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Autres / Récit de Adila Katia

16e partie

Les doutes

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Akli a l’impression d’avoir de nouveau vingt ans. Il est le plus heureux des hommes maintenant qu’il est marié avec Fadhéla. Celle-ci est tremblante d’émotion quand ils partent en voyage de noces. Akli pense qu’elle a des regrets…

-Tu ne te sens pas bien, chérie ?
Fadhéla s’efforce de sourire à son mari et presse légèrement sa main pour le rassurer.
-J’ai mal à la tête… Après une nuit de sommeil, j’irais mieux !
-Tu veux un comprimé ? lui demande-t-il.
-Non, ça passera… Dis, l’avion décolle à quelle heure ?
-Dans deux heures… Si tu es très fatiguée, on pourrait remettre notre départ à demain ? propose Akli.
-Non, ce n’est pas nécessaire !
-Tu penses vraiment pouvoir supporter le voyage ? insiste-t-il.
-Il n’y a pas mieux qu’un voyage pour remonter le moral… En me réveillant à Paris, je me sentirais beaucoup mieux, lui dit-elle. Avec toi à mes côtés, je pourrais tout supporter !
-Je suis heureux de te l’entendre dire, répond-il. Je t’aime Fadhéla…
-Moi aussi… Ton cousin sera là pour nous accueillir à Orly ? Tu en es sûr ?
-Oui… Avec un peu de chances, il nous laissera son pavillon, lui apprend-il. Enfin j’espère qu’il va comprendre… Qu’on est des mariés, qu’on a besoin d’être seuls… Sinon…
-Sinon quoi ?
-On ira à l’hôtel, décide Akli. Bien sûr, s’il ne part pas…
Le cousin Mokhtar, un célibataire endurci, doit bien connaître Akli après les avoir ramenés de l’aéroport et leur avoir fait visiter le pavillon, il s’empresse de prendre son sac. Il a l’intention d’aller chez un ami.
-Je vous laisse son numéro… En cas de besoin, vous pourrez m’y joindre, dit Mokhtar en accrochant le bout de papier sur la porte du frigo. Je vous souhaite un agréable séjour à Paris !
Il est près d’une heure du matin. Fadhéla se sent très gênée à la pensée qu’à cause d’eux, son cousin allait devoir vivre ailleurs, le temps de leur séjour en France.
-Pourquoi partir maintenant ? lui dit-elle. Il est très tard… Peut être même que votre ami est déjà couché ? Vous pouvez attendre demain…Vous partirez le matin !
-Son ami est au courant, glisse Akli mécontent par la proposition de sa femme. Il ne se couchera pas avant de l’avoir installé !
-Il peut très bien l’appeler !
-Pourquoi resterait-il, puisqu’il était prévu qu’il partirait tout de suite après nous avoir amenés chez lui, insiste Akli. Je voudrais qu’on reste seuls… Dès ce soir !
-On est chez lui, rétorque Fadhéla. Il se fait très tard… Il partira chez son ami plus tard… Avant tout, il a aussi besoin de se reposer !
-Non, je pars ! J’ai prévenu mon ami. Je ne voulais pas que mon vieux cousin et vous alliez à l’hôtel ! Inutile de vous quereller à cause de moi, intervient Mokhtar. Je m’en voudrais de gâcher votre voyage… Bonne nuit !
Fadhéla aurait voulu le retenir. Elle ne comprenait pas les raisons qui poussaient son mari à vouloir le départ de son cousin à une heure aussi tardive de la nuit. Il ne tarde pas à prendre son sac et à s’éclipser. Lorsque Akli revient après avoir fermé à clef, elle s’écrie :
-Pourquoi ?
-Pourquoi ?
Tous deux avaient parlé en même temps, s’interrompant sans avoir posé leurs questions.
Fadhéla le regardait autrement qu’avant. Jamais elle ne l’avait vu aussi agressif. Son langage avait été si sec envers son cousin. Elle le découvrait sous un nouveau visage. Elle en était à se demander si elle n’était pas en train de rêver…
-Chérie… Il faut me comprendre… J’ai hâte de te prendre dans mes bras.
Akli la prend si tendrement qu’elle ne sait plus s’il s’agit de la même personne, du même homme. Il est si différent maintenant…
Au petit matin, elle en est encore à se demander si elle n’a rien imaginé. Pourtant, elle aura l’occasion, durant la journée, de se rendre compte qu’il pouvait être bien violent, verbalement et physiquement…

(À suivre) A. K.


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