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Autres / Récit de Adila Katia

L’inaccessible

59e partie

Résumé : Maria veut gagner du temps pour trouver un mensonge qui tienne la route. Salem lui parle de Hiziya et Saïd. Il veut savoir pourquoi ils se sont séparés. Maria lui dit que son père est mort dans un accident avant qu’ils aient officialisé à la mairie. Salem veut le voir tout de suite. Maria n’a pas le choix. Elle sort les albums qu’elle garde dans une mallette depuis des années…

- Non ! Non ! s’écrie-t-elle. Tu es mon fils, l’enfant de l’amour ! Tu ne peux pas dire ça ! Tu es la plus belle chose qui me soit arrivée !
- Belle ou mauvaise, je n’ai pas de père, réplique Salem. Je ne fréquente personne. Personne ne sait qui je suis…
- Ils n’ont pas à le savoir ! C’est personnel !
- Oui mais jusqu’à quand ? Aux yeux des autres, je suis un moins que rien car je suis illégitime ! On n’a pas de famille ! Personne ne vient nous voir !
- Il y a des choses qu’on ne pardonne pas ! Je sais que je ne suis pas la seule mais hamdoullah ! Si d’autres vivent dans la misère, nous, nous sommes à l’abri du besoin ! Wlidi laâziz, si ton père était de ce monde, tu aurais porté son nom !
- Je veux voir sa famille…
- Jamais ! Ils n’ont jamais voulu de moi !
Ils ignorent pour toi ! Tu ne peux pas débarquer dans leur vie comme ça, leur dire que tu es des leurs ! Ils ne te croiront pas, dit Maria. Ne nous complique pas la vie ! On est bien tous les deux !
- Je suis sûr qu’ils ne me rejetteront pas !
Maria a le cœur qui se serre en pensant qu’elle est en train de vivre son pire cauchemar. Elle le regarde tourner les pages de l’album, passer le doigt sur le visage de son père. Il lève la tête vers elle.
- Je lui ressemble beaucoup, dit-il. Ils me reconnaîtront en lui !
- Non. Salem, je croyais qu’on était bien, rien que tous les deux ! Les autres ne comptent pas. Ce que pensent les autres, on s’en balance ! Oublie la famille de ton père car j’ignore d’où ils sont ! Je ne les ai jamais vus !
L’adolescent fronce les sourcils et referme l’album d’un coup sec.
- Tu dis ça pour que je ne cherche pas après eux ! Tu connais bien son nom ! Tu étais tout le temps avec lui !
- Oui, c’est vrai ! On se voyait à Alger, et quand il partait il ne me disait pas où !
- Tu mens !
- Comment oses-tu ? Pourquoi je te mentirais ? rétorque-t-elle, se sentant glacée jusqu’aux os. Pourquoi tu veux me compliquer la vie ? Ma vie, c’est toi ! Et moi, je veux être tout pour toi ! Tu n’as pas besoin de te tourner vers le passé ! Il ne t’apportera rien !
 - Donne-moi son nom et sa ville d’origine ! lui ordonne-t-il presque en rouvrant l’album pour prendre le portrait de son père. Je vais chercher après eux !
- Mais tu es fou ! Qui sait où ils sont ? S’ils sont encore en vie ?
- S’ils sont morts, il restera bien des oncles, des tantes ? Des cousins et cousines ?
- Il était enfant unique !
- Ow… ! Tu veux dire que je dois rester ici ? Que je n’aurais pas de famille ?
- Ta famille, c’est moi !
 - Je sais mais… je veux connaître les autres, insiste Salem. Comprends-moi maman ! Tous mes copains me parlent de leurs familles, des vacances qu’ils passent chez leurs grands-parents, chez leurs oncles ! Moi, je suis tout le temps avec toi !
- Je serai toujours là pour toi ! Je suis ta famille, ne cherche rien d’autre ! Je t’en prie, oublie ces idées folles ! Ne pense pas à eux !
Maria se détourne et va à la fenêtre qu’elle ouvre grand. Elle étouffe. Elle bat des paupières en voyant les meubles de la chambre aller et venir au gré de son regard. Elle n’a pas le temps de réaliser qu’elle fait un malaise…
Salem accourt vers elle en l’entendant tomber, entraînant quelques affaires posées sur le bureau où elle a voulu se rattraper.
- Maman ! Maman !
Il lui tapote la joue mais elle ne réagit pas. Il court chercher de l’aide chez les voisins…


(À suivre)
A. K.


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