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Autres / Récit de Adila Katia

37e partie

Les regrets ne changent rien

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Madjid sent que sa vie serait un enfer. Il ne la reconnaît plus dans la femme qu’il avait aimée sur un coup de cœur. Elle a quelque chose de diabolique. Il a vite compris qu’il doit être prudent. Ses menaces ne sont pas des paroles en l’air…

- Oui, tu ferais bien de faire ce que je te dis ! insiste-t-elle. Tu es assez intelligent pour savoir que je ne plaisante pas ! Il faut que tu me débrouilles où vivre ! Je ne peux pas rester chez mon oncle et je ne veux pas aller à l’hôtel ! Prépare-toi à te séparer de ta famille. Je ne veux pas te partager…
- Les enfants ont été privés de leur mère ! Comment peux-tu croire que je vais accepter de me séparer d’eux ? Je veux bien vivre avec toi, nous trouver un appartement où vivre, mais mes enfants ont besoin de moi ! Ibtissem, ce sont des orphelins !
- Ils sont grands ! Ils n’ont plus besoin de toi, mais notre enfant si !
Madjid ferme les yeux un instant, tentant de ne rien laisser paraître de ses sentiments.
- Tu t’en mordras les doigts si tu ne m’écoutes pas ! Mais en attendant, tu peux profiter d’eux ! Je t’appelle dans deux jours pour voir si tu as trouvé un appartement, le prévient-elle en regardant sa montre. Je dois rentrer. Sinon je ne trouverais plus de transport !
“Si un bus t’écrase, je pourrais retrouver un semblant de vie normale ! Inchallah tu n’arriveras jamais à destination !”
- Rentre bien ! s’efforce-t-il à dire, alors qu’elle partait.
Madjid se tape le front contre le mur, comme pour se punir de ses erreurs. Il porte la main à la joue qu’Ibtissem a griffée. Il n’osait pas retourner à la pharmacie, mais ses papiers et ses clefs étaient là-bas. Il n’a pas le choix. Les gens du quartier sont inquiets de le voir la joue en sang. Ils croient qu’il a été agressé.
- Qu’est-ce qu’ils voulaient ? De l’argent ? Votre voiture ?
- Oui, répond Madjid. De l’argent, ment-il en remettant le mouchoir dessus.
- Vous les connaissez ? Il faut porter plainte !
- Oui, je le ferai ! Là, je vais soigner mes blessures !
Madjid entre dans la pharmacie et va désinfecter les plaies. Elles sont profondes et prendront plusieurs jours pour se cicatriser. Il aura de belles cicatrices.
- Aami Madjid, vous êtes mal tombé ! lâche son employé. Faut vous méfier d’elle.
- Je sais…
Il soupire et repense à tout ce qu’ils ont partagé. Il aurait été jusqu’à divorcer pour se marier avec elle. Si elle avait accepté de se séparer de son mari, il en aurait fait une reine. Il se rend compte que leur histoire l’a rendue folle. Car si elle avait toute sa tête, pense-t-il, elle ne le menacerait pas et ne s’en prendrait pas à lui dans la rue.
Elle ne lui demanderait pas d’abandonner ses enfants. Il ne peut pas s’imaginer vivre sans eux. Ce n’est pas parce qu’elle allait avoir un enfant qu’il devait se priver des siens. En regardant les meubles pleins de médicaments, il se demande s’il ne devrait pas trouver une solution radicale. Si un bus ne lui rend pas ce service…

(À suivre) A. K.


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