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Autres / Récit de Adila Katia

Les regrets ne changent rien

58e partie

Résumé : Ibtissem a feint de souffrir. Madjid propose de l’emmener aux urgences, mais elle refuse. Au milieu de la nuit, elle le réveille en urgence et le prie de l’emmener à la pharmacie pour lui injecter un calmant. Une fois sur place, elle profite d’un moment où il tourne le dos, pour le frapper plusieurs fois avec des ciseaux avant de quitter la pharmacie…

Ibtissem retourne à l’hôtel. L’agent de sécurité n’est pas là. Elle croise une femme de ménage, dans le couloir. Visiblement, elle travaillait ici. Ibtissem évite son regard. Une fois dans la chambre, elle s’enferme et va prendre une douche. Elle nettoie tout et s’assure qu’il n’y a ni cheveu ni empreinte. Elle a ramassé ses affaires, dans un sac. Vers 9h, elle descend avec ses affaires et remet la clef. Elle ne prend pas de petit-déjeuner. Elle quitte l’hôtel et prend un taxi pour se rendre chez son oncle. Ce dernier s’apprête à sortir lorsqu’elle arrive. Il ne cache pas sa surprise.
-Tu te pointes ici sans avoir appelé pendant plusieurs jours ! remarque-t-il.
-J’étais très prise par le travail, ment-elle. Hier, je n’étais pas bien et j’ai pensé à ce que tu m’avais dit… que je serais toujours la bienvenue !
Elle l’avait ajouté avec hésitation, tout en posant ses sacs de voyage.
-Si ta proposition ne tient plus, je peux repartir… Je peux retourner d’où je suis venue !
-Non, non. Seulement je suis surpris. Je ne t’attendais pas. Mais tu peux rester, dit l’oncle. Tu seras toujours la bienvenue !
-Merci…
Ibtissem embrasse son oncle Makhlouf, soulagée.
-Merci, je tenterais de me faire toute petite, promet-elle. Et c’est juste le temps de me reposer !
-Repose-toi ! Je donne des cours durant toute l’après-midi ! J’ai préparé à manger… Ne touche à rien ! Je m’occuperais du reste ce soir !
-Bien, bon après-midi !
Il la remercie puis part. Ibtissem peut enfin souffler. Elle va à la chambre de sa mère. Elle ouvre l’un des sacs contenant les affaires qu’elle avait portées où il y avait des traces de sang. De la fenêtre qui donne sur le jardin, elle vérifie qu’il y a toujours le tonneau où son oncle avait l’habitude de brûler les cartons et les journaux, elle s’empresse de jeter ce dont elle voulait se débarrasser. Elle a trouvé dans les placards de son oncle un produit inflammable. Elle a aspergé ses vêtements, jeté les papiers de Madjid avant de craquer une allumette. Le feu prend tout de suite et Ibtissem reste à le regarder réduire en cendre tout ce qui pouvait l’incriminer. Avant de prendre le taxi, elle s’était débarrassée des ciseaux, en les jetant dans une poubelle. Elle les avait lavés, mis dans des journaux avant de les jeter.
Elle est soulagée en constatant qu’il ne reste rien. Elle se sent mieux.  Elle tarde dans le jardin. Elle repense à la soirée, et les images qui lui reviennent lui donnent la chair de poule.
Elle a mal au cœur et va se rafraîchir le visage, puis s’allonge dans le salon. Elle allume la radio et écoute les infos. Aucune nouvelle relative à l’assassinat d’un pharmacien. Pourtant, à son souvenir, il ne gémissait plus. Elle n’avait pas vérifié s’il était mort ou juste inconscient. En y réfléchissant, elle pense qu’après tous les coups qu’elle lui avait assénés, il ne pouvait qu’être mort. Il faudrait un miracle pour qu’il survive.
Vu l’heure qu’il est, tout Alger devait savoir qu’il était mort. Mais comment savoir ? Elle laisse la radio allumée, passant d’une chaîne à une autre mais dans aucun des flashs d’infos qu’elle a écouté il n’a été question d’agression ou d’assassinat d’un pharmacien.
Lorsque son oncle rentre avec la presse du soir, sous le bras, elle l’accueille chaleureusement.
-Bienvenue mon oncle, dit-elle. Voudrais-tu que je te prépare un goûter ?
-Non, c’est bon ! répond-il. J’ai été au café avec des amis. On a pris du thé… Tu as pu te reposer ?
-Oui. Je peux jeter un coup d’œil à la presse ?
-Oui, oui…
Il les pose sur la table. Ibtissem ne s’assoit pas. Elle les feuillette page par page, cherchant les faits divers de dernière minute. Dans un journal arabophone, on écrit qu’un pharmacien est entre la vie et la mort depuis son agression. Une enquête a été ouverte pour retrouver ses agresseurs, écrit le journaliste. Probablement des drogués en manque…
“Mon Dieu, s’il sort du coma, c’en est fini, pour moi !”.


 (À suivre)
A. K.


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