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Autres / Récit de Adila Katia

4e partie

Les doutes

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Da Akli est très peiné en constatant que ses fils ne veulent pas qu’il se remarie. Avant, il n’y avait jamais songé. Mais maintenant, tout est différent. Il voudrait prendre en main sa destinée.

-Mon Dieu ! Il lui est sûrement arrivé malheur.
Djamila regrette d’avoir chargé Da Akli d’accompagner le petit à l’école pour la énième fois.
-Il devait être en colère. Mais il ne nous a rien dit. C’est pourquoi il a dû traîner dans les rues. Il est sûrement tombé sur des voyous. Mon Dieu, ils l’ont peut-être agressé pour lui prendre son portefeuille !
Djamila imagine toutes sortes de scénarios. Dans un moment de lucidité, elle se rappelle qu’il est très alerte, et que même à plusieurs, les voyous ne pourront pas le mettre à genoux.
Non, il n’a pas été victime d’une agression, mais plutôt d’un accident. Un véhicule l’aurait peut-être renversé. Avec un peu de chances, il devrait être à l’hôpital.
Mais quel hôpital ?
Djamila et son mari font le tour de tous les hôpitaux d’Alger et des environs. Aucune trace de lui aux urgences. Tous deux tremblent à l’idée qu’il ait pu ne pas échapper à la mort. Ils avaient consulté tous les formulaires des réceptions sauf ceux des morgues. Djamila est contrainte à se séparer de son mari pour refaire le tour des hôpitaux d’Alger alors qu’il fera ceux des environs.
Le soir, lorsqu’ils rentrent, ils se regardent, tentant de lire dans le regard de l’autre la réponse à leurs questions.
-Pas de trace de lui dans les morgues, lâche Djamila. Et toi, qu’as-tu découvert ?
-Rien. On est rassurés maintenant. Il n’est ni blessé ni mort, répond Sami. Je me demande où il pourrait bien être ?
-Il est peut-être allé au village, émet sa femme. Il a peut-être eu la nostalgie du pays ?
-Je vais appeler mon cousin. S’il s’y est rendu, il doit l’avoir vu !
Sami joint le geste à la parole. Le coup de fil qu’il donne à son cousin lui confirme que son vieux père ne s’est pas rendu au village.
La réunion qu’il tient avec ses frères qui viennent à la maison pour avoir de ses nouvelles les laisse pensifs. S’il n’était pas sous terre ni au village, il ne pourrait être que sur la route.
-Tu es sûr qu’il avait tous ses esprits ? lui demande le cadet, Mouloud.
-Bien sûr. Tu ne crois tout de même pas qu’il avait eu une crise de folie ? Qu’il n’était pas conscient de ces actes quand il a décidé de partir ?
-Il n’avait pas conscience de leur gravité, je veux dire, dit Mouloud. Sinon il ne nous laisserait pas sans nouvelles de lui. Il sait combien on l’aime, combien on tient à lui. Djamila, tu n’as rien remarqué de suspect dans son comportement les jours passés ?
-Non. Enfin si. Maintenant que j’y pense, je me rappelle qu’il était souvent pensif et silencieux. Il ne me parlait pas comme avant.
-Comment, avant ? Depuis quand ?
Les questions qui fusent secouent un peu Djamila. En réfléchissant davantage au comportement de son beau-père, elle est convaincue que quelque chose ou quelqu’un l’avait froissé.
-Quoi ? Qui, à ton avis ? Est-ce que tu ne serais pas pour quelque chose dans son départ précipité ? l’interroge son mari qui ne s’était jamais posé la question auparavant. Djamila ! Qu’est-ce que tu as pu faire ou dire qui l’ait poussé à partir de chez nous ?
-Rien ! Je te le jure ! Seulement...
Djamila devine enfin pourquoi. Si ce soir-là, elle n’en avait pas la certitude et n’avait pas osé en toucher deux mots à son mari, maintenant son cœur lui disait que la réponse était là.

(À suivre) A. K.


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