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Autres / Récit de Adila Katia

Récit de Adila Katia

Mi-ange, mi-démon 14eme partie

Résumé : Nadia est contrainte à renoncer à son envie de dénoncer son frère. Elle est malade d’angoisse en rentrant chez elle. Elle pense à son mari, son beau-frère et aux autres qui risquent  de mourir à cause de son frère Saïd. Devant mettre au courant sa sœur Malika, elle se rend à Blida ...

Il est près de seize heures lorsque Nadia arrive à Blida. Elle a l’impression que c’est la journée la plus longue de sa vie. Depuis qu’elle sait, elle ne se sent plus la même. Son cœur est partagé. Elle aussi voudrait croire au miracle mais elle sait que Saïd ne s’arrêtera pas en si bon chemin. L’argent volé lui permet de mener la belle vie. Saïd doit faire tourner la tête aux filles qu’il rencontre. En plus d’avoir les poches pleines de billets, il est beau garçon et qui pourrait s’imaginer ou se douter qu’en fait, c’est un criminel.
Malika doit surveiller son arrivée. Nadia l’entend ouvrir alors qu’elle monte les escaliers. Elle l’attend sur le palier. Son coup de fil l’a inquiétée.
- Omar et Aziza ne sont pas venus avec toi, pourquoi, l’interroge-t-elle. Te serais-tu querellée avec lui ?
- Si ce n’était que ça, répond Nadia en la suivant chez elle. Malika, il est question de vies.
- Je ne comprends pas ! dit sa sœur en s’asseyant alors que Nadia ne tient pas en place. Viens t’asseoir !
Mais Nadia ne peut pas. Elle doit attendre que Malika ait renvoyé ses enfants à leurs chambres pour lui raconter. Malika est devenue aussi blême qu’elle. Elle ne voudrait pas y croire mais le sujet n’est pas à la plaisanterie. Nadia s’est remise à pleurer.
- C’est vraiment désespéré ?
- Mais je ne peux pas croire que Saïd soit un terroriste, dit Malika. Jamais il ne pourra faire de mal à une mouche. Je connais son extrême sensibilité, j’ai l’impression que tu m’as parlé d’un étranger !
- Il l’est devenu, confirme Nadia. Il a changé au point de devenir quelqu’un de dangereux et qui peut s’en prendre à mon mari, au tien, insiste-t-elle. Il fallait que je te mette au courant du danger qu’il court maintenant !
- Mais qu’est-ce que je vais dire à Yanis ? Méfie-toi de mon frère, c’est un terroriste ? Il ira sur-le-champ le dénoncer ! C’est horrible ! Pourquoi cela nous arrive-t-il ? Qu’est-ce qui a pu le changer à ce point ?
- Si seulement je pouvais le savoir, soupire Nadia en essuyant ses larmes. Tu le connais, il avait beau être gentil, tranquille et très proche de moi, il ne se livrait jamais à fond… Finalement, il ne s’est jamais confié !
- Même sans se confier, il ne peut pas se transformer en monstre d’un coup, remarque Malika. Peut-être qu’il a rejoint le groupe sous la menace, sous la contrainte ?
- Il n’aurait pas son sourire et cette arrogance, réplique Nadia. Tu le verrais ! Je voudrais tellement que ce cauchemar cesse. J’ai tellement peur de ce qui pourrait arriver à lui, à nos maris. À ton avis, faut-il attendre et espérer ? Ou le dénoncer même s’il faudra se passer du consentement de Ghania ?
- Je refuse qu’on aille trouver la gendarmerie contre sa volonté, dit Malika. On est contraintes à attendre tout en priant qu’il reviendra à la raison ! Il ne s’est pas encore sali les mains, le pire qui pourrait lui arriver serait qu’il tue !
- Pour Yanis et Omar, qu’est-ce qu’on fait, demande Nadia.
- Tu dis à Omar de reprendre son ancien poste, lui suggère-t-elle. Quant à mon mari, je lui dirai de rester quelque temps à la caserne ! C’est l’unique solution pour l’instant ! On ne va pas risquer la vie de nos maris !
Nadia aurait voulu rester un peu plus longtemps mais le taxi l’attend toujours en bas. Son mari et Aziza allaient rentrer et s’étonner de ne pas la trouver.
- On garde contact par téléphone, la vie continue malgré tout ! Essuie tes larmes…
Les deux sœurs s’étreignent longtemps. Nadia est comme soulagée d’avoir discuté avec elle. En partant, elle se sent mieux qu’à son arrivée. Elle a pu puiser de la force dans le calme serein de sa sœur. Il s’en est toujours dégagé d’elle.
Comme elle le lui a dit, la vie continue malgré tout. Une fois de nouveau chez elle, elle pense à ce qu’elle va dire à son mari pour qu’il retourne à Constantine, sans poser de questions.


À suivre
A. K.
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