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Récit de Adila Katia

“Les secrets…” 8e partie

Premier chapitre : “L’enfant qui changera ma destinée…”
Résumé : Khalti Meriem tente d’en savoir plus auprès d’une infirmière. Un médecin examine Zina. Khalti Meriem demande à Zaher d’appeler la famille de Zina. Il n’y a pas de téléphone. Zaher remet leur adresse à sa voisine qui se chargera de les informer. Guemra et hadj Ahmed prennent aussitôt la route et retrouvent leur gendre à la maternité. Un obstétricien a été appelé…


Guemra a l’impression d’être là depuis des heures. Les infirmières vont et viennent, complètement indifférentes à ces “s’il vous plait…”.  
Aucune d’elles ne lui répond ni même la regarde.
- On est invisibles ma parole ! s’écrie-t-elle. El-hadj, tu devrais parler au chef de service ! Il y a bien quelqu’un qui pourrait nous renseigner !
Notre fille est au bloc et on ignore ce qu’ils lui font !
- Si elle est au bloc, c’est qu’ils doivent intervenir ! Personne n’a accès à ce service ! Une fois qu’ils auront terminé, ils viendront nous dire ce qu’il en est, dit le vieux père.
Tu ne crois tout de même pas qu’ils nous cachent quelque chose ?
- Et si c’était le cas ? réplique Guemra en se griffant la joue. Je deviendrais folle ! Je deviendrais aveugle ! Je préfère mourir que de la voir partir ! Elle est si jeune ! Elle n’a pas encore goûté à la vraie vie !
- Qu’est-ce que tu insinues ? l’interrompt Zaher en se levant, pour s’approcher d’elle. C’est quoi la vraie vie pour toi ?
Les portes du service s’ouvrent. Un homme en tenue bleue apparaît suivi d’une infirmière.
- Où est la famille de la femme ?
- C’est nous, dit Zaher. Je suis son mari et voici ses parents ! Comment va ma femme ? Et le bébé ?
- Votre femme va bien. En fait, elle aurait pu y passer ! J’ai dû intervenir rapidement…
- Mais elle avait des contractions, s’écrie Zaher. Elle allait accoucher normalement !
- Peut-être… mais d’après les examens, le bébé était en siège et elle avait une hypertension… Je ne pouvais pas prendre le risque de la perdre ! J’ai pratiqué une césarienne.
Elle devrait vite s’en remettre ! Je compte sur vous, pour la soutenir ! Elle passera par une mauvaise période. Elle a besoin de vous… Toute la famille est sous le choc. Le pressentiment de Zina s’était confirmé. Guemra pleure comme si elle avait perdu sa fille car elle sait combien elle tenait à ce bébé.
- Qu’est-ce qu’on lui dira ? Je crois que personne ne pourra la réconforter ! Ma pauvre fille…
Elle voulait être mère !
- Ce qui compte pour moi, c’est qu’elle soit en vie ! dit Zaher. Je peux vivre sans enfant vu qu’on n’en a jamais eu ! Je ne pourrais pas me passer d’elle… Je ne vois pas la vie sans elle !
- Est-ce qu’on peut la voir docteur ?
- Non, pas avant quelques heures. Allez-vous reposer, leur conseille-t-il. Courage…
Mais aucun des trois n’est prêt à quitter la maternité.
Ils restent dans le hall, parfois assis, parfois à tourner en rond en attendant que le jour se lève puis qu’on leur permette de voir Zina. Une infirmière leur a appris qu’elle a été emmenée en salle de réanimation.
- Des collègues vont lui changer les pansements. Avez-vous apporté des vêtements de rechange ?
Guemra lui remet la petite valise et voudrait accompagner l’infirmière mais celle-ci refuse.
- Patientez encore une heure ou deux, après vous pourrez la voir et rester un peu avec elle !
Ils prennent leur mal en patience. Zaher et hadj Ahmed sortent prendre un café. Ils apportent une boîte de jus à Guemra mais elle ne peut rien avaler. Quand l’infirmière revient et lui fait signe de l’accompagner, elle soupire et la suit jusqu’à la salle de réanimation. Elle s’approche du lit de sa fille qu’elle entend renifler. Guemra a si mal au cœur qu’elle y porte la main.
Elle ne supporte pas de voir Zina pleurer. Ce ne seront ni les mots ni les gestes affectueux qui pourront la réconforter et guérir la blessure qu’elle porte en elle…

(À suivre) A. K.