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Autres / Récit de Adila Katia

64e partie

Les regrets ne changent rien

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Makhlouf la presse de questions. À chacune des réactions d’Ibtissem, il est convaincu qu’elle est derrière l’agression de Madjid. Il la déstabilise en lui demandant si la police ne trouvera rien dans le baril où elle a brûlé les affaires. Elle ne peut pas répondre. Il réalise ce qu’elle est vraiment ; une criminelle. Il lui crie de sortir…

-Mais… Je vais aller où ?
-Débrouille-toi ! Mais comment as-tu pu t’en prendre à cet homme ?
Ibtissem hausse les épaules, les larmes dans les yeux.
-Je ne sais pas, répond-elle dans cet aveu qui le choque. Khali, ne me demande pas de partir, le prie-t-elle. Je n’ai pas où aller !
-Tu iras dans un asile ou en prison ! Pars ! Je ne veux plus de toi ici ! Barra ! Barra !
-Je t’en prie…
-Ne me pousse pas à appeler la police ! Pars avant que ma conscience ne me l’ordonne ! Car là, c’est mon cœur qui veut te préserver de la prison ! Pars !
Ibtissem va à la chambre, s’habille rapidement et prend ses affaires avant de partir. Son oncle est sorti et se tient en face de la maison. Il se détourne en la voyant sortir. Ibtissem part non sans l’avoir regardé une dernière fois. Elle prend un taxi et rentre sur Alger. Ses pas la mènent dans son quartier et elle monte chez son père. Elle frappe plusieurs fois, mais apparemment, il n’y avait personne. La porte de la voisine s’ouvre et Ibtissem va lui dire bonjour, prend de ses nouvelles avant de lui demander si elle avait vu son père.
-Il était souffrant, et je crois qu’un cousin est venu le chercher. D’après ce que j’ai entendu, il restera quelques jours au bled.
-Ah, murmure-t-elle, déçue. Je comprends pourquoi j’étais inquiète. Je sentais qu’il n’allait pas bien ! Pourquoi on ne m’a pas prévenue ?
-Je l’ignore.
-Je vais attendre ici. Peut-être qu’il va rentrer maintenant, ou dans quelques heures, dit-elle en s’asseyant sur les marches de l’escalier.
-Je t’aurais bien invitée à entrer, mais j’attends ma belle-famille, s’excuse la voisine avant de refermer la porte.
Ibtissem se prend la tête entre les mains, en proie à une migraine. La nuit passée, après son cauchemar, elle ne s’était pas rendormie. Là, elle rêve de poser sa tête sur un oreiller. Elle voudrait dormir, ne plus entendre cette voix en elle qui lui dit de surveiller ses arrières. Elle pense à Fella qui devait se rendre à l’hôpital pour prendre des nouvelles de Madjid. Elle s’y serait rendue si sa famille ne la connaissait pas. Elle ne doit pas prendre de risques inutiles.
La jeune femme ne se rend pas compte que la voisine était de retour.
-J’ai les clefs, dit elle, un trousseau de clefs à la main. Je sais qu’il y a un froid entre vous mais ce ne serait pas juste que tu traînes dehors…Prends-en soin !
Ibtissem saisit les clefs, soulagée de ne pas avoir à retourner dehors. Elle a besoin de se reposer. Fermer les yeux, c’est tout ce qu’elle veut.
-Merci, dit-elle chaleureusement. Ne vous inquiétez pas, je crois que pour vous éviter des problèmes, je ne tarderais pas !
-Comme tu veux… Enfin, c’est aussi chez toi…Inchallah avec ce coup de fatigue, il va ouvrir les yeux sur l’essentiel ! Vous devez tourner la page !
-Oui, ce serait bien !
Ibtissem entre, la remercie une nouvelle fois, puis rappelle la voisine.
-Khalti, je ne me sens pas bien ! Je vais essayer de dormir un peu, lui dit-elle. Si quelqu’un venait à frapper ici, vu que je suis seule, ne dites pas que je suis ici !
-Oui, t’inquiète…
Ibtissem lui sourit avant de fermer la porte. Elle décide de fermer à clef, ne voulant pas être surprise dans son sommeil par son père. Elle erre à travers les pièces, retrouvant ses souvenirs d’enfance heureuse. Le parfum de sa mère flotte encore dans la chambre. Ibtissem s’assoit sur le lit et ferme les yeux. Le cauchemar fait la veille lui revient par flashs. Sa mère était furieuse. Même de l’au-delà, sa colère était terrible. Pourra-t-elle lui pardonner un jour de n’avoir été qu’une source de soucis ?
La jeune femme se lève et va ouvrir la garde-robe de sa mère. Elle aime sentir son parfum. Elle prend un de ses gilets, puis l’enfile. Elle retourne au salon et saisit le téléphone qu’elle pose sur ses genoux. Elle appelle l’hôtel et demande après Fella. Celle-ci semblait attendre son coup de fil. Elle répond tout de suite.
-Ibtissem, lui dit-elle. Si tu es dans les environs, retrouvons-nous au salon ! Je ne suis pas à l’aise…
Mais la jeune femme ne veut pas lui dire où elle se trouve, et n’a aucune intention de sortir. Elle se sent prise dans un piège…

(À suivre) A. K.


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