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Autres / Récit de Adila Katia

Les regrets ne changent rien

48e partie

Résumé : Ibtissem ne s’est pas contentée de venir. Une fois Nadia partie, elle s’introduit chez lui. Ce qui évite à Madjid d’être exposé aux regards indiscrets. Quand il apprend qu’elle n’est plus enceinte, il ne cache pas son soulagement. Il n’est plus obligé de la soutenir. Il espère qu’elle entendra raison mais Ibtissem ne semble rien entendre de ce qu’il dit. Elle dit  pouvoir faire leur bonheur…

-Nadia ? reprend Madjid. Son frère est passé la prendre pour la journée. Elle reviendra plus tard…
-Bonjour, dit Ibtissem, tout sourire. Je suis une amie à ton père…
Madjid l’interrompt.                             
-Lyès, va dans ta chambre ! Mais… pourquoi rentres-tu maintenant ?
-Ma maîtresse est absente. Je suis passé retirer certaines affaires. Je repars à l’école…
-Bien, ne traîne pas ! L’enfant acquiesce. Ibtissem le suit des yeux, continuant à sourire. Madjid est dépassé par la situation. Chaque fois qu’il se dit que ses problèmes se résoudront, il réalise que ce n’est pas le cas. Ibtissem veut s’accrocher à lui malgré tout.
-Ibtissem, il est temps que tu retournes chez toi, dit-il. Et ton travail ? Tu viens d’avoir ce poste et déjà tu t’absentes, lui fait-il remarquer. Ce n’est pas bien !
-À t’entendre parler, tu me prends pour une attardée, réplique-t-elle. Je sais que je suis nouvelle à ce poste ! J’ai profité d’un rendez-vous à l’extérieur pour venir voir où tu habitais !
-Maintenant que tu as vu, pars ! Ne complique pas les choses ! La vie sera plus simple pour nous deux si nos chemins ne se croisent plus. Ibtissem…
-Ta femme est partie. Tu te retrouves aussi seul que moi ! Tes enfants ont besoin d’une mère ! Je pense et je crois que je pourrais jouer ce rôle à la perfection !
-Il ne s’agit pas d’y penser et d’y croire ! Il est hors de question que tu fasses partie de… de nos vies ! Ne t’accroche pas à moi ! Je ne suis pas à toi et mes enfants ont Nadia ! Ils n’auront pas de troisième mère ! Cela les perturberait…T’es une adulte, tu peux comprendre ces choses !
-À force d’amour et de patience, ils finiront par m’accepter ! Tu m’aimeras plus qu’avant… Ibtissem se lève, prenant son sac.
-Je pars mais je reviendrai avec mes affaires !
-Écoute, ne reviens pas ! Ne te dérange pas ! Demain, on se voit à midi ! D’accord ?
-Oui, j’appellerai à la pharmacie ! J’ai de la peine à te laisser seul, dit-elle en se tournant vers lui. Tu veux vraiment que je parte ? Tu sais, ajoute-t-elle, je pourrais abandonner le travail ! Je m’occuperais des enfants, de la maison quand tu sera à la pharmacie !
-Non, non. Rentre ! Demain, on reparle de tout ça, propose Madjid qui a des sueurs glacées face à son obsession. Mais profites-en pour penser à ce qu’il y a de mieux pour toi ! Ne pense pas aux autres !
-Je ne veux plus être égoïste ! Je l’ai été toute ma vie ! Je veux changer… Je veux être une autre femme, pour toi et ta famille !
Elle lui envoie un petit baiser discret et sort de chez lui. Madjid s’affale dans le fauteuil et se prend la tête entre les mains. Lyès sort de sa chambre, prêt à repartir. Il est étonné de ne pas la trouver.
-Elle est partie… papa, qu’est-ce qu’elle faisait ici ? Pourquoi Nadia est partie ? Elle n’a pas l’habitude de partir les jours d’école, remarque l’enfant.
-Je vois que tu t’inquiètes pour elle.
-Elle nous aime bien… Papa, la dame de tout à l’heure, dit Lyès, elle me fait peur. Est-ce qu’elle est folle ?
-Comment peux-tu dire ça ? Elle n’est pas folle. Tu n’as pas à avoir peur, dit Madjid. Elle ne te fera jamais de mal !
Mais au fond de lui, il n’en est pas aussi sûr. Quand il se rappelle le regard d’Ibtissem, il se demande si elle ne l’est pas. Ces coups durs de la vie l’ont peut-être ébranlée. Mais comment savoir ?
-Pourquoi t’es pas rentré hier soir ?, demande l’enfant. On t’avait attendu jusqu’au milieu de la nuit ! On avait peur pour toi ! Madjid prend Lyès dans ses bras et le serre contre son cœur : “Dire qu’il fut un temps où je n’aurais pas hésité à vous abandonner pour elle ! Louanges à Dieu, je n’ai pas fait cette erreur !”
-Papa, je dois retourner à l’école. Tu viens avec moi ?
-Oui… Madjid réalise que son fils a vraiment peur d’Ibtissem. Il lui prend la main et ils se rendent à l’école. Il scrute les alentours pour s’assurer qu’elle n’est pas dans les parages. Ils avancent dans la rue. Le sentiment qu’on le suit ne le quitte pas…                      

(À suivre)
A. K.


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