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Autres / Récit de Adila Katia

L’inaccessible

66e partie

Résumé : Dalila est heureuse de revoir son amie. Malgré les années passées et les non-dits, leur amitié est restée intacte. Dalila n’a jamais approuvé le choix de Maria. Quand elle voit Salem, elle le trouve aussi beau que son père. Elle est triste dans le fond. La vie lui a tout donné sauf l’essentiel auquel rêve toute femme : être mère.

- Ma chérie, ça viendra un jour !
Dalila bat des paupières, pour refouler ses larmes mais elles coulent et marquent ses joues.
- Je ne crois pas, murmure-t-elle. On a suivi tant de traitements, on a même tenté une fécondation in vitro ! lui confie-t-elle. Il se montre patient, mais je vois combien il adore les enfants ! Quand il est avec ses neveux et nièces, c’est un autre homme ! Si Allah nous accorde ce bonheur, il sera papa poule !
- Garde la foi ! Un jour, tu auras des enfants !
- Incha Allah ! dit Dalila, alors que l’adolescent secoue la tête. Je donnerai tout pour avoir un garçon comme toi ! Ta mère a de la chance !
- Tu te trompes. Si t’as un garçon comme moi, tu te retrouveras vite à l’hôpital !
Dalila sourit à travers ses larmes qu’elle s’empresse d’essuyer. Maria sort les clefs de son sac puis les lui tend, impatiente de se débarrasser de lui.
- à bientôt !
Salem part au grand soulagement de sa mère. Dalila l’a remarqué.
- Tu as peur que j’aille dire à ma belle-sœur que ton fils ressemble à son cousin ! Maria, il n’a pas eu d’autres enfants ! à chaque fois qu’il venait au bled, il demandait de tes nouvelles ! Rassure-toi, je lui disais la stricte vérité ! Que tu appelais deux fois par an ! Qu’on ne s’était jamais revues !
- Oui, tu as bien fait ! Tu ne seras plus mon amie le jour où tu diras la vérité à Yahia ! Gare à toi si tu racontes quoi que ce soit à mon fils ! la prévient Maria dont la tension artérielle monte. C’est mon fils !
- Calme-toi ! Si tu veux garder ton fils, tu dois retrouver ta santé ! Tu entends ! Je ne suis pas un danger pour vous, la rassure Dalila. Même si on me torture, je ne dirai rien de ce que je sais !
- Merci ma chérie !
Dalila regarde sa montre.
- Il faut que j’y aille, dit-elle. Aurais-tu besoin de quelque chose ?
- Non, je te remercie ! Je suis en observation, et une fois qu’ils auront décidé du bon traitement, je rentrerai chez moi ! dit Maria. Merci d’être passée ! Prends soin de toi !
- Je reviens demain ! Je suis si heureuse de t’avoir revue ! H’ram alik ! Je ne veux plus qu’on soit séparées ! On est amies et sœurs !
- Je sais, mais à une condition ! Le passé est enterré ! Si on est amenées à se revoir en présence de mon fils, tu ne parles jamais de Yahia !
- Je te jure que ce sujet est enterré pour toujours ! Même si je ne suis pas d’accord avec toi ! Tu ferais des heureux…
Maria lève la main en secouant la tête. Dalila s’interrompt et soupire.
- C’est bon ! J’abandonne ! Prends soin de toi ma chère Maria ! Ton fils a besoin de toi ! On se voit demain incha Allah !
- Je sais…
Maria regarde son amie partir. Elle garde un moment les yeux fermés. La visite de Dalila l’a épuisée. Le médecin avait beau lui conseiller de se calmer, mais comment le rester quand on sait qu’il suffit d’un simple coup de vent pour que le château de cartes s’effondre ?
Elle a menti à Yahia, à son fils, à beaucoup plus de personnes qu’elle ne pourrait compter. Elle a dû déménager plusieurs fois. Sa vie était tranquille jusqu’à ce que Salem veuille en savoir plus sur son père, sur sa famille.
Rien qu’en y pensant, elle a les tympans qui bourdonnent. Elle sait que s’il découvre la vérité, il sera capable de tout plaquer. Elle ne veut pas le perdre, mais un peu comme cette tension artérielle qu’elle ne parvenait pas à faire baisser, l’avenir aussi, elle ne pourra pas le maîtriser…

 

(À suivre)
A. K


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