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Autres / Récit de Adila Katia

10e partie

Les doutes

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Da Akli appelle son fils pour le rassurer sur son état. Ce dernier ne cache pas son inquiétude et le prie de passer à la maison. C’est la dernière chose à laquelle pense le vieil homme. Il a mieux à faire avec Fadhela…

Da Akli se sent tout léger à la perspective de retrouver sa jeune amie. Si elle n’avait pas changé de sentiment, elle deviendra vite sa femme.
Au salon de thé, le vieil homme remarque qu’il n’y a aucun homme de son âge. À part quelques couples et des jeunes hommes seuls, accoudés au bar, il n’y avait aucun couple âgé. Da Akli serait certainement sorti pour attendre Fadhela dehors si elle ne venait pas d’arriver.
- Bonsoir ! lui dit-elle. Tu n’as pas encore pris place ! constate-t-elle alors qu’il la précédait à une table dans le fond. Qu’as-tu fait de ton après-midi ?
- Je me suis promené… As-tu eu le temps de parler à ta mère ?
- Seulement au téléphone, lui apprend elle. Et toi, as-tu contacté ta famille ?
- Oui, j’ai mis mon fils au courant, lui confie-t-il tout en surveillant la réaction de son visage. Il m’a demandé de rentrer à la maison !
- Tu ne vas pas le faire, devine-t-elle. Pourtant, tu devrais… Cela leur fera plaisir… Ça te fera aussi du bien !
- Ce qui me ferait le plus plaisir, ce serait de vite me marier avec toi, lui dit-il en posant sa main sur celle de la jeune femme. Ça peut te paraître ridicule mais je ne peux imaginer mon avenir sans toi… Même si je ne te connais que depuis peu ! Je ne me comprends plus et suis surpris par moi-même, par toi ! Parfois, j’ai le sentiment de te connaître depuis longtemps !
- C’est étrange mais c’est aussi mon cas, le rassure Fadhela en rougissant légèrement. Jamais je n’aurais cru qu’un jour, je tomberais amoureuse d’un homme d’âge mûr…
- Dis plutôt d’un vieil homme, rectifie Da Akli. Ta famille n’approuvera jamais notre mariage… S’il aura lieu un jour !
- Si tu tiens à moi autant que je tiens à toi, il aura lieu, dit-elle en pressant sa main. Mais es-tu sûr de m’aimer ? l’interroge-t-elle. Ne serais- tu pas en train d’agir sur un coup de tête, de colère ? Uniquement pour te “venger” de l’attitude de tes enfants ?
- Non, je suis très conscient de ce que je fais ! Je suis en train de suivre mon cœur… Et toi, pourquoi es-tu ici ? Qu’est-ce qui te pousse à être avec moi, un vieux grincheux, au lieu de prendre pour ami un jeune de ton âge ?
- Je l’ignore ! Mon cœur a décidé pour moi ! Si on m’avait dit que je craquerais pour un “vieux grincheux”, je les aurais traités de fous ! Mais c’est le cas. Et je vais te faire une confidence : en plus d’être têtue, je peux te rendre la vie impossible ! le prévient-elle. Je te jure que je ne suis pas un cadeau ! Alors, tu as encore le temps de revenir sur ta décision ! Après, tu seras perdu ! Condamné à me supporter jusqu’à ce que la mort nous sépare !
- Oui, j’aime ce que tu viens de dire ! murmure-t-il, soulagé, le visage rayonnant. J’aime ce “jusqu’à ce que la mort nous sépare”.
Il sort les cadeaux qu’il lui a apportés. Fadhela est surprise qu’il ait songé à lui offrir des parfums coûteux, des chaussures avec un sac à main assorti et un joli foulard.
- Il ne fallait pas ! lui reproche-t-elle. C’est trop…
- Rien n’est de trop quand c’est pour toi, répond Da Akli tout heureux que ces cadeaux lui plaisent. Le meilleur est à venir !
- Je n’en doute pas !
Fadhela en est certaine. Son amoureux allait la combler de cadeaux. Était-ce dans le but de lui faire oublier leur écart d’âge ? Pour lui prouver qu’avec un autre, elle ne pourra pas en avoir autant ?
- Où vivrons-nous ? lui demande-t-elle alors qu’une serveuse leur apportait des boissons fraîches.
- Où tu voudras… Au bled… ici… J’achèterais une maison là où tu voudras !
- Peu n’importe l’endroit, la ville, lui assure Fadhela. Tant que je serais près de toi, tout ira bien ! Je m’y plairais sans façon ! Je peux travailler dans n’importe quelle région du pays !
- Tu es sérieuse ? Tu accepterais de quitter la capitale pour une autre ville ?
- Bien sûr... Dès que tu auras acheté un appartement, je me chargerais de le meubler… Personne ne devra le savoir, surtout si nos familles ne nous accordent pas leur bénédiction !
- Tu vas parler de moi à tes parents, veut savoir le vieil homme.
- Dès ce soir !
Tous deux tiennent parole. Da Akli s’adresse dès le lendemain à plusieurs agences immobilières. Durant toute la semaine, il va d’une maison à une autre, d’un appartement à un autre. Des visites qui lui prennent beaucoup de temps. Si bien qu’il ne pourra voir Fadhela durant les jours suivants. Rien qu’à sa mine, il aurait deviné que sa famille n’avait pas sauté de joie en apprenant l’âge et la situation de son prétendant.
Fadhela ne peut qu’imaginer sa peine quand il saura. C’est pourquoi elle hésite à le lui dire au téléphone…

(À suivre) A. K.


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