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Autres / Récit de Adila Katia

58e partie

L’inaccessible

©Dessin/Mokrane Rahim

Cinquième chapitre :  Malgré elle…

Résumé : Un soir, quand elle rentre, elle le trouve en train de bouder. Elle est trop épuisée pour s’inquiéter. Plus tard, elle le surprend en train de fouiller dans son sac. Il veut une photo de son père et connaître toute leur histoire. Maria se met à mentir. Elle n’a aucune envie qu’il sache la vérité…

Les yeux de Maria brillent de tendresse. La voix basse d’émotion, elle lui dit :
- J’ignorais que tu connaissais la légende de Hiziya et Saïd ! Roméo et Juliette à l’algérienne ! Que sais-tu de la fin ? demande-t-elle en souriant à travers ses larmes.
- Certains racontent qu’ils se sont enfuis et vivaient loin des leurs qui n’avaient jamais accepté leur amour. Un jour, elle portait un burnous et Saïd, en rentrant, de loin, l’avait prise pour un ennemi qui rôdait autour de leur tente et la tua ! Dans une autre, ils racontent qu’elle avait un prétendant, un caïd qui voulait l’enlever le jour de son mariage. Il avait attaqué le cortège. Hiziya n’a pas pu rejoindre Saïd. Elle est morte dans le désert, elle et toutes les personnes qui l’accompagnaient. Saïd ne s’en était jamais remis !
- Il n’y a pas une autre version ? demande-t-elle, pour gagner du temps.
- D’autres, des descendants de Saïd racontent qu’elle est morte empoisonnée par ses oncles maternels pour laver l’affront. Car ils ne voulaient pas de ce mariage !
- Pauvre Hiziya ! Cet amour était condamné d’avance ! Mais leur histoire d’amour est entrée dans la légende le jour où Saïd a demandé à un poète d’écrire en sa mémoire, immortalisant leur histoire ! Le poème est devenu une belle chanson que de grands chanteurs ont repris, wlidi !
- Mais toi maman, t’es pas Hiziya et mon père n’était pas Saïd, dit Salem. Pourquoi vous ne vous êtes pas mariés ? Qu’est-ce qui vous a séparés ? Pourquoi tu ne m’as jamais parlé de lui ? J’en connais plus sur Saïd que sur lui !
-Wlidi laâziz, si je ne t’ai pas souvent parlé de lui, c’est pour que tu ne ressentes pas son absence ! Il est mort avant qu’on soit passé à la mairie ! Yahia… est mort par accident !
- Non !
Maria hoche la tête. Pour elle, il est mort. Elle ne veut pas que son fils se mette à chercher après lui. Ils sont bien sans lui.
- Ya omri…
Salem ne pleure pas mais il est bouleversé par la nouvelle.
- Qu’est-ce que tu croyais ? Que je t’avais menti pour couvrir sa lâcheté ? Non, ton père n’est plus !
- Il t’aimait ?
-Oui et je sais qu’il t’aurait beaucoup aimé, lui dit-elle. Tu es le fruit d’un amour comme il n’y en a pas eu d’autre !
- Tu as des photos de lui ? Ne me dis pas non ! Je veux le voir… Maintenant !
- Mais je suis épuisée ! Je dois les chercher, prétexte-t-elle. Ça peut attendre demain ?
Mais l’adolescent ne l’entend pas de cette oreille. Il est déjà debout et ouvre sa garde-robe.
- Tu les as mis dans des albums ? Dans des enveloppes ?
- Donne-moi le temps de me rappeler, réplique-t-elle.
Je suis crevée !
- Maman, aide-moi ! Je ne veux pas mettre le désordre dans tes affaires, la prévient-il. Mais si je dois me débrouiller seul, tu peux être sûre que tu ne reconnaîtras plus l’appartement après mon passage ! Maria quitte son lit et sort de la chambre.
Elle avait rangé la mallette dans le placard de la chambre de son fils. Salem écarquille les yeux. Elle ouvre puis prend une chaise pour monter dessus. La mallette contenant les albums où on pouvait les voir ensemble est rangée en haut. Elle la tire et manque de tomber avec. Heureusement que son fils n’était pas loin pour la retenir.
Il la lui prend des mains et l’ouvre. Il en sort deux gros albums. Il est surpris par le nombre de photos.
- Vous avez eu le temps de voyager ensemble mais jamais pour vous marier à la mairie !
lui reproche-t-il. Pourquoi vous m’avez fait ça ?
- On espérait que nos familles finiraient par accepter notre relation !
Le visage rouge de colère et d’émotion, il regarde le portrait de Yahia, et Maria manque de se trouver mal, en voyant ses larmes contenues.
- H’ram alikoum ! à cause de vous, je suis un bâtard ! Un enfant illégitime dont tout le monde se moquera !

(À suivre) A. K.


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