus t’ennuyer ! Je partirai prochainement !
- Ne prends pas mal mon accueil ! Je suis un vieux qui n’aime pas qu’on parle en mal de notre famille ! Soit tu acceptes de bien te tenir ! Tu n’es plus une enfant qu’on peut réprimander ! Je ne peux pas t’interdire de sortir ! Tu es une femme, et bientôt tu seras maman ! Tu dois te préserver et penser au bébé !
- Oui, c’est ce que je fais, l’assure-t-elle. Je pense qu’on ne se séparera pas fâchés. Je ne fais rien de mal ! Je m’excuse pour le retard même si je n’ai rien fait de mal ! Comme je te l’ai dit, je devrais reprendre mon travail tout prochainement incha Allah ! Je suis épuisée. Je vais me rafraîchir et me mettre au lit ! Cette journée a été éprouvante ! Bonne nuit khali.
- Tu ne peux pas te coucher le ventre vide !
Ibtissem regarde vers la marmite et a une grimace.
- Awah, l’odeur du chou m’indispose. L’oncle ne trouve rien à redire. Il la laisse aller à la chambre. Ibtissem n’en ressort pas. L’odeur l’a indisposée. Au petit matin, elle vomit. Durant toute la journée, elle a des nausées. Elle se sent mal. Son oncle, qui était sorti pour donner des cours, est surpris de la trouver encore au lit lorsqu’il rentre.
- Tu veux que j’appelle un médecin ?
- Non, ça passera.
Mais Ibtissem se rendra compte que ses nausées sont quotidiennes et qu’elles la laissent vide et hargneuse. Elle appelle Madjid. Il sent à sa voix qu’elle n’est pas bien.
- J’ai des nausées tout le temps, lui dit-elle. Je ne supporte pas l’odeur du café et de certains aliments crus, même certains cuits !
- Tu sais qu’il existe des médicaments pour que tu n’en souffres pas ? Essaie de te rendre chez un médecin ou à une pharmacie ! Les médicaments peuvent être délivrés sans ordonnance !
- Je vais attendre demain, je ne me sens pas la force de sortir !
- Tu pourrais le demander à ton oncle, dit-il. Comme ça, tu te sentiras mieux ! Sauf si tu veux venir à Alger, on louera une chambre d’hôtel et je prendrais soin de toi ! Qu’est-ce que tu en dis ?
- Et l’appartement ? Je t’avais parlé de vivre ensemble dans un appartement ! Pas dans un hôtel !, lui rappelle-t-elle, refrénant son envie de crier, de crainte de réveiller ses nausées. Je ne peux pas passer mon temps à aller et venir ! Je ne veux pas me fâcher avec mon oncle !
- Va à l’hôpital ! Le médecin urgentiste te donnera une ordonnance !
- Non, je ne peux pas bouger et je ne veux pas déranger mon oncle ! Il supporte ma présence, c’est déjà ça ! Je ne vais pas en rajouter, dit-elle.
- Si tu veux, je t’envoie les médicaments, propose-t-il. Je peux passer à la gare et remettre le paquet au receveur du bus qui va dans votre village ! Ce ne devrait pas être compliqué de trouver ton oncle !
- Si tu trouves quelqu’un pour les ramener à mon oncle, oui, c’est une bonne idée ! Si ça continue ainsi, je ne pourrais pas me lever avant longtemps ! Tu sais, je crois que... Si elle avait aussi mal qu’elle le prétend, Madjid comprend qu’elle veuille des médicaments pour tout de suite. L’occasion se présente pour se débarrasser de ce bébé qui allait lui compliquer la vie. Il cherche dans la pharmacie les médicaments qui peuvent la soulager et celui qui est contre-indiqué pour les femmes enceintes, il en dilue plusieurs dans des jus exotiques. Il joint un petit panier empli de fruits et d’une belle boîte de chocolat. Incha Allah elle ne les jettera pas, souhaite-t-il de tout cœur.


(À suivre)
A. K.


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