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Autres / Récit de Adila Katia

Les regrets ne changent rien

59e partie

Résumé : Ibtissem a nettoyé la chambre avant de quitter l’hôtel. Elle va chez son oncle qui est surpris par sa visite. Elle prétexte vouloir se reposer. Il va donner ses cours et la laisse seule. Ibtissem en profite pour brûler les affaires portées la veille et les papiers de Madjid. En fin de journée, son oncle rapporte la presse du soir. Elle cherche l’info d’un assassinat et constate avec effroi qu’un pharmacien est entre la vie et la mort…

Ibtissem s’assoit et sent une sueur froide lui mouiller le dos. L’expression de son visage a dû changer, car son oncle s’inquiète.
- Tu es si pâle d’un coup ! Ça va ?
- Oui, oui…
Elle se lève lentement et va à la salle de bain où elle se rafraîchit le visage. Son reflet dans la glace l’effraie. Elle comprend que son oncle s’inquiète. “Il y a de quoi, pense-t-elle. S’il revient à lui, c’en est fini, pour moi ! Qu’est-ce qui m’a pris ?”
Il était inconscient quand elle avait quitté la pharmacie. Elle regrette de ne pas avoir vérifié s’il était vivant ou pas.
Des coups à la porte de la salle de bain la tirent de ses pensées.
- Tu es sûre que tu vas bien ?
- Oui…
Ibtissem s’essuie et ouvre la porte. Son oncle a le regard interrogateur.
- Écoute, si tu ne te sens pas bien, je préfèrerais t’emmener chez le médecin avant que ton état ne se complique !
- Je te l’ai dit, c’est la fatigue. Je dors mal. Peut-être qu’ici je parviendrais à trouver le repos…émet-elle en posant la main sur son bras. Merci de te soucier de moi !
- Tu es ma nièce. Tu es seule. Tu pourras toujours compter sur moi !
Ibtissem sent des larmes monter, et elle bat des paupières pour les refouler. Elle sort de la salle de bain et retourne au salon. Elle constate qu’il a plié les journaux.
- Si tu veux, on passe à table, propose son oncle. Tu sais que j’aime dîner tôt !
- Pas de problème…
Ils passent à la cuisine où elle pose le dîner. Elle se sert et tente de manger un peu, pour ne pas inquiéter son oncle. Ce dernier a allumé la radio. Ils écoutent une émission populaire. L’animateur lisait des courriers envoyés par les auditeurs. Ils abordaient de nombreux sujets relatifs à la société, et les auditeurs réagissaient à chaud, donnaient leurs avis et conseils. L’émission était suivie même de l’étranger.
La lettre qu’il lisait racontait l’histoire d’une femme qui avait empoisonné son mari. Il était mort, et depuis son enterrement, elle ne cessait de faire des cauchemars. Elle ne voulait plus dormir, car le fait de le revoir dans ses rêves est une double peine. Personne ne savait qu’elle avait empoisonné son mari. Sa mauvaise conscience l’avait rendue nerveuse, suspicieuse, mais elle craignait de se retrouver seule. Des idées noires lui traversaient la tête.
- Pauvre femme, dit l’oncle. Il est des actes qu’on regrette toute la vie et qui empoisonnent le cœur et l’esprit, Ibtissem…
Celle-ci est perdue dans ses pensées. Il pose la main sur son bras et elle sursaute.
- Pardon ? Tu disais ?
- Je croyais que tu écoutais l’émission, dit-il. À quoi penses-tu ?
- À rien…
Elle soupire, et ne voulant plus écouter parler de cette meurtrière, elle quitte la table.
- Pardon mon oncle… Je vais me coucher. Bonne nuit !
- Tu es sûre que ça va ? Tu es si pâle !
- Non, j’ai juste besoin de me reposer… Bonne nuit !
Elle l’embrasse sur la joue et va à la chambre de sa mère. Elle a beau se mettre au lit, elle ne parvient pas à trouver le repos. Comme cette meurtrière, elle fait des cauchemars. Elle ne rêve pas de Madjid, mais de sa mère…


 (À suivre)
A. K.


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