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Autres / Récit de Adila Katia

65e partie

Les regrets ne changent rien

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Ibtissem n’a pas eu le choix. Elle quitte la maison, non sans regarder son oncle une dernière fois. Elle retourne à Alger où ses pas la mènent chez ses parents. Son père n’est pas là, un cousin est venu le prendre quelques jours au bled. La voisine à qui il a confié les clefs les lui remet. Ibtissem est heureuse d’avoir où se poser un moment. Elle appelle Fella. Celle-ci lui propose de se retrouver au salon où elles ont l’habitude de déjeuner…

Ibtissem ne veut pas sortir. Elle se demande pourquoi son amie avec qui elle s’était fâchée tenait tant à la voir. Elle peut répondre à ses questions au téléphone.
-Je suis trop fatiguée pour sortir, dit-elle. Mais tu peux me dire comment il va ce matin !
-Son état était critique. Il n’est pas revenu à lui, car il a perdu beaucoup de sang, dit Fella. D’après les médecins, il faudrait un miracle pour qu’il s’en sorte !
-Le pauvre, lâche Ibtissem. Sa famille doit être effondrée ! Les pauvres !
-Comme si cela te touchait, soupire l’amie. Ibtissem, lorsqu’on s’est vus la dernière fois, tu étais en train de te quereller avec lui ! Tu m’as mise hors de la pharmacie !
-C’était en fin de journée !
-Début de soirée, rectifie Fella. Tu sembles oublier que moi et Ouahab avons eu du mal à te raisonner ! Tu as été odieuse ! Tu as mis un terme à notre amitié uniquement parce que je te conseille de lâcher prise ! Tu m’as surprise par ton appel !
-Je croyais que ce ne serait pas cette petite querelle qui mettrait fin à notre amitié, réplique Ibtissem. C’est vrai que j’y ai été un peu fort, mais après ton départ j’avais réalisé que tu avais raison ! Je devais aller de l’avant et non pas m’accrocher à celui qui avait foutu ma vie en l’air ! Je regrette de ne pas t’avoir écoutée avant ! Je croyais qu’il m’aimait !
“Ce ne serait pas juste que Fethi repose sous terre, pense-t-elle. Madjid ne mérite pas de voir la fin de la journée ! Il doit le payer de sa vie ! Sa famille sera privée de sa présence comme on m’a privée de ma mère et de mon mari !”
-Ma pauvre amie. J’ai de la peine pour toi ! Tu aurais dû m’écouter ! Mais où es-tu ? On doit se voir…
-Non, une autre fois. D’après le journal, ils enquêtent pour retrouver son agresseur, remarque Ibtissem. Ils doivent avoir des pistes, des drogués ? Des voleurs ?
-À part toi, personne ne lui en voulait ! Sa femme a raconté que tu t’en étais prise à lui auparavant, dit Fella. Je crois que tu dois t’attendre à la visite de la police ! Ils voudront t’interroger !
-Ah… Qu’est-ce que tu sais d’autre ?
Fella toussote et soupire, semblant hésiter à lui dire ce qu’elle savait d’autre.
-On est amies depuis si longtemps. Dis-moi ! Pourquoi viendraient-ils m’interroger ? Parce qu’on s’est querellés ?
-Non. Mais ils ont la preuve que c’était une femme ! Peut-être une autre petite amie qu’il aurait déçue ?, émet Fella. Tu n’es peut-être pas celle qu’ils cherchent ? Tu n’as rien à te reprocher, n’est-ce pas ? Vous vous êtes querellés, sans plus Ibtissem ? Dis-moi la vérité !
-Je ne suis pas la seule femme à qui il aurait tourné la tête et qu’il aurait détournée du droit chemin !, reconnaît Ibtissem. Il est bel homme et…
-Ibtissem, si tu n’as rien fait, on peut se retrouver ! Mon amie me manque !
“Ton amie n’est plus, pense Ibtissem. S’ils savent que c’est une femme, c’est que quelqu’un m’a vue ! Je ne devrais pas traîner ici. S’ils viennent ici, c’en est fini pour moi !”
-Fella, je me repose un peu, après je te rappelle pour qu’on se voie vers 16h !
-C’est vrai ?
-Oui, promis !
“Tu peux toujours attendre…”
Ibtissem raccroche et va à la fenêtre. Elle ne voit pas de voiture de police. Mais peut-être ne portent-ils pas d’uniforme !, pense-t-elle avant d’aller à la chambre, prendre le portrait de ses parents qu’elle glisse dans son sac à main avant de se diriger vers l’entrée. Elle regarde dans le palier, voulant s’assurer qu’il n’y a pas de policiers prêts à lui passer les menottes.
-Oh non ! Qu’est-ce qu’il fait là ?
Son père est là, sortant les clefs de sa poche. Alors qu’il introduit la clef, elle s’empresse d’aller dans sa chambre et de s’y enfermer…

(À suivre) A. K.


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