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Autres / Récit de Adila Katia

22e partie

Les regrets ne changent rien

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Quand elle lui parle de ne plus se revoir, Madjid pique une colère et menace d’aller tout raconter à sa belle-mère. Mais Ibtissem ne cède pas au chantage. Elle rentre tard chez elle. Sa belle-mère sort à cet instant, la laissant discuter avec Fethi qui s’inquiétait de son retard. Houria ne tarde pas dehors. Elle a un air satisfait qui laisse pensive Ibtissem…

- Ses collègues ont donné une fête à son intention, dit Fethi à l’intention de sa mère. C’est gentil de leur part !
-Elle devait être bien gentille avec eux, lâche Houria, en regardant Ibtissem dans les yeux, une moue de mépris à la bouche. Et c’est tout ce qui t’a retenue dehors jusqu’à huit heures ?
-Oui…
Ibtissem attend que sa belle-mère l’attaque mais il n’en est rien. Elle ne comprend pas pourquoi. Sauf si elle attend des preuves de ce qu’elle va apprendre à Fethi. Sans ces dernières, il ne la croira jamais.
-Est-ce que le dîner est prêt ?, demande Ibtissem.
-Oui… Fethi m’a demandé de préparer un couscous… Je me demande ce qu’il pourrait bien vouloir fêter avec une femme comme toi, rétorque sa belle-mère.
Ibtissem ne répond pas. Elle regarde son mari. Il réagit instantanément mais elle le prie de ne pas la défendre. Dans moins d’une semaine, elle allait partir. Il n’y aura plus de guerre entre elles.
Une fois dans sa chambre, Ibtissem se dit qu’elle ferait mieux de partir le plus rapidement possible. Avec Madjid et sa belle-mère en colère contre elle, elle craignait qu’ils ne montent un coup pour qu’elle parte seule, une fois après avoir éveillé les doutes de son mari. Tout comme eux, elle sait qu’il ne lui pardonnera pas de l’avoir trahi. Même si avant, elle n’était pas une bonne croyante, ce soir-là, elle prie pour que Fethi ne l’apprenne jamais. Le lendemain, Ibtissem va passer la journée chez ses parents. Ils sont tristes en apprenant qu’elle va bientôt les quitter. Ibtissem l’est aussi. Si elle n’avait pas fauté, jamais elle ne serait partie loin de ceux qu’elle aime. Qui sait si elle se plaira à Oran ? Si elle sera à la hauteur à son nouveau poste ?
Yamina remarque que sa fille ne semble pas heureuse, quelque chose la préoccupe, elle le sent.
-Si tu as un problème, je serai très heureuse de pouvoir t’écouter, et si c’est possible t’aider, lui dit-elle. Je t’en prie, ne me cache rien !
-Ce n’est rien maman, murmure Ibtissem, soupirant doucement, mais sa mère le remarque et elle insiste. Je t’en prie maman, ne me force pas à me confier… Je ne suis pas fière de moi… Tu apprendras tout en temps voulu, lui promet Ibtissem, retenant avec peine ses larmes. Avec un peu de chance, tout ira bien !
Sa mère tente une dernière fois de la presser, mais Ibtissem ne veut rien lui dire de ce qui l’inquiète. Comment lui dire ? Comment pourrait-elle le lui dire ? Sa conduite l’avait toujours exaspérée. Jamais sa mère ne penserait qu’elle a fauté. Elle ne lui pardonnera jamais de s’être laissée tenter. Tout comme son mari.
Lorsqu’elle rentre en fin de journée à la maison, elle aperçoit sa belle-mère et Madjid en train de discuter. Ibtissem donnerait cher pour savoir ce qui se disait entre eux. Le visage rayonnant de sa belle-mère ne la rassurait pas. La jeune femme se demande que faire. Devait-elle parler à son mari dès maintenant ou attendre que sa belle-mère le fasse ? Ainsi, elle saura sa version. Ibtissem décide d’attendre. Elle sait qu’elle prend un grand risque en remettant le tout à plus tard. Si sa belle-mère ne l’a pas fait la veille, c’est qu’elle devait attendre des preuves. Madjid ne pourra pas les lui fournir en un ou deux jours. Cela lui donnait le temps de partir sans avoir été donnée en spectacle dans le quartier. Son infidélité allait être connue de tous.
à la maison, elle trouve Fethi en train de ranger des livres dans un carton. Il ne prendra que ce qu’il a de personnel, rien d’autre. Avec les économies faites depuis deux ans, ils achèteront d’autres meubles et ce qu’il faut.
-Tu as mis ta mère au courant ?
-Pas encore Ibtissem… Je crois que je vais attendre que tu sois partie pour le faire ! Je ne veux pas qu’elle s’en prenne à toi, lui dit Fethi en la prenant dans ses bras. Qu’est-ce que tu en penses ?
Ibtissem est soulagée qu’il en ait eu aussi l’idée.
-Oui, ce serait bien… Tu me rejoindras quand ?
-Dans une ou deux semaines… Quand comptes-tu partir ?
-S’il y a une place dans le vol de l’après-midi, répond Ibtissem. J’aurais ainsi le temps de faire le ménage et d’aller voir le siège de l’entreprise, faire connaissance avec les autres… Je préparerai mes valises ce soir ! On profitera d’un moment où ta mère est dehors pour partir ! Je te laisserai affronter sa colère tout seul…

(À suivre) A. K.


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