Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de midi (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version digitale de "Liberté" écrire à: redactiondigitale@liberte-algerie.com

Autres / Récit de Adila Katia

L’inaccessible

86e partie

Résumé : Yahia est toujours aussi charmeur qu’avant. Il la complimente sur sa beauté. Il lui confie ne pas l’avoir oubliée et même d’avoir vécu toutes ces années en se nourrissant de leurs souvenirs. Yahia la surprend lorsqu’il parle de se marier et de reconnaître Salem. Elle comprend pourquoi son fils voulait qu’elle renoue avec lui…

- Se marier maintenant ?
La question est autant pour lui que pour elle. Comment peuvent-ils y penser alors qu’elle se remet de sa crise cardiaque ?
Elle n’a plus vingt ou trente ans. Elle a plus de cinquante ans, et alors qu’elle n’aspire qu’à finir sa vie tranquille et en paix avec son fils, voilà que Yahia et son cher fils ont parlé de mariage. Ils n’ont pas pensé à aborder le sujet devant elle. Elle reconnaît qu’elle a tout fait pour que son fils ne lui parle plus de Yahia, alors qu’il continuait à l’appeler et à le voir.
- Mais tu es marié, écrit-elle. Elle ne va pas sauter de joie !
-C’est une brave femme très compréhensive ! Je lui dirais la vérité. Je ne crois pas qu’elle fasse des problèmes !
-C’est mal connaître les femmes, tape-t-elle. Aucune femme n’accepte que son mari prenne une seconde épouse ! Aucune femme au monde n’accepte de partager son mari ! Moi-même je refuserais d’être ta “seconde” épouse !
-Ce sera pour le bien de notre fils ! Même s’il ne t’a jamais rien reproché, il ne supporte pas de porter ton nom ! Je le comprends !
-Bien sûr ! Un fils à ajouter dans ton livret de famille ! Un cadeau inespéré, inattendu ! Un frère pour ta fille ! Un jeune homme pour t’aider dans tes vieux jours !
Yahia hausse les épaules. Il ne sourit plus.
- Par ta faute, il a grandi sans moi ! Maria, quoi que tu aies à me reprocher, tu n’aurais jamais dû me cacher qu’on avait un enfant ! On se serait mariés à cet instant ! Peut-être même qu’on aurait eu d’autres enfants !
-Oui, peut-être... Mais tu ne voulais pas te marier, alors tes reproches garde-les !
-Ne te fâches pas ! Maria, notre vie aurait été différente si tu avais fait le bon choix, insiste Yahia. Au début, je t’en voulais ! Après la surprise, j’étais en colère contre toi, contre moi ! Je commençais à comprendre pourquoi tu me fuyais ! D’où as-tu puisé la force de l’élever seule ? Comment as-tu pu nous mentir à tous ? Ta conscience te laissait dormir jusqu’au matin ? N’as-tu jamais craint d’être confondue dans tes mensonges ?
- Toutes ces questions pour me rappeler que j’ai été égoïste ? Un peu comme toi, durant toutes ces années d’amour ! Tu prenais sans rien donner en retour ! De quoi peut rêver une femme de trente ans ?, demande-t-elle, tapant nerveusement sur le clavier. Un mari, un foyer, des enfants… Avec toi, c’était juste passer du temps ! Quand je pense aux dix années passées à espérer que tu changes, j’enrage ! Je te prie de changer de sujet, car tu m’énerves franchement !
Maria respire profondément tout en fermant les yeux. Elle sait qu’il a raison, mais jamais elle ne lui parlera de ses regrets. Oui, il a raison. Elle a encore des sentiments pour lui. Car, en plus d’être l’unique amour de sa vie, il est le père de Salem, ce magnifique jeune homme dont elle est si fière. Elle ne se faisait pas d’illusion. Son fils allait adorer son père. Le fait qu’ils aient parlé de mariage et de reconnaissance de paternité allait les souder à vie.
Salem allait s’éloigner d’elle si elle refuse de se marier pour qu’il puisse porter le nom de son père.
-Non, ne te fâches pas ! Je sais que tu es trop en colère pour me croire, que tu as des tas de reproches à me faire, écrit-il. J’ai fait l’erreur de ne pas me marier avec toi ! Je le regrette amèrement ! Maria, je te le jure sur ma vie, sur celle de mes enfants que je t’aime toujours ! Encore plus qu’avant…


(À suivre)
A. K.

 


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER