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Autres / Récit de Adila Katia

5e partie

Les regrets ne changent rien

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Yamina fait le tour du quartier et scrute les visages, espérant tomber sur sa fille, mais aucune trace d’Ibtissem. Epuisée, elle rentre chez elle et la trouve en train de déjeuner. Elle s’attend au pire avec elle. Sa fille ne la détrompe pas…

L’étrange sourire ne rassure pas Yamina. Elle refoule la colère qui l’habite et tente de savoir la raison, enfin, pourquoi elle n’est pas rentrée directement à la maison.
-Tu sais que tu es notre trésor. Un rien nous inquiète ! J’avais même pensé que tu pouvais être blessée, quelque part ! J’allais appeler la police ! J’ai tellement eu peur...
Ibtissem faillit s’étrangler en avalant son café quand elle est prise d’un fou rire.
-Comme si j’étais une enfant de dix ans ! s’écrie-t-elle quand elle parvient à reprendre son souffle. Heureusement que tu ne l’as pas fait ! Tout le monde l’aurait su et ils se seraient bien moqués de nous !
-Il y a d’autres moyens pour provoquer un scandale et s’attirer les railleries des autres ! Les voisins t’ont sûrement vue hier ! Tu leur as donné l’occasion rêvée de parler de toi pendant des jours et des jours ! J’espère que tu ne nous referas plus ce coup !
-Désolée maman, mais c’est prévu pour chaque jeudi, répond Ibtissem. Mais tu n’auras plus à te soucier au cas où je ne rentrerais pas, puisque tu me sauras à la cité de jeunes filles !
-Chaque jeudi ! Ya benti, Allah yehdik ! s’écrie Yamina qui sentait que, depuis hier soir, elle n’avait plus aucun pouvoir sur sa fille. Et tes études ?
-Je les poursuis, bien sûr ! la rassure la jeune fille. Tout en s’amusant...
-Comment était-ce hier soir ?
-Extra... Tu ne peux même pas t’imaginer comme on s’y est amusés ! Tu vois, c’est comme dans les films, à la parabole... Il y a de la bonne musique, de beaux garçons, des filles, une ambiance très cool, lui confie Ibtissem en rejetant la tête en arrière, laissant un soupir s’échapper, comme si elle regrettait quelque chose. J’aurais voulu que la fête ne finisse pas !
-Tu m’inquiètes ! dit Yamina. Depuis que tu fréquentes Fella, tu as changé au point où je ne te reconnais presque plus !
-J’ai vingt ans maman... S’il y a des changements en ma personne, tu peux être sûre que Fella n’y est pour rien... Elle ne peut pas m’influencer, on a le même âge !
Ibtissem termine son café et prend un morceau de gâteau avant de se diriger vers sa chambre.
-Ne me dérangez pas, je vais profiter de la matinée pour réviser. Que vas-tu faire pour le déjeuner ?
-Comme chaque vendredi, un couscous, répond Yamina, surprise par la question. Pourquoi ?
-Peut-être qu’on aura une ou deux invitées ce midi, lui apprend Ibtissem. Si elles passent par le quartier. Le téléphone sonne à cet instant, elle en profite pour aller décrocher avant sa mère. Le coup de fil est pour elle. Elle prend le téléphone dans sa chambre et s’enferme à clef.
-Comment vas-tu Fethi ?
-Depuis que je te connais, j’ai l’impression d’être sur un nuage... Je n’ai pas cessé de penser à toi depuis qu’on s’est quittés... Je crois que je t’aime déjà !
-Tu exagères Fethi... On se connaît à peine, répond Ibtissem, heureuse d’avoir éveillé un sentiment aussi fort chez lui. Tu es rentré directement chez toi ?
-Il n’y avait pas de taxi vers mon quartier, j’ai dû passer la nuit chez un copain... Quand est-ce qu’on se revoit ?
-Après les cours, demain après-midi, propose-t-elle. Si tu n’es pas pris, bien sûr.
-Je suis libre à partir de quinze heures. Es-tu partante pour une promenade en voiture ? Ibtissem ne peut refuser. La perspective d’une sortie la rend encore plus joyeuse une fois qu’elle a raccroché. Même si elle ne le lui a pas avoué, elle reconnaît au fond de son cœur qu’il l’a beaucoup impressionnée et elle ne se sent plus la même depuis qu’elle lui a été présentée. Fethi est un beau brun, aux yeux clairs, petit de taille, ce qui est vite oublié quand il se met à parler. Il a une voix si chaude et mélodieuse que c’est un plaisir de l’entendre parler de géographie et d’histoire, deux matières qu’il enseigne au lycée à Alger-Centre. Ibtissem sait qu’il a vingt-huit ans et qu’il vit avec sa mère, une veuve de guerre qui a consacré toute sa vie pour lui. Et elle l’a bien éduqué, pense la jeune fille. Très respectueux, il n’a pas cherché à profiter des slows pour l’attirer à lui. Elle a aussi remarqué qu’il n’a pas pris une seule bière alors qu’il y avait même de l’alcool pour qui en voulait. Mais rien ne l’a tenté, ni l’alcool ni les cigarettes de haschisch. Demain, elle sortira avec lui et lui découvrira peut-être d’autres qualités. Ce ne serait pas sa première sortie avec un garçon, mais c’est le seul qui soit digne d’être présenté à ses parents. Avec un peu de chance, il leur plaira...

(À suivre) A. K.


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