Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de midi (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version digitale de "Liberté" écrire à: redactiondigitale@liberte-algerie.com

Autres / Récit de Adila Katia

Comme un grain de sable

53 e partie

Résumé : Au poste de police, Nabil dû subir un long interrogatoire. Il sera relâché, mais l’affaire n’était pas close pour autant. Une fois remise, Wafa ne voulu pas déposer une plainte et déclare qu’elle était la seule fautive dans ce qui arrivait. D’ailleurs, elle accepte de divorcer et ne revint plus jamais à la maison… Nabil se pose encore des questions sur les raisons de sa trahison.


Nawel secoue la tête :
-C’est compréhensible… Tu travaillais pour gagner de l’argent et la faire vivre dans le confort.
-Oui… C’était bien ça… Peut-être que j’étais à côté de la plaque.
Nawel allait riposter, lorsque son téléphone se met à vibrer.
C’était Salima…
Elle se dépêche de répondre à sa sœur, qui s’inquiétait de son retard, et la rassure en lui disant qu’elle n’allait pas tarder à rentrer à la maison.
-Pourquoi ne lui dis-tu pas que tu es en train de dîner avec un ami ? demande Nabil.
-Tout simplement parce qu’elle sera très surprise.
-Pourquoi ? N’as-tu pas le droit de prendre de temps à autre une petite liberté pour te détendre et te distraire un peu ?
-Ce n’est pas ça… Je… je n’aimerais pas qu’elle sache justement que j’ai un ami… Je… je ne sais pas comment t’expliquer… Cela fait plusieurs années que je vis en ermite.
-Tout le monde se permet de nos jours une petite escapade nocturne pour se changer les idées… Il n’y a vraiment aucun mal à ça… Et puis, n’as-tu pas décidé de reprendre ta vie en main, et d’oublier ton passé ? Il est grand temps d’ailleurs…
Nawel entortille sa serviette. Elle ne pouvait pas encore tout dévoiler à Nabil…
Il venait de lui raconter un pan de sa vie et les raisons de son divorce…
Il avait souffert, et souffrait encore.
Elle hésite quelques secondes avant de répondre :
-Je vais faire encore un petit effort pour reprendre le dessus sur mes angoisses… J’ai déjà fait un grand pas en reprenant mon travail à la rédaction… Le reste… eh bien, tu vois bien, que je ne refuse pas de sortir avec toi…
Il garde le silence un moment puis demande :
-Pourquoi ne mets-tu pas ta sœur au courant de notre relation…
-Je ne sais pas… J’ai l’impression de brûler les étapes, et je n’ai pas envie d’entendre des conseils de sa part ou des mises en garde.
-Tu penses encore au passé… N’est-ce pas ?
Elle hoche la tête :
-Nous vivons tous sur les ruines du passé. Même si nous essayons de nous accommoder en faisant semblant d’oublier, nous sommes forcés de reconnaître que le passé fait toujours partie du présent.
- Peut-être que Salima serait plutôt contente de savoir que tu as quelqu’un sur qui compter lorsqu’elle se mariera.
Nawel hésite avant de répondre :
-Peut-être qu’aussi elle aura des appréhensions, car elle connaît ma fragilité.
Nabil lui prend la main :
-Je ne te vois pas du tout fragile… Tu es bien plus forte que je ne le pensais. Même tes crises d’angoisse n’arrivent pas à te diminuer.
Elle sursaute :
-Tu ne sais pas ce que c’est que d’être la cible d’une crise d’angoisse. L’enfer serait moins terrible.
Il secoue la tête :
-J’en connais un bout ne t’en fais pas. Moi aussi j’ai vécu l’instabilité, la déception et la trahison.
-Mais tu n’es pas arrivé chez le psy…
-Tout simplement parce que je n’aime pas les psy… Une mauvaise appréciation de ma part peut-être… Mais c’est ainsi… Je ne vois pas pourquoi un psychiatre pourrait être utile à un être normal qui devrait plutôt voir la réalité en face et dominer ses émotions. Je sais ce que tu vas me répondre… C’est terrible de vivre des crises de phobie qui mènent à la réclusion et qui laissent des séquelles d’angoisse. Mais je sais aussi que les plus forts s’en sortent sans l’aide d’un psy… D’ailleurs ces médecins bourrent leurs malades de psychotropes, ce qui provoque un tas d’effets secondaires, tant sur le moral que sur le physique, et encore si la dépendance ne prend pas le relais.
Nawel entortille encore sa serviette avant de murmurer :
-Lorsqu’on passe par une crise telle que la mienne, crois-moi, on n’a pas envie de parler de la sorte…
 Je… je suis devenue l’ombre de moi-même, et je craignais même de me lever la nuit pour me rendre aux toilettes…


(À suivre)
Y. H.

 


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER