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Autres / Récit de Adila Katia

67e partie

L’inaccessible

©Dessin/Mokrane Rahim

Cinquième chapitre :  Malgré elle…

Résumé : Dalila donnerait tout pour avoir des enfants. Son mari les adore. Salem part, au grand soulagement de Maria. Celle-ci fait jurer à son amie de ne rien dire de ce qu’elle sait à son fils. Plus que jamais, elle a conscience que ses propres mensonges risquent de gâcher la relation mère-fils…

- Eh bien, on peut dire que tu voulais à tout prix qu’on vienne à ton chevet ! dit Ferrouz qui est venue accompagner de Salem et Ali, mais elle entre seule dans la chambre. Bonjour ! dit-elle en lui faisant la bise. Comment te sens-tu aujourd’hui ?
Elle dépose un petit sac sur la table.
- Ça va, répond Maria. C’est juste la tension mais depuis hier soir, hamdoullah, elle est presque normale ! Si elle reste dans les normes, demain, je serai sortante !
- Incha Allah ! Veux-tu goûter mon gratin sans sel tant qu’il est chaud.
- Je préfère le laisser pour plus tard… Que font les garçons dehors ?
- Le médecin voulait parler à Salem, je crois ! Que s’est-il passé ? As-tu des problèmes au boulot ? Avec les voisins ?
- Si ce n’était que ça… Non, c’est avec Salem. Il ne m’écoute pas, lui confie Maria sans lui donner la vraie raison. Il n’en fait qu’à sa tête !
- C’est l’âge ingrat ! J’ai son clone à la maison ! Anti-ordre, anti-propreté, anti-rangement, énumère Ferrouz, arrachant un rire à Maria. Sa chambre est sens dessus dessous ! Quand je m’y mets, je te jure que parfois j’ai des palpitations ! Mais c’est ça l’adolescence ! Passage obligé ma chérie…
- Oui, tu as raison !
- Tu sais, parfois, quand je vois les jeunes qui viennent au salon et qui ont pris le mauvais chemin... ! Tu devrais les voir, avec des cheveux longs, la cigarette et la drogue ! Avec des copines ! Non, mon amie, wallah, je te jure, on n’a pas à se plaindre ! Les nôtres ont mauvais caractère mais ils sont récupérables ! En grandissant, ils appliqueront ce qu’on tente de leur apprendre aujourd’hui !
- Tant qu’ils sont de bons élèves, leurs défauts sont pardonnables ! dit Maria. Je prie de tout cœur pour qu’ils soient raisonnables !
- Ne te rends pas malade pour des futilités ! Ne pense pas à l’avenir ! à chaque jour suffit sa peine ! Maria le voudrait bien. Mais elle ne peut s’empêcher d’y penser. Les deux adolescents ne tardent pas à les rejoindre. Salem est tout rouge. Elle devine que le médecin avait dû lui mettre en tête que toute contrariété compliquera l’état de santé de sa mère.
- Tu m’as manqué, lui dit-elle. Tu es mon soleil, j’ai l’habitude de me lever avec toi, et ce matin, tu n’étais pas là !
- Ton soleil ? Pfffff, souffle-t-il. Je ne suis pas un bébé ! Chwiya maman !
- Une mère montre toujours son amour à ses enfants !
- Quand ils sont seuls, glisse-t-il.
- Message reçu, dit Maria.
Elle a envie de lui dire “je t’aime” mais se retient à la dernière seconde. Elle l’écoute parler du match de la veille qui opposait deux grandes équipes européennes. Il lui rappelle qu’il doit aller à ses entraînements.
- Tu n’as pas pris ton sac de sport ?
- Non, je voulais rester avec toi !
- Je vais bien, le rassure-t-elle. Je préfère te savoir à ton entraînement, car le médecin ne t’autorisera pas à rester !
Ferrouz s’est levée. Elle s’excuse de ne pas pouvoir tarder.
- J’ai laissé les femmes de ménage dans le salon. Je t’appelle plus tard ! As-tu besoin de quelque chose ?
- T’inquiète tata ! Je suis là. Je m’en occupe…
Les deux amies échangent un clin d’œil. Salem veut prouver qu’elle a fait de lui un homme. Dans son cœur et elle ne le lui a jamais caché, elle est fière de lui. Ferrouz l’embrasse et repart seule. Ali et Salem partent un peu plus tard.
Maria se sentira mieux le jour où elle saura qu’il se contentera de sa présence uniquement.
Dalila l’appelle pour prendre de ses nouvelles. Elle n’est pas venue. Maria se demande si elle a parlé d’elle à Souad ou même à Yahia. Elle espère qu’elle ne l’a pas trahie. Elle ne veut pas avoir à prendre ses bagages une nouvelle fois et partir ailleurs, comme elle l’avait si souvent fait dès qu’elle sentait la situation lui échapper.
à cette époque, Salem était petit. Maintenant qu’il est grand, il n’acceptera pas de quitter le quartier où il a grandi. Quoi qu’elle fasse, ce devra être avec son accord. Et il n’est pas du genre à marcher à la baguette. Comme son père…

(À suivre) A.K.


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