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Autres / Récit de Adila Katia

2e partie

Denia - La vie…

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Selma rentre chez son amie Aziza. Celle-ci voit bien qu’elle n’est pas bien. Elle lui répète qu’elle est chez elle. Selma souffre et ne parvient pas à se confier à son amie. L’angoisse et la déception l’étouffent…

L’ironie du destin l’avait mise face à son passé. Celui qu’elle avait fui pour ne plus souffrir. Sept longues années avaient passé depuis, et pourtant la douleur était la même. Parfois plus vive.
Selma se sentait impuissante face à la force du destin. La malchance semblait vouloir s’acharner sur elle. “C’est injuste, pense-t-elle. Pourquoi moi ?”
N’a-t-elle pas le droit à la paix ? Le bonheur, elle ne l’a jamais connu et elle n’y pensait plus. Elle a été trop meurtrie dans sa chair pour pouvoir espérer aujourd’hui. Selma aurait préféré l’amnésie pour vivre au jour le jour, sans se torturer l’esprit ni le cœur.
“Pourquoi je n’ai pas de chance ?”, se demande-t-elle en se mordant la lèvre inférieure. “Pourquoi la malchance me poursuit jusqu’ici ?”
Elle se trouve à des centaines de kilomètres de son village natal et, d’un coup, surprise, elle doit faire face à son passé. Elle avait tout abandonné. Mais avait-elle eu raison de tout abandonner, dans un coup de colère ?
“J’aurais dû patienter, se dit-elle. Peut-être qu’ils (sa belle-famille) auraient changé de sentiments envers moi ?”
Une voix en elle s’élève. “Ils auraient continué à te maltraiter ! Jusqu’à ce que tu craques et deviennes folle !”
Après maintes réflexions, elle reconnaît que ce départ était inévitable. Peut-être même aurait-elle attenté à sa vie ? Seule la mort aurait pu la soulager. Mais ne l’était-elle pas un peu depuis sept ans ? Depuis qu’elle avait abandonné son enfant ? Cet adorable petit garçon aux yeux marron.
L’image de son bébé dans ses langes. Samir dormait quand elle l’avait embrassé une dernière fois avant de partir pour l’inconnu. Il n’avait que trois mois quand elle l’avait abandonné. Elle avait baissé les bras, rendu les armes, car elle ne pouvait plus supporter sa misérable vie. Le poids qu’elle portait aurait fini par la briser. Elle n’avait plus de force morale. Même la vue de son bébé endormi n’avait pu la retenir. Pour vivre, elle avait dû abandonner ce qu’elle avait de plus cher au monde.
Jamais elle ne pardonnerait à ses beaux-parents d’avoir réussi à la briser et d’avoir œuvré pour son départ. Elle le regrettait aujourd’hui. Depuis qu’elle savait que son ex-mari n’y était pour rien.
En le revoyant tout à l’heure, Selma avait cru rêver. Mais c’est lui. Comment n’aurait-elle pas reconnu son premier amour qui a été son mari, le temps d’une année ?
De l’endroit où elle était, il n’avait pas pu la voir. Dissimulée derrière le rideau du salon de coiffure où elle travaille depuis des mois, elle l’avait vu descendre d’une belle voiture. Grâce à son amie, elle avait loué et aménagé un local en salon de coiffure. Elle avait embauché deux coiffeuses à temps plein.
Il y a beaucoup de clientes, et les périodes de fêtes elles travaillaient de six heures du matin jusqu’à très tard le soir.
“Mais que fait-il ici, à Tikjda ?”, s’était-elle demandé.
Elle avait eu un pincement au cœur, en voyant qu’il était toujours aussi beau. Du temps du collège, elle trouvait qu’il était le plus beau des garçons. Il portait un vieux jean et une chemise à carreaux que laissait entrevoir son anorak ouvert. Ses cheveux noirs étaient coupés courts. Comme avant…
Et son sourire, elle se rappelle qu’il était si charmeur qu’elle en a un pincement au cœur. Mais aujourd’hui, même lorsqu’elle l’avait vu sourire, il n’y avait aucune gaieté sur son visage, aucune lueur dans son regard. Il avait l’air si grave. Selma ne peut pas se tromper. Elle le connaît assez bien pour savoir lire en lui quand ça allait et quand ce n’était pas le cas.
Elle avait tenté de voir s’il n’y avait pas leur fils dans la voiture. À sa grande déception, il y avait deux amis mais aucune trace de leur enfant…

(À suivre) A. K.


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