Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de midi (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version digitale de "Liberté" écrire à: redactiondigitale@liberte-algerie.com

Autres / Récit de Adila Katia

Les regrets ne changent rien

55e partie

Résumé : Ibtissem ne veut pas écouter son amie. Fella ne cache pas qu’elle s’inquiétait pour elle, mais Ibtissem ne veut plus d’elle dans sa vie. Elle la chasse presque de la pharmacie. Ouahab l’aurait frappée si Fella ne s’était pas mise entre eux. Malgré tout, elle a de la peine pour elle. Ibtissem se raccroche à des chimères. Son réveil sera brutal…

Ibtissem regarde le couple s’éloigner. Elle ne les voit plus comme ses amis. La façon dont lui a parlé Fella l’a mise hors d’elle.
-Qu’est-ce qu’il lui pris d’aller voir mon père ? Comment a-t-elle fait pour parvenir jusqu’ici ? Elle ne te connaissait pas. Jamais je ne lui ai dit où tu travaillais !
Madjid soupire.
-Tu ne te rends pas compte de la chance que tu as ! Elle te voit comme une sœur ! Elle veut te protéger, te ramener à la raison ! Elle était là pour toi ! Et toi, tu l’as traitée comme si elle était une mauvaise
personne !
-Elle l’était avant… Avant qu’elle ne se mette à me juger ! Allez, crie-t-elle. Je suis crevée. J’ai besoin de m’allonger ! Trouve-nous un hôtel tranquille si on ne peut pas rentrer chez toi ce soir !
Pour venir jusqu’ici, à la pharmacie, il avait prétexté une urgence relative à l’approvisionnement de médicaments. Le fait qu’elle parle d’hôtel l’arrange.
Il préfère l’y emmener. Sa femme et ses enfants doivent être rentrés et si Ibtissem s’en doute, il connaît d’avance sa réaction. Là, elle croit encore sa femme fâchée. Elle s’imagine qu’elle ne reviendra plus et qu’elle demandera le divorce.
Elle doit s’imaginer devenir vite l’épouse de Madjid. Quand il y pense, il se demande quoi faire. Il voit bien qu’elle n’est pas stable et parfois, quand il voit sa colère éclater, il constate qu’elle est devenue violente. La femme séduisante pleine de ressources avait laissé la place à une autre qui lui déplaît au plus haut point. Il la craint. En fait, il n’ose pas l’avouer mais elle lui fait peur.
Il ignore jusqu’où elle irait si elle se laissait porter par ses sentiments.
Quand il la regarde, il a la certitude qu’elle en était capable et qu’il devait éviter de la contrarier jusqu’à ce qu’il trouve une solution.
-À quoi penses-tu ?, l’interroge-t-elle. Tu n’as pas pu régler ton problème ?
-Si… Si…
Il range les papiers, puis précède Ibtissem dehors. Il ferme à clef, puis tire le rideau de fer avant d’ajouter de gros cadenas pour dissuader les drogués.
-Il y a un hôtel un peu plus loin, dit-il. Normalement, ils ont toujours des chambres libres…
-On n’a pas besoin de deux chambres !, lui dit-elle. Une nous suffira !
-Tu as besoin de te reposer autant que moi ! Le mieux est qu’on ait chacun sa chambre !, insiste-t-il. On se verra le matin, au petit-déjeuner !
-Tu parles de déjeuner alors qu’on n’a pas dîné !, rétorque-t-elle. Je meurs de faim !
-On prend de quoi dîner dans nos chambres, propose Madjid, mais elle refuse.
-Non, on va au restaurant !, décide-t-elle. On y allait bien avant ! Tu te rappelles ?
-Allons-y !, dit-il, ne voulant pas passer une mauvaise nuit.
Ils vont au restaurant. Si Ibtissem mange tout ce qu’elle commande – une salade, des lasagnes et une tarte aux fruits –, Madjid, lui, n’arrive pas à finir sa salade. Alors qu’elle est en train de finir son dessert, il va aux toilettes puis en profite pour appeler chez lui depuis la réception.
Nadia décroche. Sa voix inquiète le rend presque malade.
-Mais où es-tu ?
-Je suis coincé à la pharmacie. J’avais oublié que c’était notre tour de garde, ment-il en se tournant vers la salle, pour voir si Ibtissem était toujours à table. Ferme bien et dors !, lui recommande-t-il. Demain, je rentrerai !, promet-il. Je vous aime…
Il raccroche, puis va régler leur note. Un quart d’heure après, ils se rendaient à l’hôtel. Il y a des chambres de libre, mais Ibtissem tient à ce qu’ils passent la nuit ensemble.
-N’aie pas peur, lui dit-elle. Tant que tu es avec moi, tu n’as rien à craindre !


 (À suivre)
A. K.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER