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Autres / Récit de Adila Katia

78e partie

L’inaccessible

©Dessin/Mokrane Rahim

Cinquième chapitre :  L’autre verité…

Résumé : Yahia considère son fils comme un don d’Allah, un remède pour oublier sa fille disparue quelques mois plus tôt. Tout comme Salem, il accable Maria de reproches. Elle lui a donné un fils et il fera tout pour gagner sa confiance et son amour. Elle ne veut pas le perdre. Cela affole sa tension. Le neurologue lui conseille de se calmer. Ainsi elle aura toute la vie pour se chamailler avec lui et le retrouver une fois la colère tombée…

Maria s’énervait à chaque coup de fil passé si bien qu’en début de soirée, l’infirmière n’a pas trouvé mieux que de lui administrer un calmant. Elle sombrera dans un sommeil qui est loin de lui apporter le repos. Elle rêve son fils prenant son sac et partant à l’aventure. Elle se réveille en sueur. L’alarme du diascope retentit plusieurs fois. La chef de service accourt. Sa tension ne cesse de les affoler.
- Que se passe-t-il ? Pourquoi êtes-vous dans cet état ?
- J’ai fait un cauchemar, murmure Maria. Pouvez-vous me donner mon portable ?
- Comme vous le constatez, ce n’était qu’un mauvais rêve ! Vous devez vous calmer ! lui dit la chef de service en lui remettant son portable.
- Je le voudrais tant…
Maria appelle Salem plusieurs fois, mais il ne décroche pas. Elle grince des dents et manque de balancer son portable contre le mur, mais une garde-malade entre et lui apporte le petit-déjeuner.
- Merci, mais je n’ai aucune envie, dit Maria, les yeux larmoyants.
- Il faut vous nourrir. Imaginez la joie de votre famille s’ils trouvent votre état meilleur que la veille ! Faites un effort pour eux ! Si vous voulez, je repasserai vous aider à faire votre toilette ! Je pourrais vous peigner !
- C’est gentil mais ce n’est pas la peine !
La garde-malade n’insiste pas. Elle laisse le petit-déjeuner sur la table et sort. Maria donne libre cours à ses larmes.
Elle recompose le numéro de Salem puis appelle à la maison, mais personne ne répond. Elle en conclut qu’il est toujours fâché. Elle appelle Ferrouz et demande si son fils est avec eux. Celle-ci ne l’a pas vu depuis une semaine. Ali est à l’université. Maria ne lui dit pas qu’elle se trouve à l’hôpital.
- Ferrouz, je me suis disputée avec lui. Peux-tu demander à Ali si Salem est avec lui ?
- Donne-moi le temps de l’appeler ! la prie son amie
Elle raccroche et attend un long moment avant que Ferrouz ne la rappelle pour lui apprendre qu’ils ne se sont pas vus depuis deux jours. Maria panique. Elle pense au pire. Et s’il n’était pas parti ? Et s’il avait choisi de mettre fin à ses jours ?
Elle rappelle plusieurs fois. Il ne décroche toujours pas. Quand elle reçoit un message, elle pense à une publicité de l’opérateur mais c’est lui. Son cœur manque un battement avant de reprendre sa course folle. “Jamais je ne te pardonnerai de nous avoir menti et trompés toutes ces années. J’espère que tu crèveras ! Tu n’es plus ma mère !”
Maria le relit et perd connaissance. La garde-malade venue récupérer la vaisselle donne l’alerte. L’équipe des urgences intervient vite. Sans cela, elle aurait pu mourir…
Yahia a été le premier joint par la chef de service, à qui on explique qu’elle a failli y passer. Il se presse de se rendre à son chevet. Il avertit Dalila qui le rejoint à l’hôpital. Elle pleure en voyant son amie. Maria a perdu l’usage de son bras droit. Sa bouche tire sur la droite quand elle tente de parler.
- Elle a fait un AVC et elle aurait pu en mourir ! Vous devriez joindre son fils, conseille la chef de service. Il était là hier !
Dalila prend le portable de son amie et appelle Salem. Ce dernier ne répond pas.
- Elle l’a appelé une centaine de fois, constate-t-elle. Yahia, ils sont fâchés ! Regarde ce qu’il lui a écrit !
Yahia hausse les sourcils tout en le lisant. Il n’est pas étonné.
- Les ados sont impitoyables quand ils sont furieux, dit-il. Sa colère finira par passer. Il reviendra vers elle avec de meilleurs sentiments. Il ne peut pas effacer toutes ces années d’amour ! Elle était une mère protectrice…
- Non, elle l’est ! Allons chercher Salem ! Il doit être à la maison ! Il doit revenir maintenant avant qu’il ne soit trop tard…

(À suivre) A. K.


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