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Autres / Récit de Adila Katia

14e partie

Les doutes

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Fadhéla s’est installée chez Akli et ne sort pas pour ne pas croiser sa famille. Au bout d’un temps, elle veut tout partager avec lui mais il refuse. Elle s’inquiète à son silence. Elle veut tout savoir…

-Écoute Akli, dans peu de temps, on est ensemble pour le meilleur et pour le pire… En plus d’être ta femme, je pourrais aussi te conseiller, lui dit Fadhéla. Après tout, je suis médecin… Je suis très bien placée pour t’aider !
-Je n’ai pas besoin d’aide, rétorque le vieil homme. On ne partagera pas le même lit avant d’être mariés ! On se marie en premier, en présence d’un imam, puis à la mairie ! On invite nos familles, nos amis, ajoute-t-il. Puis, on partira en voyage si tu veux…
-Il n’y a aucun autre problème ?, insiste Fadhéla. Je dois être au courant de tout… Tu me comprends ?
-Bien sûr ! Tu te fais des soucis pour rien, la rassure-t-il. Je veux que nous soyons mariés…
Tu peux comprendre que je tiens à ce qu’on fasse tout dans les règles !
-D’accord pour attendre ! Et si on fixait une date ?, demande-t-elle.
-On fixe une date, mais on attend encore un peu, lui dit-il. Le temps d’un mois ou un peu plus… On prépare la fête, mais on envoie les cartes d’invitation une semaine avant…
Les portes seront ouvertes pour qui veut venir partager notre bonheur. Quant aux autres, on pourra s’en passer… Ils ne feraient que vouloir le gâcher !
Fadhéla propose une date que Da Akli approuve. Le mariage aura lieu dans deux mois, plus précisément trois mois après qu’elle eut quitté sa famille. Fadhéla pense que le temps écoulé a pu calmer la colère de sa famille. Elle est très peinée, car il n’en est rien. Lorsqu’elle appelle sa mère, elle a l’impression d’être giflée. Dès qu’elle reconnaît sa voix, elle se met à lui reprocher sa conduite.
-Comment oses-tu appeler ici ? Tu nous as déshonorés… Sache que tu es reniée par toute la famille… Aux yeux de la famille, tu es morte !
-Pourquoi maman ? Pourquoi ne fais-tu pas l’effort de me comprendre ?, s’écrie Fadhéla. J’aime cet homme et je vais me marier avec lui… J’aurais voulu que vous l’acceptiez sans problème puisque je l’aime… Puisque je voulais faire ma vie avec lui…
-Pendant combien de temps ? À tout casser, il en a pour dix ans ou quinze… Tu te retrouveras veuve à quarante ou cinquante ans, lui dit sa mère Karima. S’il te fait des enfants, tu seras responsable d’eux, sans personne pour t’aider ! Mais comment a-t-il pu te faire ce lavage de cerveau ? Avant, tu espérais rencontrer un homme jeune, intelligent, quelqu’un digne de toi ! Tous les prétendants que tu as eus avant de le rencontrer, tu avais refusé de leur donner une chance uniquement pour une seule raison : tu te trouvais supérieure à eux ! Et maintenant, ce vieux a réussi à te détourner de tes rêves, de nous, de ta famille, de tes amis ! Tu te retrouves seule à cause de lui !
-C’est vous qui voulez me renier, s’écrie Fadhéla. Lui, il n’y est pour rien… Si vous voulez, on peut tout arranger ! Qui ne fait pas d’erreur dans la vie ?
-Tu peux rentrer à la maison, mais sans lui ! Peut-être que ton père et tes frères accepteront de te pardonner. Mais j’en doute très fort ! S’ils tombent sur toi, ils t’arracheront la peau ! Et lui, il ne verra pas la nuit tomber !
-Ne te fais pas d’illusions ! Je ne viendrai jamais sans Akli… Il est tout pour moi ! Je ne me mettrai pas en danger pour vous retrouver ! Et si par malheur il arrive quoi que ce soit à Akli, je porterai plainte !
Fadhéla est si peinée qu’elle raccroche sans avoir pu s’entendre avec sa mère. Sa mère ne voulait faire aucun effort. Elle aurait pu servir d’intermédiaire et calmer les choses entre elle et sa famille, mais comme elle avait pris parti, Fadhéla ne se faisait aucune illusion. Personne ne viendra à leur mariage.
Si Akli l’avait écoutée, il n’aurait pas envoyé les cartes d’invitation à sa famille. Elle savait d’avance qu’ils ne viendraient pas et que ses tantes et ses oncles prendront parti.
Fadhéla en a la certitude le jour du mariage. Même ses amies ne sont pas venues. Heureusement, la famille d’Akli et ses amis mettent de l’ambiance, semblant heureux pour eux. Fadhéla est soulagée de ne pas avoir à batailler contre eux. Elle ne l’aurait pas supporté. Pourtant, malgré la joie apparente, elle ne peut s’empêcher de surprendre des regards songeurs. Ses beaux-fils devaient se poser bien des questions. Elle se demande s’ils oseront les formuler. Surtout Sami, il ne la lâchait pas des yeux…

(À suivre) A. K.


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