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Autres / Récit de Adila Katia

Les regrets ne changent rien

41e partie

Résumé : Makhlouf a du mal à contenir son impatience. Les infirmières ne répondent à aucune de ses questions. Il se retient d’aller voir ce qui se passe derrière les portes. Enfin, un infirmier lui apprend qu’elle a perdu son bébé et qu’elle aura besoin d’affaires de toilette. Il va acheter le nécessaire puis appelle son beau-frère. Ce dernier ne semble pas près de lui pardonner. Cela le désole…

 Ibtissem ouvre lentement les yeux. Tout avançait et reculait dans son champ de vision au point de se sentir plus mal qu’elle ne l’était. Elle tente de bouger les bras mais sa main droite était attachée.
-Du calme ma fille… Tu es sous perfusion. Comme tu étais agitée, je leur ai demandé de faire quelque chose ! Attends, je vais retirer l’attache si tu arrêtes de gigoter !
Ibtissem laisse faire son oncle. Elle tente de se rappeler ce qui était arrivé.
-J’ai mal, j’avais froid… c’est toi qui m’as amenée ici ? Je ne m’en souviens pas… J’ai perdu connaissance, n’est-ce pas ? demande-t-elle à son oncle.
-Oui, je regrettais de ne pas l’avoir fait hier soir ! Tu n’aurais pas perdu ton bébé ! Je le regrette sincèrement ! Ibtissem prend quelques secondes pour comprendre ce qu’il a dit. Elle secoue la tête, espérant se tromper. Il ne lui a pas dit qu’elle l’avait perdu…
-Tu es encore jeune, tu referas ta vie. Tu pourras en avoir d’autres, poursuit-il. Ça arrive dans la vie. Il vaut mieux que ce soit une fausse-couche qu’après la naissance ! Imagine que tu aiEs eu ton bébé, qu’il allait bien et que tu le perdes brusquement ? Tu n’as pas eu le temps de le voir grandir, de t’attacher à lui, hamdoullah, ce n’est pas arrivé après sa naissance !
-Pour toi, c’est simple !
-Dans le fond, c’était à prévoir ! Tu étais sous traitement car tu avais failli le perdre, lui rappelle-t-il. C’était à prévoir ! Alors qu’on t’avait dit de garder le lit, tu t’étais mise à sortir !
La jeune femme secoue la tête.
-Je devais me rendre au boulot ! Je devais régler mes problèmes...
Ibtissem ne pleure pas. Elle est sous le choc mais elle ne comprend pas pourquoi son état s’est aggravé si rapidement. Elle se rappelle qu’elle n’était pas bien mais elle supportait. Il a fallu qu’elle demande de l’aide à Madjid pour que son état devienne critique.
-Écoute, tout ce que je te demande, c’est de te reposer ! Les problèmes se résoudront d’eux-mêmes, poursuit l’oncle en se levant. On m’a demandé de ne pas tarder ! Je te laisse récupérer.
Je rentre à la maison te préparer un bouillon de légumes. Tu veux aussi de la tisane ?
-Non, ne te casse pas la tête ! Je veux seulement dormir, répond-elle. Merci pour tout, khali !
-Ne me remercie pas ! Je ne fais que mon devoir ! On se voit tout à l’heure, je reviendrais vers dix-huit heures, promet-il. Comme ça, tu auras le temps de te reposer !
Il l’embrasse sur le front puis part. Une fois seule, elle repense à ses trois derniers jours mais ne trouve pas d’explications. Elle finit par s’endormir. Elle est moins fiévreuse que la veille. Elle se réveille quand elle entend des bruits de pas s’approcher du lit. Une infirmière se tient devant elle.
-Je suis venue prendre votre tension. Comment vous sentez vous maintenant ?
-Mieux mais… je voudrais parler à la gynécologue. Pourquoi ai-je perdu mon bébé ?
-C’était déjà trop tard. On vous avait fait une échographie. Vous aviez une hémorragie. On n’a fait que la stopper. Vous aviez perdu beaucoup de sang ! Le fœtus n’avait que quelques semaines…
-Oui, je sais tout ça, soupire Ibtissem. Seulement  je n’arrive pas à accepter !
-Hélas, vous n’avez pas le choix.
Elle lui prend sa tension, lui donne un médicament puis va voir d’autres malades. Ibtissem passe la nuit à l’hôpital. Le lendemain, elle rentre chez son oncle et s’enferme dans sa chambre. Quand elle appelle Fella pour l’informer de sa fausse-couche, celle-ci ne cache pas son soulagement, l’irritant au plus haut point…


(À suivre)
A. K.


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