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Autres / Récit de Adila Katia

Les regrets ne changent rien

49e partie

Résumé : Ibtissem se présente comme une amie à son père. Elle pense pouvoir prendre soin d’eux. Madjid lui propose de se voir le lendemain, à midi. Ibtissem part, mais laisse l’enfant inquiet. Il demande à son père si elle ne serait pas folle. Madjid le rassure, mais il se pose aussi la question. Sur le chemin de l’école, il sent qu’on les épie…

En quittant l’école, Madjid marche lentement. Sans en avoir l’air, il scrute les alentours, pour s’assurer qu’Ibtissem n’est pas là. Il respire mieux en constatant qu’il se fait peut-être des idées. Il rentre chez lui et, dissimulé derrière un rideau, il surveille longtemps la rue. Ibtissem est bien partie. Il est soulagé. Il ferme derrière lui et se rend chez ses beaux-parents. Il sait que si ces derniers ont appris la nouvelle, sa visite n’allait pas les enchanter. Mais il doit à tout prix parler à Nadia et lui expliquer qu’il n’attendait pas Ibtissem.
Il ne cesse de prier en route. S’il y a une tierce personne, il ne sera pas à l’aise pour la convaincre.
Quand il frappe à la porte d’entrée de la villa de ses beaux-parents, il s’attend à ce que l’un d’eux lui ouvre, mais c’est Nadia.
- Ah non ! s’écrie-t-elle en voulant refermer, mais il sentait venir le geste, il a bloqué la porte avec son pied.
- Pars !
- Pas avant de te parler !
Madjid pousse la porte et entre alors qu’elle recule. Comme elle ne regarde pas en arrière, il en conclut qu’elle est seule. Une chance ! Il est soulagé de ne pas se donner en spectacle devant sa belle-famille.
- Nadia, il faut que tu m’écoutes ! C’est elle qui s’accroche à tout prix à moi ! Elle veut devenir ma femme, la mère de mes enfants !
- Mais allez-y !
- Arrête de dire n’importe quoi ! Je ne veux pas d’elle ! rétorque-t-il. Je regrette même de l’avoir connue ! Où sont tes parents, ton frère ?
- Un cousin est hospitalisé. Il les a emmenés en visite, répond-elle. Mais ils ne tarderont pas…
- Moi aussi, je ne tarderais pas ! Je ne veux pas que nos problèmes s’ébruitent ! dit Madjid. Je ne veux pas que ta famille pense du mal de moi ! C’est vrai, j’ai fait l’erreur d’être avec elle quelques jours, mais c’est fini ! Elle n’écoute que ce que son cœur ou sa tête lui dit ! Si elle m’écoutait, elle arrêterait de me poursuivre ! Lyes demandait tout à l’heure si elle était folle et j’en suis à me poser la question ! Car rien ne nous lie et ne peut nous unir !
- Tu dis ça maintenant mais avant, vous étiez ensemble ! Quelques jours, quelques semaines, quelle différence ? Elle a cru en toi et si elle s’accroche comme ça, c’est que tu lui avais fait des promesses !
- C’était avant que tous ces malheurs ne tombent dans sa vie ! Je sais que je suis en partie responsable. Mais je ne pouvais pas savoir, se défend-il. Je regrette Nadia ! J’ai réalisé à quel point je tenais à vous ! Quoi qu’il advienne, je reste avec vous ! Tu ne peux pas me demander de partir ! Ne lui fais pas ce cadeau !
- Si tu as été avec elle, c’est parce que tu ne m’aimes pas ! Parce que tu ne me respectes pas ! Je ne comptais pas pour toi ! Et là, tu me demandes de revenir ! Madjid, je ne crois pas que j’arriverais à te pardonner ! En me mariant avec toi, j’ai accepté ton veuvage, le fait que tu aies des enfants… J’espérais qu’avec le temps, ils m’aimeraient !
- Tu as gagné leurs cœurs, la rassure Madjid. Lyes était inquiet de te savoir partie ! Nadia, je ne te demande pas de me pardonner, car seul le temps parviendra à te faire oublier mes erreurs ! Reviens pour les enfants ! Je les sais en sécurité avec toi ! Et même eux… Je t’en prie Nadia, reviens avec moi ! Laisse ta famille ignorer mon incartade ! Je ne voudrais pas que les choses se compliquent pour nous ! Si notre mariage représentait quelque chose pour toi, reviens à la raison ! Je t’en prie ! Pour les enfants…
- Ce soir, je reste ici ! dit-elle. Je rentrerai demain. Tu peux dire aux enfants de venir ici ! Mes parents les aiment beaucoup. Ils seront heureux de les voir !
Madjid ne cache pas son soulagement. Il se jure de ne plus s’écarter du droit chemin. Il jure de devenir le meilleur mari qui soit. Si Nadia lui pardonnait, elle méritait un traitement de reine. Il la quitte en pensant à leur programmer une sortie en famille, loin d’ici. Il ne rentre pas chez lui. Il va à la pharmacie et tente de travailler un peu. Mais il ne parvient pas à se concentrer. Il ne cesse de penser à Ibtissem, à la peur qu’elle a inspirée à son fils.
Il l’ignore, mais quelques kilomètres plus loin, dans un salon, elle parle d’eux à Fella. Celle-ci l’écoute avec des yeux ronds…


                      (À suivre)
A. K.


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