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Autres / Récit de Adila Katia

Les regrets ne changent rien

44e partie

Résumé : Madjid et Ibtissem se voient dans un salon familial. Ibtissem ne lui raconte rien de ce qui lui est arrivé. Elle le presse de trouver où habiter. Madjid a des regrets et il ne le cache pas. Il ignorait qu’il détruirait sa vie. Cependant, il réalise qu’il ne peut pas vivre avec elle. Il devra vivre sur ses gardes…

Ce soir-là, Madjid rentre chez lui, avec l’intention de tout dire à sa famille. Il ne peut pas rompre avec Ibtissem et garder secrète sa courte aventure car elle avait menacé de tout raconter à son entourage.
Il devait prendre les devants. Sa femme Nadia  remarque son front plissé. Même les enfants. À peine lui ont-ils dit “Bonsoir pa” qu’ils se retirent dans leur chambre. Nadia les y rejoint et demande, chuchotant presque :
- Dites-moi, vous n’avez fait aucune bêtise ? Est-ce que quelqu’un a menacé de parler à votre père ? Si vous avez fait quelque chose, dites-le moi !
- Non, non…
- C’est sûr ?
- Je te jure qu’on s’est juste contenté de jouer au ballon. À l’école, on n’a aucun problème, dit l’aîné. Vraiment aucun !
Nadia soupire de soulagement. Elle s’est attachée à eux, et même si certaines périodes ont été difficiles à vivre, elle ne voudrait pas qu’il y ait des tensions à la maison. Elle retourne à la cuisine où elle avait commencé à préparer le dîner. Elle se risque à regarder dans le salon où Madjid avait pris place en face de la télévision. Elle n’est pas allumée mais il fixe l’écran noir.
- Voudrais-tu que je t’apporte un jus ?
- Non.
- J’ai mis le dîner en route mais peut-être as-tu une envie ?
- Non. Je mangerai ce qu’il y a !
Il a baissé les yeux sur ses mains. Il ne l’a pas regardée une seule fois quand il lui a parlé. Pourquoi évitait-il son regard ? Elle porte la main à son cœur et se demande s’il n’est pas remonté contre elle ?
Elle se rappelle qu’il est soucieux depuis quelques jours. Depuis qu’il avait été agressé par un jeune en manque de drogue. Il n’avait pas porté plainte, ne voulant pas enfoncer davantage le jeune en question. Il avait demandé à sa famille de le prendre en charge.
- Est-ce qu’il est revenu à la pharmacie ? demande-t-elle. J’espère qu’il n’a pas tenté de te voler ? Est-ce qu’il te menace ? Est-ce qu’il t’a envoyé ses amis ? Est-ce que tu as peur… pour nous ?
Madjid secoue la tête. Il voudrait avouer ses méfaits mais les mots lui manquent tout autant que le courage. Il a honte. Il s’en veut d’avoir cédé à la passion qu’elle avait déchaînée en lui. Il a l’impression de se revoir. De voir un étranger avec Ibtissem. Que lui était-il arrivé ? se demande-t-il sérieusement. Pendant plusieurs semaines, il croyait pouvoir vivre heureux avec elle. Il aurait tout fait pour elle. Si elle avait accepté de renoncer à son mariage, jusqu’où aurait-il été ?
Là, en regardant sa femme, toujours aussi inquiète, et ses enfants qui l’aiment, il regrette d’avoir pris les mauvaises décisions. Il ne peut pas renoncer à sa famille parce qu’elle se disait enceinte de lui. Il est étonné qu’elle n’ait pas eu une fausse couche. Il est devenu mauvais. Elle aurait pu avoir des complications. Il aurait eu deux morts sur la conscience.
- Tu sais que tu peux te confier ? dit-elle en espérant des réponses à ses questions. On sera toujours là pour toi. Tu le sais ?
Madjid n’a pas la force de répondre. Il quitte son fauteuil et prend ses clefs avant de sortir sans même dire où il allait. Il marche dans la nuit puis entre dans un bar où il s’enivrera jusqu’à oublier son nom et ses soucis.
Oubliant même de rentrer chez lui, laissant sa famille angoissée. Personne ne s’est couché. Au petit matin, ce sont des policiers en patrouille qui le ramènent chez lui. Nadia est choquée de le voir dans cet état.
- On l’a trouvé sur un vieux banc ! Au début, on a cru à un SDF mais on l’a reconnu quand on s’est approchés. Est-ce que vous vous êtes querellés ?
- Non…
- Prenez soin de lui !
- Oui, merci, leur dit-elle quand ils le traînent presque jusqu’au lit où il s’affale d’un coup. C’est triste ce qui nous arrive ! Quelle honte !
Elle les raccompagne jusqu’à l’entrée, les remercie de leur aide et ferme. Elle va s’asseoir, près du lit et le voit comme un étranger. Le matin, elle réveille les enfants et les envoie à l’école après un copieux déjeuner. La veille, c’est à peine s’ils avaient diné.
Elle ne réveille pas Madjid. Elle ne veut pas qu’il aille à la pharmacie. En fait, quand elle appelle pour les prévenir de son absence, l’un des employés à la pharmacie lui apprend qu’une femme est passée et a demandé après Madjid. Il lui confie que ce n’est pas sa première visite…


(À suivre)
A. K.


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