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Autres / Récit de Adila Katia

27e partie

Les doutes

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Karima prie sa fille de rentrer avec eux. Elle se doute que Fadhela ne lui a pas tout dit. Elle se demande si Akli ne s’en serait pas pris à elle si elle avait batifolé avec le malade. Sami la presse de les rassurer. Son père est un homme bon, aimant sa femme plus que tout. Fadhela a encore en tête les fois où il l’avait frappée. Ne lui a-t-il pas demandé d’abandonner son travail ? Elle décide de suivre ses parents même si cela allait déplaire à son mari…

Fadhela est heureuse de retrouver sa chambre. Personne n’y avait touché. Tout est comme elle l’avait laissée. Elle s’assoit sur son lit et prend son coussin qu’elle serre contre sa poitrine. Sa mère sourit en la voyant ainsi.
- Tu me rappelles la petite fille que tu étais, dit-elle. Tu n’aurais jamais dû partir !
Elle se tait en croisant son regard. Elle réalise s’y être mal prise. Elle décide de la laisser se reposer un peu. Elle sentait les questions qui lui brûlaient les lèvres, prêtes à jaillir. Fadhela est revenue avec eux. C’est tout ce qu’ils voulaient.
- Je vais mettre le dîner en route, dit-elle. Je te laisse te reposer !
- Yé, je n’ai aucune envie de rester seule ! Je viens avec toi à la cuisine !
- Avec plaisir…
À la cuisine, elles s’occupent du dîner et préparent même un gâteau pour le café. Fadhela s’est détendue et, sans s’en rendre compte, répond spontanément aux questions de sa mère.  Celle-ci mourait d’envie de tout savoir.
- Akli est un homme bien ! Personne ne peut lui marcher sur les pieds ou sur son territoire !
- Oui, je veux bien croire qu’il tienne à défendre bec et ongles ce qui lui appartient mais personne n’a tenté de “te prendre sous son nez” ! Je trouve son comportement violent alarmant ! Sincèrement, je crains le jour où tu feras des erreurs ! S’il ose te toucher ou te manquer de respect, l’avertit sa mère en brandissant le couteau qu’elle utilisait pour couper des fruits, je m’en occuperais personnellement !
- Ce n’est arrivé qu’une seule fois, confie Fadhela. Il m’a un peu secouée mais depuis, il n’a jamais eu un mot de travers !
- Bouh ! Je sens que tu minimises les choses pour ne pas nous inquiéter, mais je sens au fond de moi qu’il t’a frappée ! Pour une fois, dis la vérité ! Cela ne changera rien aux choses mais cela te fera du bien de le reconnaître et de le dire ouvertement à ta famille qu’il  t’a tabassée ! Raconte-moi !
- Il était jaloux, confie Fadhela. Il n’avait pas supporté le regard mal intentionné d’un cousin, plus jeune ! On était chez lui, à Paris… il avait suffi d’un rien pour qu’il devienne suspicieux !
- Dans quelle situation tu t’es mise ! s’écrie sa mère. Ma pauvre fille, wesh dak ? Qu’est-ce qui t’a pris de le choisir ? Tu as mis ta vie en danger pour un vieux ! Il aurait pu t’amocher ! Une aveugle et une illettrée auraient fait un meilleur choix que toi !
- Yé ! S’il te plaît…
- Qu’est-ce qu’il t’a fait d’autre ? Je veux tout savoir…
Fadhela jure que c’était l’unique fois où il avait levé la main sur elle. Karima est rouge de colère mais se maîtrise. Elle ne veut pas se fâcher avec sa fille.
- Tu peux préparer la salade de fruits, lui demande-t-elle. Je n’ai pas eu le temps de prier. Je vais la rattraper puisque tu es là ! Je peux compter sur toi pour préparer le dessert ?
- Oui, oui, vas-y ! Quelques douâas m’aideraient, yé !
- Oui, j’ai toujours espéré et prié pour ton retour benti laâziza ! Tout ce que tu veux ! L’essentiel,  tu es là ! Ici, je te sais en sécurité !
- Ne va pas espérer que je suis de retour définitivement, la prévient Fadhela. Tu sais que je suis ici le temps que s’éclaircisse la situation !
- Oui, oui… J’y vais…
Karima quitte la cuisine au moment où le téléphone sonne dans le salon. Elle s’empresse d’aller répondre. Elle ne reconnaît pas tout de suite la voix.
- Chkoun ? Qui est-ce ?
- C’est moi… votre gendre…
- Avant, répond-elle avant d’ajouter. En fait, on ne t’a jamais accepté ! Tu ne l’as jamais été ! N’appelle plus ici !
Lorsqu’Akli se met crier, elle lui raccroche au nez avant de débrancher le téléphone pour qu’il ne puisse pas les déranger à nouveau. Elle veut mettre de la distance entre lui et sa fille. Celle-ci avait fait une erreur. Elle avait encore la possibilité de la corriger…

(À suivre) A. K.


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