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Autres / Récit de Adila Katia

Maria

6e partie

©Dessin/Mokrane Rahim

1er chapitre la fugue

Résumé : Ouiza interroge sa fille sur le comportement de Mohamed. Maria la rassure, il n’a jamais eu de gestes et de propos déplacés. Lorsqu’il rentre plus tard, il regrette d’avoir levé la main sur elle. Il demande pardon. Ouiza oublie vite ses peurs. Le calme revient dans son foyer. Un foyer et ses enfants qu’elle sera obligée de confier à sa fille lors de son hospitalisation…

L’hôpital étant situé à plusieurs kilomètres, et comme ils n’ont pas de véhicule, Maria et ses frères ne pourront pas voir leur mère. Le seul à se rendre à l’hôpital est Mohamed. Lorsqu’il rentre le soir, il est fatigué. Il a aussi le visage fermé qui ne donne aucune envie à ses enfants de s’attarder avec lui.
Maria fait des efforts. Dans le fond, elle n’a pas le choix.
-Mais que disent les médecins ?
-Ils passent leur temps à prélever son sang et à chercher d’où ça vient, répond-il. Pour l’instant, ils ne savent rien…
-Elle vomit toujours ?
-Non, mais elle est trop faible. Je ne crois pas qu’elle rentrera ces jours-ci…
-Ils finiront bien par trouver, dit-elle. Ça ne peut pas être incurable !
-Va savoir !
Maria retourne s’occuper de ses frères. Elle pleure en silence. Elle a tant de peine pour sa mère. Elle ne méritait pas ce qu’il lui arrive. Elle fait confiance à la médecine. Les médecins finiront par trouver son mal et lui donneront un remède qui la remettra vite sur pied. Cet espoir la réconforte et, en grande sœur consciencieuse, elle continue de s’occuper de ses frères et de la maison. Elle voudrait que sa mère soit fière d’elle. Maria compte les jours, puis les semaines.
-Trois semaines qu’elle est à l’hôpital ! On voudrait la voir, dit-elle un soir à son beau-père. S’il te plaît, trouve un taxi pour nous emmener la voir ! Elle nous manque, parle-t-elle au nom de ses frères. N’est-ce pas ? leur demande-t-elle pour qu’ils confirment.
Ces derniers hochent la tête mais ne soufflent mot. Ils ont bien vu que leur père n’est pas d’humeur à vouloir les écouter. À sa mine renfrognée, ils ne se font pas d’illusions. Leur père n’allait pas se casser la tête pour leur faire plaisir et les emmener voir leur mère. Déçus et peinés, ils ne tardent pas dans le salon. Ils se réfugient dans leur chambre, vite rejoints par Maria qui ne voulait pas rester seule avec lui. Elle ne dort pas bien ces derniers temps, et comme elle n’a personne à qui se confier, à qui demander de l’aide, elle s’angoisse pour eux et pour leur mère.
Son moral en prend un coup lorsque son beau-père se remet à lui crier dessus. Sa vie devient un vrai enfer. Il n’y a pas une journée qui passe sans qu’il tente de la frapper. Elle a beau le fuir, il  réussit à la frapper au dos.
La douleur lui coupe le souffle et la handicape presque. Elle ne peut plus se tenir droite et ne peut plus tout faire tant elle a mal.
Sa lenteur exaspère son beau-père. Malgré toute sa bonne volonté pour ne pas le mettre en colère, elle est toujours en retard à son goût. Tout est prétexte à la querelle.
Un soir, elle n’en peut plus. Bien que ses petits frères soient présents, elle ne se sent pas en sécurité. Elle prend le plus grand à part et le prie d’aller voir leur grand-mère.
-On a besoin d’elle ! Rends-toi chez elle avant d’aller à l’école ! Ton… ton père ne doit pas savoir que je t’ai envoyé ! Cela doit rester entre nous, lui ordonne-t-elle. Sinon il va me tuer ! Son petit frère Wassim hoche la tête.
-Dis-lui que j’ai besoin d’elle, que je suis malade ! Ne mets pas ton père dans la confidence, le prie Maria. Tu sais qu’il n’aime pas recevoir de la visite, même de sa famille… Tous sursautent lorsque la porte de la chambre s’ouvre d’un coup. Mohamed a tout entendu ! Maria garde ses frères contre elle comme pour se protéger des coups à venir !

(À suivre) A. K.


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