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Autres / Récit de Adila Katia

40e partie

Denia - La vie…

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Selma a pris l’habitude d’accompagner son fils à l’école. Un jour, en rentrant, elle tombe sur leur vieille voisine qui lui jette à la figure ce qu’on pense d’elle. Selma est dans tous ses états. Au point de ne pas remarquer que lorsque Lyès rentre, il est bouleversé, au bord des larmes même…

- Je voudrais déménager ! s’écrie-t-elle. Je ne veux plus voir nos voisins ! Ils ont une opinion toute faite sur moi ! Ils me jugent sur mes erreurs du passé ! J’ai changé ! Je ne suis plus aussi irresponsable ! Je n’ai pas failli à mon devoir de mère ! Si je suis partie, c’était… J’étais à bout ! Je ne voyais pas le bout du tunnel ! Si je n’étais pas partie, je serais devenue folle ou j’aurais mis fin à mes jours !
-Selma, arrête !
-Non, non, je n’en peux plus… Au début, les enfants jouaient avec Samir, mais quand leurs parents ont su qu’il est mon fils, ils ne lui adressent plus la parole !
-Ne t’occupe pas d’eux !
-Comment ne pas m’en préoccuper ? rétorque-t-elle. La vieille du dessus me donnerais volontiers la fessée, si j’étais une gamine ! Je ne peux plus supporter ! Lyès, il faudra que tu trouves où aller ! Je ne veux pas qu’on fasse du mal à mon fils ! Tu entends ?
-Selma, y a plus urgent ! Je suis partagé ! Je n’ai pas que ce seul souci en tête ! crie-t-il. Est-ce que tu peux comprendre que la vie ne tourne pas qu’autour de toi ? Selma, mon père a failli mourir ! Tu entends ! J’ai failli le perdre !
Les épaules de la jeune femme s’affaissent d’un coup. Sa colère tombe d’un coup.
-Oh Lyès, je ne savais pas ! Ma colère m’aveuglait ! Comment… Comment est-ce arrivé ?
-Il a eu un malaise et personne n’était près de lui ! Mes chères sœurs étaient occupées ailleurs ! Ma belle-sœur surveillait ses enfants… Je suis arrivé et je croyais qu’il dormait, mais au bout d’un moment, j’ai voulu lui parler et lui donner à boire un smoothie que j’avais moi-même préparé ! Je lui ai parlé, je lui ai touché la main, puis l’épaule !
-Il a eu un malaise ? À quoi était dû son malaise ?
-Il a fait une hypoglycémie ! Il aurait pu en mourir !
-J’ignorais qu’il était diabétique ! Personne n’a parlé de sa maladie, se rappelle-t-elle.
-Avant l’accident, il suivait un régime ! Mais depuis qu’il est cloué au lit, je n’ai pas fait attention à ce qu’il mangeait !
-Mais tes sœurs et ta belle-sœur peuvent se relayer à son chevet ! J’aurais été chargée de le surveiller qu’ils seraient tous tombés sur moi ! remarque-t-elle. On m’aurait accablé de reproches ! Tes sœurs devaient être en train de casser du sucre sur mon dos ou celui de quelqu’un d’autre !
Lyès la regarde en secouant la tête.
-Arrête de parler d’elles ! Laisse-les tranquilles ! À la maison, y a toujours des invités ! Quand ils ne sont pas de la famille, ce sont des amis ! Tu passes ta journée à aller et venir, tu pourrais t’en occuper de temps à autre ! Celui dont je te parle est de ma chair et de mon sang ! C’est mon père ! C’est mon seul parent ! lui rappelle-t-il, la voix étranglée par les larmes. Je ne veux pas qu’il meure maintenant !
-Vous avez les moyens d’ouvrir une clinique, rétorque Selma. Pourquoi vous ne prenez pas un infirmier pour s’occuper de lui ? Il vérifiera sa glycémie et tout… Ne me demande pas d’y aller ! Tu sais qu’au moindre pépin, ils diront que j’ai voulu le tuer ! Non, non, non ! Tout sauf ça…
Ce n’est pas qu’elle est insensible, mais elle veut se protéger de la méchanceté gratuite de sa belle-famille. Ce dont elle a besoin, c’est de s’éloigner du quartier et de s’occuper. Elle ne peut plus rester inactive davantage. Elle se doute bien que sa belle-famille n’acceptera jamais qu’elle tienne une boutique. Si Lyès tarde à exécuter ce projet, c’est qu’il redoutait leur réaction.
Elle s’approche de la fenêtre et l’ouvre, ressentant un besoin de respirer un bon coup.
Elle aperçoit en bas un taxi d’où une femme descend. Elle la reconnaît et recule, ne voulant pas qu’elle la voie. Sa mère est venue…

(À suivre) A. K.


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