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Autres / Récit de Adila Katia

13e partie

Les doutes

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Fadhéla a beau tenter de s’expliquer avec sa mère, celle-ci ne veut rien entendre. Fadhéla n’est pas faite pour un vieux. Mais cette dernière n’est pas de son avis. Sa décision est prise. Elle profite d’un instant où sa mère est occupée pour partir en douce.

-Chérie, sois la bienvenue à la maison ! Je m’ennuyais de toi. La maison me semblait si triste quand je suis rentré. Ta mère n’a même pas fait l’effort de te comprendre et de te soutenir !
Da Akli la soulage du poids de la valise et de son sac à main. Il va les déposer dans la chambre d’amis, puis la rejoint au salon. Fadhéla s’est installée dans un fauteuil après s’être servi un jus.
-Ça va ?, lui demande-t-il avec inquiétude.
-Je ne sais pas. Je suis heureuse d’être là avec toi, mais j’ai aussi de la peine à l’idée que je ne reverrai plus les miens, lui confie-t-elle les yeux larmoyants. Jamais je n’aurais cru qu’on en arrivrait là ! Si seulement ils étaient plus tolérants !
-Il faut les comprendre Fadhéla. Tu es leur fille unique et tu as tout pour plaire. Aux yeux de tes parents, tu mérites mieux, lui dit-il. Ta mère a eu un choc en l’apprenant. Elle sait que je suis vieux ! Je crois qu’elle a raison. On n’est pas faits l’un pour l’autre. Tu mérites mieux que moi. Je suis du même avis que ta famille !
-Et moi, pas !, rétorque-t-elle. Ne tente pas de me faire revenir sur ma décision. Je ne partirai pas ! Ma place est ici !
-Heureux de t’entendre le dire avec certitude, lâche Da Akli. Ça me rassure quant à notre avenir !
Pour ne pas tomber sur sa famille, Fadhéla ne sort pas les jours qui suivent. Aussi, elle ne travaille plus. Depuis la fenêtre du salon, elle peut voir ses frères et sa mère se rendre à son cabinet dans l’espoir de l’y trouver. Mais peine perdue, elle est décidée à ne pas ouvrir avant un bon moment. Tant que les choses ne se seront pas calmées et ne seront pas rentrées dans l’ordre, elle ne reprendra pas son travail.
Ce congé forcé lui permet de se reposer et de décorer son foyer à son goût. Elle en profite pour mieux connaître celui qui est désormais son mari. Les heures lui semblent longues quand il sort faire des achats. N’ayant meublé que le salon et la chambre d’amis, il a encore fort à faire. Il aurait voulu qu’elle l’accompagne pour choisir une chambre à coucher et d’autres choses manquant à la maison, mais Fadhéla refusait.
Si elle rencontrait par hasard sa famille, celle-ci n’hésiterait pas à la traîner jusqu’à la maison et ne reculerait devant rien. Même s’ils connaissaient son caractère buté, ils prendraient le risque de provoquer un scandale dans la rue ! Rien ne les arrêtera.
Fadhéla en avait pleinement conscience. C’est pourquoi des semaines après son départ, elle ne sortait même pas pour acheter du pain. Elle mourrait d’envie de s’afficher au bras d’Akli. Elle sait qu’ils seront fort nombreux à se retourner à leur passage, parce qu’il avait quarante ans de plus qu’elle. Malgré cela, Fadhéla était heureuse de pouvoir partager sa vie.
Sa vie a beau être différente de la première, elle se sentait bien. Elle la vivait intensément. Si aux premières semaines de son arrivée chez lui, elle avait dormi dans la chambre d’amis et lui sur la canapé, dès que la chambre à coucher est installée, Fadhéla décide de brusquer un peu les choses. Elle trouvait qu’il était temps pour eux de tout partager. Mais lui, il n’était pas d’accord. Il avait ses raisons, et comme il hésite à se confier à elle, Fadhéla panique au fond d’elle-même, en songeant que la vieillesse avait peut-être eu raison de lui, qu’elle ne devait pas s’attendre à grand-chose après leur mariage.
Les questions sans réponse l’empêchent de dormir. Fadhéla insiste. Elle tient à tout savoir. Elle a horreur de deux choses. Akli allait le découvrir à ses dépens. Elle n’aime pas rester dans l’ignorance et surtout qu’on lui tienne tête. Car il n’y a pas plus buté qu’elle sur terre.

(À suivre) A. K.


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