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Autres / Récit de Adila Katia

Seconde chance

7e partie

Résumé : Omar se rend à Tizi pour voir Sonia, mais elle est rentrée chez elle. Déçue, elle ne lui pardonne pas de l’avoir trompée avec cette vieille. Tout est fini entre eux.

C’était ainsi que Omar avait tout gâché entre lui et sa belle fiancée.
Même après toutes ces années, il en avait mal. Jamais il ne s’était remis de cette rupture. Il n’avait jamais aimé d’autres femmes. Sonia a été la seule à faire battre son cœur jusqu’à en perdre la raison. Chahinez n’était rien, et s’il n’avait pas craint de perdre son travail, il y aurait longtemps depuis qu’il aurait mis fin à leur relation.
Omar avait cru devenir fou ce jour-là. Jamais il n’aurait imaginé que lui et celle qu’il aimait depuis sa tendre enfance se quitteraient. Il s’était souvent rendu à la cité universitaire pour la voir, mais jamais il n’avait pu l’approcher. Sonia était toujours accompagnée de copines, et même s’il avait eu l’occasion de la croiser, il était invisible à ses yeux et elle était sourde à ses appels.
Par la suite, se refusant de lui montrer sa peine, il n’y était plus retourné.
Chahinez avait tout fait pour le réconforter. Brouillé avec ses parents, ayant rompu avec celle qu’il aurait voulu partager sa vie, Omar avait tout tenté pour l’oublier, buvant jusqu’à l’ivresse, se jetait dans des relations amoureuses impossibles. Car l’image de Sonia ne s’était jamais effacée de son cœur. Rien n’aurait pu…
Aujourd’hui, dix années après, il le sait. Son amour pour Sonia est toujours là. Omar se demande ce qu’elle est devenue depuis. Vit-elle encore avec ses parents ? Habitent-ils encore la maison voisine de la leur, avec cette cour commune qui les réunit ?
Il se rappelle la petite brique percée qui servait de boîte aux lettres quand ils s’échangeaient des mots doux. Ce souvenir est une torture.
Omar soupire à fendre l’âme. Comme il regrette. Il a honte. Au village, on sait qu’il avait une aventure avec une femme plus âgée que lui. Après avoir perdu Sonia, il n’aurait pas supporté d’être la risée du village. Il n’avait plus osé se montrer. Ses parents avaient alors été très clairs. Ils n’avaient plus voulu de lui. Ils les avaient déshonorés et mis la discorde entre eux et leurs meilleurs amis, ceux avec qui ils avaient fait alliance. Mais Omar n’était pas digne d’eux, d’eux tous.
“Comment vont-ils m’accueillir ? Est-ce que maman va me reconnaître ? Est-ce que papa va me renvoyer comme un malpropre ?”
Il a un peu la tête qui tourne. Il va s’asseoir sur un banc, son sac de voyage posé à ses pieds. Ce banc n’existait pas avant. Omar soupire en constatant qu’il se trouvait juste en face de la sortie de l’école primaire. Il contemple la grille tant de fois peinturée en vert, la cour plantée de lilas, les hautes fenêtres dont certaines étaient ouvertes. D’où il était, il pouvait entendre la voix des maîtresses et des écoliers. Dans un moment, ce serait la sortie, ruée des oiseaux épris de liberté, de cris, de rires et de jeux. Comme lui autrefois…
“Les enfants ne changent pas… Peut-être qu’il y a dans cette école un petit garçon et une petite fille qui, comme Sonia et moi, font quatre fois par jour le chemin ensemble, main dans la main… Si tu existes petit garçon, ne fait pas comme moi, ne quitte jamais ton amie, ne fait rien qui puisse semer la discorde entre vous et vous sépare !”
Voilà qu’il avait du mal à contenir ses larmes. Des vieux du village passent près de lui mais ne le reconnaissent pas, même lorsqu’ils répondent à son salut. Omar n’ose pas en dire plus.
Il se lève au moment où les écoliers sont libérés pour la pause déjeuner. Plusieurs bambins joyeux jouent à se poursuivre. L’un deux se heurte à lui. Lorsqu’il lève son visage vers lui, Omar reçoit un choc violent au cœur. Cet enfant, il a l’impression de l’avoir déjà vu…


(À suivre)
A. K.


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