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Autres / Récit de Adila Katia

Les regrets ne changent rien

6e partie

Résumé : Ibtissem ne cesse de soupirer et Yamina devine qu’il s’est passé quelque chose. Mais sa fille ne se confie pas. Elle prévoit d’autres sorties. Alors qu’elle s’apprête à réviser, elle reçoit un appel. Elle est heureuse d’avoir des nouvelles de Fethi à qui elle a été présentée la veille. C’est un garçon bien qu’elle pense déjà à présenter à ses parents…

Ibtissem a l’impression qu’une année s’est écoulée depuis qu’ils se sont séparés. Pourtant, c’était juste avant-hier. Toute la nuit, elle n’a pas cessé de penser à lui, à aspirer à être avec lui. Elle s’entend si bien avec lui. Parfois elle n’avait pas eu à terminer ses phrases qu’il comprenait déjà ce qu’elle voulait dire, ou ce qu’elle voulait, tout simplement. Quand ils se retrouvent le samedi après-midi, ils se rendent à Bouchaoui et y passent deux heures à discuter, se découvrant des affinités. Et si Ibtissem ne sait pas qu’il sera vraiment l’homme avec qui elle fera sa vie, lui, Fethi, est sûr de ses sentiments. Ibtissem est celle qu’il a toujours rêvé de rencontrer. Elle est jeune, belle, intelligente et surtout elle sait charmer. Ils n’en sont qu’à leur deuxième rencontre, déjà, il pense à parler d’elle à sa mère. Même s’il ne lui en dit rien, il fait des projets pour eux, dans un proche avenir. Mais il faut déjà qu’elle dise oui …
-Je t’aime Ibtissem… Je ne sais pas pour toi, mais mes sentiments sont très sûrs… Je ne voudrais pas te perdre ! Je veux me marier avec toi !
-Mais on se connaît à peine ! proteste Ibtissem, flattée en son for intérieur. Aucun des garçons qu’elle avait fréquentés auparavant  ne lui avait parlé de mariage. Et on est encore jeunes ! Rien ne presse !
-Pourquoi ne pas se fiancer ? On se marierait l’année prochaine. Je ne pourrai  jamais te fréquenter sans être engagé officiellement. Tu dois me comprendre. Je t’aime… Je tiens à m’afficher avec toi, à t’emmener partout où j’irais. Tu comprends ?
-Bien sûr… Ta famille ne te posera pas de problèmes? s’enquit-elle. Comme t’es fils unique, ta mère a sûrement des projets pour toi.Tu ne crois pas ?
-Je sais, mais ce qui compte, ce sont les miens, lui assure-t-il. Je te veux parce que je t’aime ! Ibtissem, dis-moi oui !
-Attendons la fin de l’année pour se décider définitivement, répond-elle. D’ici là, on en aura parlé à nos familles. Au fait, tu habites quel quartier ?
Quand Fethi le lui nomme, elle fronce les sourcils.
-Tu blagues ?
-Il n’y a pas de quoi blaguer dans cette réponse, pourquoi ? Qu’est-ce qui te surprend ?
-Fethi, on habite le même quartier, lui apprend-elle.
-Avec un peu de chance, nos bâtiments doivent se faire face, espère Fethi.
Et ils habitent bien la même rue. Ils s’étonnent de ne jamais s’être rencontrés avant.
-On ne devait pas sortir à la même heure, dit la jeune fille. Ma mère doit sûrement connaître la tienne ! J’espère qu’elles s’apprécient !
La mine embarrassée, Fethi revient de nouveau sur la demande en mariage.
-Si nos familles se connaissent, il est impératif d’officialiser… On ne pourra pas jouer à cache-cache bien longtemps. Les gens du quartier nous verront et ils se mettront à jaser ! Autant leur boucler le bec avant !
-D’accord ! Tu en parles quand à ta mère ? demande Ibtissem.
-Dès ce soir… Et toi ?
-Je pourrais aussi le faire ce soir, mais je préfère attendre un peu… Dès que je verrais la position de ta mère !
-Je peux t’appeler la nuit ? s’enquit Fethi. A partir de dix heures ?
-Bien sûr… Il est bientôt six heures, il faut qu’on rentre maintenant.
-Je sais… Mon copain doit m’attendre pour récupérer sa voiture… Je t’aime Ibtissem ! Ne l’oublie jamais !
-Moi aussi.
La jeune fille s’attend à ce qu’il l’embrasse avant de rentrer, mais il n’en fait rien. Il ne veut pas brusquer sa pudeur. Elle est si déçue qu’elle se tourne vers la vitre, pour se donner la force de réprimer son fou rire. Pour quelqu’un qui a eu le coup de foudre pour elle, son sang froid l’étonne.
Fethi la dépose non loin de leur quartier. Ibtissem se presse de rentrer chez elle. Sa mine rayonnante surprend sa mère et l’inquiète un peu.
-Quel coup as-tu préparé avec ta copine Fella, qu’est-ce que vous mijoter encore ?
Ibtissem l’embrasse sur la joue et lui prend les mains.
-Détrompe-toi, je n’ai même pas eu le temps de voir Fella aujourd’hui. Elle n’est pas si mauvaise que ça, tu sais !
-Tes yeux ne me disent rien qui me rassure, insiste sa mère en soupirant. Qu’y a-t-il ?
-Un grand évènement… Tu en seras peut-être choquée, la prévient Ibtissem en l’entraînant dans sa chambre, la forçant à s’asseoir. Il vaut mieux que tu sois assise !
Elle se tait, tentant de se calmer un peu, se donnant le temps de trouver les mots. Elle ne sait même pas par quoi commencer. Et l’attente ne fait qu’impatienter sa mère. Elle ne tient plus en place. Comme toujours, elle pense au pire …


(À suivre)
A. K.


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