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Autres / Récit de Adila Katia

67e partie

Les regrets ne changent rien

©Dessin/Mokrane Rahim

Résumé : Ibtissem s’est cachée dans sa chambre alors que son père rentrait. Fella rappelle et lui dit qu’Ibtissem a appelé de ce numéro. Il va voir la voisine qui avoue lui avoir donné les clefs. Ibtissem profite de cet instant pour partir en courant. Son père ne peut la rattraper. Ibtissem décide de quitter Alger. Elle a idée d’appeler chez Madjid. Elle apprend sa mort…

Ibtissem, qui souhaitait la mort de Madjid, se rend compte que la nouvelle ne la réjouit pas. Elle qui était impatiente de le savoir mort, réalise que la police n’allait plus chercher un agresseur. Elle est devenue une criminelle. S’ils savent que c’est elle, tous les services de police vont la traquer.
“Il est mort”, se dit-elle. “Sa famille est privée de son amour et de la sécurité que sa présence apportait ! Ils vont connaître ce que j’ai enduré…”
Mais Fethi ne reviendra pas. Sa mère non plus. Ibtissem sort le portrait de ses parents et caresse le visage de sa mère. Des larmes coulent. Elle range le portrait et sort son porte-monnaie.
- Ça va ? lui demande l’employé du taxiphone. Vous allez bien ?
Ibtissem ne répond pas. Elle pose un billet et part, sans prendre sa monnaie. Dehors, le soleil lui semble plus brûlant que d’habitude. Le bruit de la rue semble avoir amplifié. Elle se sent à bout. Elle a encore mal à la tête. Qu’est-ce qu’elle ne ferait pas pour se reposer ?
Mais comment trouver le repos ? Madjid n’est plus de ce monde et la police allait la chercher. Elle n’a pas où se cacher. Son oncle l’avait chassée. Il avait ses raisons. Il avait raison. Il faudrait avoir l’esprit tordu comme le sien pour accepter de la garder. Elle entre dans une librairie et achète du papier à lettres et des enveloppes. Elle va s’asseoir dans le jardin public et sort le papier. Elle écrit une courte lettre à son oncle.
“Je sais que j’ai mal agi. J’ai déçu tous ceux que j’aimais. Trop de personnes souffrent à cause de moi. Je vous demande pardon, même si mes regrets ne changent rien. Jamais plus je ne serais la même, jamais plus vous n’entendrez parler de moi.” Ibtissem ne la signe pas. Il saura que c’est elle. Il reconnaîtra son écriture. Elle écrit l’adresse sur l’enveloppe. Sur la deuxième lettre, elle ne trouve pas la force de s’épancher. Juste le mot “Pardon”, à l’intention de son père. Celui qui l’avait aimée et gâtée au point qu’elle se  prenait pour le nombril du monde.     
Les deux enveloppes sont baignées de larmes. Maintenant qu’elle les avait écrites, il ne lui reste plus qu’une chose à faire. En finir…
La mort lui paraît bien douce par rapport à ce qui l’attend. Elle ne veut pas tomber entre les mains de la police. Mais elle n’a pas où se cacher. Si la police l’arrête, c’en était fini pour elle. Même si elle a tué Madjid, elle ne veut pas se retrouver sur le banc des accusés et aller en prison. C’est un autre enfer, et elle ne veut pas y goûter.
En fait, elle y est déjà. Parfois elle se donne raison, se réjouit même de la mort de Madjid, mais parfois elle regrette sincèrement. Elle n’aurait pas dû se lancer dans cette aventure qui aura tout détruit dans sa vie. Il ne reste ni famille ni amie vers qui se tourner. Elle est seule avec ses regrets qui lui empoisonnent le cœur. Elle range ses affaires et prend un taxi. Une heure après, elle se retrouva en face de la mer. Il vente, et les vagues ne cessent de venir à ses pieds, comme pour la tenter d’entrer dans l’eau.
Elle est tentée, attirée par les vagues. Sur la plage, il y a un couple qui marche main dans la main. Le cœur serré, elle se rappelle de bons souvenirs d'elle et de Fethi.  Le temps où elle était heureuse est si loin.
“C’est de ma faute. J’ai fauté grave. Je n’ai plus rien à faire dans ce bas monde…”
Ibtissem marche jusqu’à la buvette, commande une petite bouteille de jus et échange quelques mots avec le jeune serveur qui la tient.
- Est-ce que je peux vous confier mon sac ? lui demande-t-elle. Il pèse sur mon épaule, prétexte-t-elle.
- Ah, je ne sais pas...
- Vous pouvez vérifier son contenu ! Il n’y a ni drogue, ni bombe… rien d’interdit, dit-elle avec un sourire. Je veux juste me balader légère ! Je reviendrais le récupérer dans une heure…
- Bon ! Puisque que vous insistez !
Elle lui donne son sac, le remercie puis s’éloigne vers la plage. Elle marche devant elle longtemps. Quelques couples la croisent mais ne prêtent pas attention à elle. Elle se détournait d’eux. Le vent continuait à souffler et à jouer avec les vagues. Il la poussait vers l’eau. Ibtissem se laisse porter par le vent, avançant dans l’eau. Les vagues l’emportent au loin…

(À suivre) A. K.


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