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Autres / Récit de Adila Katia

81e partie

L’inaccessible

©Dessin/Mokrane Rahim

Cinquième chapitre :  L’autre verité…

Résumé : Salem ne veut pas les écouter. Il croit qu’ils en rajoutent pour qu’il aille au chevet de sa mère. Yahia et Dalila repartent à l’hôpital. Même s’il lui en veut, Yahia a encore des sentiments pour elle. Et beaucoup de regrets…

- Maman, mais qu’est-ce que tu fais là ?
Hanane s’approche et lui caresse la joue, d’une main douce que seule une mère peut avoir.
Maria bat des paupières, comme pour s’assurer qu’elle est bien réveillée et la lumière blanche la gêne un peu.Elle tourne la tête et se rend compte qu’elle n’est plus à l’hôpital mais dans la demeure familiale où elle avait grandi. Même sa sœur est là, près de l’entrée, appuyée au chambranle, la main sur la hanche.
- Approche, lui dit-elle en tendant la main vers elle, mais sa sœur ignore son geste. Comment suis-je arrivée ici ? Il y a si longtemps que je ne suis pas venue, confie-t-elle à sa mère. Comme vous m’avez manquées !
- Tu n’aurais pas dû te fâcher avec la famille, lui reproche sa mère. Regarde autour de toi ! Tu es seule…
- Mais vous êtes là et j’ai mon fils !
- Il est grand maintenant ! Et puis, il est fâché, il t’en veut à mort !
- Ce n’est pas une raison pour que je l’abandonne maintenant, dit Maria avant de remarquer qu’il dort sur une chaise, au pied du lit.
Elle voudrait lui caresser les cheveux mais elle ne peut pas bouger le bras. La douleur la fait grimacer.
- Je ne vais pas faire la même erreur que toi, dit Maria en pleurant.
J’ai souffert quand vous m’avez quittée ! D’ailleurs qu’est-ce que vous faites là ?
- Je suis venue corriger mes erreurs, dit Hanane. Je t’ai même apporté un cadeau !
Elle sort un écrin en velours et l’ouvre devant elle pour lui montrer une belle montre en argent. Maria a une moue et secoue la tête.
- Tu n’aurais pas dû ! Tu peux l’offrir à ma sœur ! C’est elle que tu as choisi d’emmener dans ce voyage ! Tu ne voulais pas de moi ! C’est ta préférée !
- Une mère aime tous ses enfants !
- Tu m’aurais prise avec toi ! Je me rappelle t’avoir suppliée de ne pas me laisser !
- Mais je suis là maintenant ! Tu viens avec moi !
- Non, je refuse ! réplique Maria. Tu apporterais tout l’or du monde que je n’abandonnerais pas Salem ! Je ne ferais pas la même erreur que toi !
- Je vais me fâcher ! Tu ne me reverras plus !
- J’ai appris à vivre sans toi, sans vous ! La présence de mon fils compte ! Partez, partez…
 ****
- Dites-leur de se dépêcher !, crie l’infirmière tout en tentant de la réanimer sous le regard effrayé de Salem. Sors d’ici petit ! lui crie-t-elle. Laisse-nous faire notre travail !
- Mais qu’est-ce qui s’est passé ?
- Son cœur s’est arrêté ! Sors !
Mais Salem ne sort pas. Il s’écarte quand on apporte le défibrillateur alors que l’infirmière continuait son massage cardiaque.
Elle les aide à coller les électrodes sur sa poitrine. L’infirmier appuie sur le bouton qui délivre des électrochocs, plusieurs avant que son cœur ne se remette à battre à leur grand soulagement.
Salem s’approche et regarde sa mère battre des paupières. Elle s’agite et l’infirmière la saisit par les bras pour l’en empêcher.
- Calmez-vous ! Ne bougez pas…
Salem qui est tout près croise le regard de sa mère et il lui semble qu’elle ne le reconnaît pas.
- Calmez-vous ! insiste l’infirmière. Ne vous inquiétez pas… Serrez-moi la main si vous me comprenez ! Ou clignez des yeux !
- Maman, je suis là !, s’écrie-t-il en s’approchant pour prendre sa main. Je suis là… Wellah... Accroche-toi ! T’es une battante ! Tu ne peux pas m’abandonner maintenant !
Maria cligne des yeux puis serre la main de Salem qui fond en larmes.
- Maman, je t’aime… Je voulais que tu saches que tout le reste n’a pas d’importance !
- Sortez ! Laissez-nous faire notre boulot, le prie l’infirmière.
- Est-ce qu’elle va s’en sortir ?
- Incha Allah mon garçon !
Salem s’écarte et les regarde emmener sa mère dans un autre service. Il les a suivis dans le couloir. Il tombe sur Dalila venue aux nouvelles. Elle l’accueille dans ses bras. Il pleure sur son épaule. Il regrette de ne pas être venu avant…

(À suivre) A. K.


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