Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de midi (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version digitale de "Liberté" écrire à: redactiondigitale@liberte-algerie.com

Autres / Récit de Adila Katia

66e partie

Les regrets ne changent rien

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : L’état de Madjid était critique. En discutant avec Fella, elle apprend qu’on savait que l’agresseur était une femme. Nadia avait rapporté à la police qu’elle était obsédée par son mari. Ibtissem pense que la police doit la rechercher. Elle ne doit pas traîner chez son père. Alors qu’elle s’apprête à partir, ce dernier rentre. Elle se cache dans la chambre…

- Comment vais-je faire pour sortir ? Et s’il entrait ici ?
Mais Ibtissem devine que c’est le dernier endroit qu’il viendrait voir. Le téléphone sonne. Elle l’entend décrocher et s’énerver.
- Comment ça ? Non, c’est impossible ! Elle n’a pas pu appeler de ce numéro ! Il y a longtemps qu’elle n’a pas mis les pieds ici !
Ibtissem tend l’oreille au silence qui suit.
- Je viens de rentrer, crie-t-il. Je suis vieux et fatigué de cette vie ! Je ne la supporte plus depuis la mort de ma femme !
“Tu n’es pas le seul, pense-t-elle. Mais si toi, tu subis la fatigue, moi, j’ai fait erreur sur erreur !”
- Non, non, c’est impossible… L’appartement était fermé ! Elle ne pouvait pas avoir appelé d’ici ! À moins que… Restez en ligne ! Ne raccrochez pas !
Elle peut entendre son père poser bruyamment le combiné, puis la porte d’entrée s’ouvrir. Ibtissem, la main accrochée à son sac, sort de la chambre, doucement et part en courant alors qu’il frappe à la porte. Il avait le dos tourné mais il a entendu le bruit des talons. Le temps d’arriver au palier pour la rattraper, elle dévalait les escaliers.
- Reviens ! Reviens !
Mais hadj Hacène aurait bien couru après elle, mais il n’en a pas la force. La voisine ouvre et s’écrie :
- Âami ! Bienvenue… Je ne t’attendais pas aujourd’hui…
- J’avais oublié mon ordonnance, répond-il en désignant l’escalier. Elle vient de fuir comme une voleuse !
- Qui ça ?
- Ibtissem… Pourquoi lui avoir donné mes clefs ?
- Mon oncle, elle me faisait de la peine, et aujourd’hui, j’ai des invités ! On n’a pas assez d’espace, vous le savez, s’excuse-t-elle. Je voulais faire une bonne action !
Le vieil homme peste contre sa fille.
- Maintenant, je vais devoir changer les serrures ! Ce n’est plus ma fille ! Pour moi, elle est morte et enterrée ! Il retourne chez lui et claque la porte. Il va à sa chambre pour prendre l’ordonnance qu’il avait oubliée dans la veste qu’il portait tous les jours. Il vérifie qu’elle n’ait rien pris. La petite mallette se trouve encore dans la garde-robe. Les bijoux aussi.
- Ainsi, elle n’a rien pris ! s’étonne-t-il. L’ordonnance en main, il retourne au salon, et en voyant le téléphone décroché, il se rappelle que Fella attendait qu’il reprenne l’appel. Il lui présente ses excuses. Il l’avait complètement oubliée.
-Excuse-moi… Ibtissem était ici ! La voisine lui avait donné les clefs ! Elle vient de partir. Je n’avais pas la force de courir après !
- La police est sur ses traces. Ils la suspectent d’avoir agressé un pharmacien !
- Mais qu’est-ce qui lui a pris ?, s’écrie-t-il. Elle est devenue folle ? Peut-être qu’elle se drogue ?
- Je ne sais pas. Mais où qu’elle aille, ils la retrouveront ! Elle ne pourra pas les fuir éternellement ! Elle n’a pas où aller, la pauvre…
Une fois dehors, Ibtissem a arrêté de courir, ne voulant pas qu’on la remarque. Elle a croisé des agents de sécurité mais aucun d’eux ne l’a regardée. Elle se rend à la banque et retire ses économies. Elle a décidé de quitter la région. Elle décide de partir à l’autre bout du pays. Elle se rend à l’aéroport, achète un billet pour Annaba. Elle doit patienter plusieurs heures. Elle ressort de Dar-El-Beïda et entre dans un taxiphone. Elle appelle chez Madjid.
Une femme en pleurs décroche. Ibtissem peut entendre des lamentations. Il y a du monde chez eux.
- Est-ce que Madjid est là ?, demande-t-elle.
- Non, Madjid n’est plus. Il nous a quittés…

(À suivre) A. K.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER