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Autres / Récit de Adila Katia

1re partie

Denia - La vie…

©Dessin/Mokrane Rahim

-Tu as fini par trouver le chemin ? s’écrie Aziza en entendant la porte d’entrée s’ouvrir avant qu’elle ne se referme brusquement par un courant d’air venant de l’escalier.
Elle continue de s’affairer dans la cuisine. Selma ne tarde pas à la rejoindre, lui fait la bise avant de retourner dans le couloir.
-Je croyais que tu t’étais perdue, dit Aziza. Un quart d’heure de plus, et j’ameutais tout le village !
-Ça ne risque pas d’arriver. J’ai des repères. Cette maison est aussi la mienne, maintenant, n’est-ce pas ? ajoute-t-elle, un peu inquiète.
Aziza rit en la regardant retirer son manteau pour l’accrocher à la patère de l’entrée.
-Ce foyer est désormais le tien, tant que tu le voudras, la rassure-t-elle. Ce n’est pas maintenant que je t’abandonnerais !
-Merci !
Mais Selma l’avait seulement murmuré en se dirigeant vers la cheminée où un feu brûlait. Les flammes jettent une lueur jaune sur le tapis et sur la bibliothèque remplie de livres. Elle s’assied dans un fauteuil, en face des flammes.
Le chalet possédait deux chambres, une cuisine spacieuse et deux petites salles de bain. Selma s’est installée dans la chambre d’amis.
-Tu étais partie où ? l’interroge Aziza en la rejoignant avec une tasse de tisane fumante, à son intention.
-J’ai marché sans aucun but précis, répond-elle en la saisissant. Merci mon amie !
Une boule s’est formée dans sa gorge et l’empêche d’en dire plus. Elle pose la tasse et se prend la tête entre les mains. Des larmes gonflent ses paupières quand elle ferme les yeux. Aziza soupire en la voyant ainsi. Elle ignore quoi faire pour soulager son amie lorsque la tristesse revient la torturer.
Que dire pour éviter de remuer le couteau dans cette plaie qui demeure ouverte et saignante, aujourd’hui encore, après toutes ces années ?
-Selma, souffle-t-elle, hésitante, pourquoi te mets-tu dans cet état ? Comment puis-je te soulager ?
-Tu n’y peux rien. Personne ne peut rien pour moi, murmure-t-elle. Je m’y ferais avec le temps.
-On n’est plus amies, mais sœurs, dit Aziza. Ce chalet est le nôtre ! Tu es ici, chez toi !
Selma tente de sourire en la regardant. Son sourire ressemble à une grimace.
-Je sais. Merci pour tout, dit-elle. En fait, je ne sais pas ce que je dois faire moi-même ! Peut-être que je dois attendre que tout passe ?
-Si tu as envie de parler, je suis là, dit Aziza. Mais je dois retourner à la cuisine ! Le dîner est sur le feu ! Si tu veux de la compagnie, tu sais où me trouver ! As-tu déjeuné ? lui demande-t-elle avant de poursuivre. Mais vu ton état, je parie que non.
Selma hausse les épaules. Elle donne libre cours à ses larmes lorsque son amie quitte le salon. Elle regarde la tisane qu’elle ne prendra pas. Elle a mal à la gorge. Elle n’a pas d’angine, seulement cette boule due à l’angoisse et à la déception qui l’étouffait presque. Aujourd’hui encore plus que les autres jours…

(À suivre) A. K.


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