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Autres / Récit de Adila Katia

L’inaccessible

82e partie

Résumé : Maria est surprise par la visite de sa mère qu’elle n’a pas vue depuis des années. Celle-ci voudrait l’emmener avec elle mais Maria refuse. En fait, elle est entre la vie et la mort. Salem qui est venu à son chevet regrette de ne pas être venu avant…

Le temps leur paraît long. Salem et Dalila sont rejoints par Yahia. Il est pâle et a les traits tirés. Même quand il est chez lui, il pense à elle, à eux.
-Il faut qu’elle s’en sorte ! Ce serait trop facile de fuir ses responsabilités, dit-il. On a besoin d’elle…
-Elle est une mère comme on n’en fait plus, dit Salem. Elle s’est battue pour qu’on vive bien et en paix ! Mais pourquoi est-ce que tu es revenu ?
-Je m’inquiétais pour elle et pour toi, dit Yahia. Même si la situation nous dépasse, je suis ton père et tu es mon fils !
-Pourquoi nous a-t-elle séparés ? Qu’est-ce qu’elle te reprochait ? Tu l’as fait souffrir, c’est ça ? Est-ce que tu l’as battue ?
-Non, jamais ! Mais peut-être involontairement, émet Yahia, en haussant les épaules. J’espère avoir l’occasion de lui demander pardon. S’il lui arrive malheur, j’ignore ce…
Le neurologue qui suit Maria depuis son admission vient les voir.
-J’ai une bonne nouvelle, les examens n’ont révélé aucune anomalie et nous espérons qu’elle ne gardera aucune séquelle. Nous allons la mettre sous calmant. Elle a besoin d’être entourée de tous ceux qu’elle aime ! C’est un miracle qu’elle soit encore en vie ! Je vous prierais de la laisser se reposer.
-Est-ce que je pourrais la voir ? C’est ma mère, dit Salem. Je veux qu’elle sache que je suis là ! Que je l’aime…
Le neurologue sourit, compréhensif.
-Juste une minute alors ! Nous l’avons installée dans la chambre proche de mon bureau. Venez avec moi !
Ils le suivent à travers les couloirs. Maria est réveillée mais très faible. Elle sourit en voyant Salem. Il l’embrasse sur le front.
-Je t’interdis de me refaire ce coup-là ! J’ai merdé ! Je regrette ! Pardon maman…
Maria cligne des yeux.
-Fi-nis, souffle-t-elle.
-Je t’aime maman !
-Moi aussi…
Dalila s’approche de son amie et lui serre la main. Elle lui désigne Yahia qui se tient au pied du lit.
-On est heureux que tu tiennes le coup ! On est là pour toi ! Tu n’as plus de soucis à te faire ! Tu n’es plus seule !
Maria lutte contre le sommeil. Le neurologue leur fait signe de sortir.
-Laissez-la se reposer ! Quand elle ira mieux, vous pourrez discuter avec elle, la soutenir, l’aider à retrouver toutes ses capacités !
-Merci pour votre aide docteur, dit Salem.
-De rien. Je vous conseille de rentrer chez vous ! Elle aura besoin de vous plus tard et en forme !
Salem lui remet son numéro de portable avant de partir. Dehors, il trouve Yahia et Dalila en train de l’attendre. Elle lui propose de venir chez elle.
-Merci, mais je préfère rentrer à la maison ! Si cela peut te rassurer, je suis quelqu’un d’indépendant ! Demain, je vais au bureau de maman pour déposer l’arrêt de maladie !
-Si tu veux, je peux le faire pour toi, dit Yahia.
Mais Salem refuse.
-Viens, je te dépose, insiste Yahia. Cela ne nous fera pas de mal de nous connaître un peu !
-Une autre fois. J’ai envie d’être seul…
Il plonge les mains dans ses poches et part tête baissée. Salem a une boule dans la gorge et il se rend compte qu’il suffirait de peu pour qu’il se mette à chialer comme un enfant. Il se rappelle comme elle lui a parlé, comment son sourire était étrange à cause de la paralysie du côté gauche de son visage. Dire qu’il y a quelques jours encore, elle était une femme dynamique que rien n’arrêtait. Et là, elle est clouée sur un lit d’hôpital. Il frémit en pensant que l’attaque cérébrale aurait pu être fatale. Il regrette d’avoir agi sous le coup de la colère, de l’avoir blessée alors qu’elle l’avait toujours entouré d’un amour total et sans condition. Elle lui avait tout donné, et en retour, il avait été ingrat et insensible à ses peines. Il comprend que son cœur n’ait pas résisté. Elle ne mérite pas de souffrir autant. En son for intérieur, il jure de tout faire pour qu’elle guérisse et pour ramener la joie et la paix entre eux. Comme avant…


(À suivre)
A. K.

 


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