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Autres / Récit de Adila Katia

84e partie

L’inaccessible

©Dessin/Mokrane Rahim

Cinquième chapitre :  L’autre verité…

Résumé : Maria passera quelques semaines à l’hôpital. Salem a engagé une dame pour s’occuper d’elle et de la maison. Maria se rétablit doucement. Un soir, il la prie d’allumer son portable qu’elle gardait éteint. En l’ouvrant, elle ne s’attendait pas à trouver des messages de Yahia…


Si, lui, il tient à reprendre avec elle, Maria n’en a aucune envie. Ses priorités sont sa santé et son fils. Ce dernier à la fac ne lui pose pas de problèmes. Depuis qu’elle a failli y passer, il se garde de la contrarier. Il ne lui a plus jamais parlé de son père. Elle sait qu’ils se voient et qu’il a dû découvrir qu’il a une sœur plus jeune que lui. Elle ignore s’ils se sont vus, si Salem s’est rendu chez son père.
Maintenant qu’elle pense à son insistance à ce qu’elle allume son portable, elle se demande si ce n’est pas lui qui a remis son numéro à Yahia. Elle se doute bien qu’ils doivent parler d’elle, en bien, en mal. Elle reconnaît avoir été égoïste, en ne voulant pas le partager avec son père. Aujourd’hui, ils sont ensemble. Peut-être même que Salem sèche les cours pour profiter de sa présence. Il a vécu sans lui, par sa faute. Et comme le destin ne s’est pas gêné pour les réunir, même s’ils ne le lui disent pas, elle passe pour la mauvaise. Si Yahia confie à Salem qu’il veut reprendre avec elle, elle n’aura plus la paix. Elle se doute bien que son fils la pressera d’accepter pour être dans la légitimité.
Maria décide d’ignorer ces messages. Mais c’est compter sans son fils qui lui a donné son identifiant sur Skype. Elle n’accepte pas tout de suite son invitation. Yahia semble vouloir reprendre en douceur, vu qu’il pourrait venir chez elle profiter de la présence de leur fils durant le week-end et s’imposer, mais il ne le fait pas. Il veut certainement connaître le fond de ses pensées avant.
Quelques jours après, elle accepte l’invitation. Elle n’active pas la caméra et le micro, utilise juste le clavier pour répondre à ses questions.
Yahia lui a mis sa caméra et il semble bien déçu qu’elle refuse de se montrer. Mais il ne lui fait aucun reproche.
“- Comment te sens-tu ? As-tu mal ? Comment se passent tes séances de rééducation ?”
Elle le regarde et il lui semble qu’il la voit aussi. Elle vérifie que sa caméra est désactivée. Il a ce sourire charmeur, ne cachant pas sa joie d’être avec elle. Ils allaient enfin “discuter” après toutes ces semaines. Il sait qu’elle le voit et que si elle a encore un peu d’amour au fond de son cœur elle en sera toute émue.
Comme avant. Il suffisait qu’il lui sourire pour qu’elle oublie leurs querelles d’amoureux. Pour qu’ils se retrouvent…
“- T’es là ? ça va ?”
“- Bien, finit-elle par écrire. Je me sens beaucoup mieux et je n’ai presque plus mal sauf quand j’en fais trop… Je vais beaucoup mieux !”
Elle ne demande pas de ses nouvelles.
 “- Louanges à Dieu, Salem aurait pu te perdre, écrit-il avant d’ajouter :  Je ne veux pas le voir souffrir…”
“- C’est un jeune homme maintenant ! Il peut se passer de moi, écrit-elle. Ce ne serait pas comme quand on perd sa maman lorsqu’on est enfant !”
“- Je me rappelle que tu as perdu ta mère et ta sœur, écrit Yahia, le visage soudain sombre. Tu as souffert de leur absence !”
“-Oui…”
“- Alors pour une femme qui a connu cette douleur et ce manque, comment as-tu pu priver notre fils de mon amour ? Tu nous as privés de tant d’années ! Pourquoi avoir été aussi égoïste ?”
Maria hausse les épaules. Ils ne comprendront jamais son acte quoi qu’elle dise.
“-Vous avez toute la vie maintenant ! écrit-elle. Pour tisser des liens, vous aimer…”
“-Maria, je voudrais te voir ! Allume ta cam... Je t’en prie ! Ou sinon décroche quand j’appelle !”
“-Pourquoi ?”
“-Je meurs d’envie d’entendre ta voix…”
Elle le regarde dans l’écran, prendre son portable et composer son numéro. Elle entend son portable vibrer. Elle décide de ne pas décrocher.
“-Pourquoi ignores-tu mon appel ? Faut-il que je vienne frapper à ta porte ? Pour te forcer à me voir, à te parler… car outre le fait que tu me manques, il faut qu’on parle de l’avenir de Salem…”

(À suivre) A. K.


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