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Autres / Récit de Adila Katia

Récit de Adila Katia

Mi-ange, mi-démon 39 eme partie

Résumé : Aziza refuse de venir avec elle. Nadia part chez ses parents. Ghania est surprise de la voir avec son sac. Elle se fâche en apprenant qu’elle a quitté son foyer parce que son mari a l’intention de dénoncer Saïd. Elle lui reproche d’avoir mis son mariage en péril. Elle n’aurait pas dû mais c’est le dernier des soucis de Nadia.

Si Ghania a été surprise de voir sa sœur, elle n’est pas étonnée, en ouvrant, de tomber nez à nez sur son beau-frère. Elle l’invite à entrer et le précède dans la cuisine où elle est en train de préparer le dîner.
- Comment  vas-tu ? lui  demande-t-il.
- Comme une vieille qui voit les êtres qui lui sont chers souffrir et ne pas pouvoir les aider, répond Ghania. La situation me dépasse… J’en souffre autant qu’eux. Mais toi, qu’es-tu venu faire ici ?
Elle sait que s’il est ici, c’est pour chercher Nadia, mais elle veut l’entendre de sa bouche.
- Je suis venu chercher Nadia… Elle est ici, n’est-ce-pas ?
- Oui, mais je doute fort qu’elle accepte de te voir, lui confie Ghania. Elle est très en colère… Pourquoi es-tu allé porter plainte contre Saïd ?
- J’en avais l’intention, lui apprend-il. Mais Yemma a refusé ! C’est difficile à croire et pourtant c’est vrai !
- Vous n’avez pas porté plainte ? Je n’y crois pas, lâche Ghania. Si Nadia est ici, c’est parce qu’elle sait que rien n’aurait pu t’empêcher de le faire !
- Je te jure que je ne l’ai pas dénoncé, insiste Omar. Si elle ne me croit pas, on ira au commissariat… J’y ai des amis, ils lui diront s’il y a plainte contre lui ou pas !
Ghania ignore pourquoi mais elle le croit. Elle va de ce pas mettre sa sœur au courant, Nadia n’y croit pas.
- Non, il était décidé… Rien n’aurait pu le retenir. Je l’ai menacé de quitter notre foyer et cela l’a laissé indifférent. Crois-tu que si j’avais eu un tout petit espoir, j’aurais quitté Aziza ? Non, mais il ne m’a laissé ni l’espoir ni le choix.
- Et toi, crois-tu que s’il l’avait dénoncé qu’il serait ici ? rétorque Ghania. Je ne le crois pas… Viens, la prie-t-elle. Tu vas retourner chez toi, auprès de ta fille !
- Oui, tu dois revenir à la maison…
Omar a suivi Ghania jusqu’à la chambre de Nadia. Il n’a pas pu s’empêcher d’écouter ce qui se disait et d’entrer pour la prier de rentrer avec lui.
- Je ne voulais pas te faire de mal, lui dit-il, alors qu’elle lui tourne du dos. Tu croyais vraiment que je l’enverrai en prison ?
- Pourquoi pas ? Tu me l’as affirmé haut et fort…
- C’était dû à la colère, à la peur, se défend-il, alors que Ghania quitte la chambre, tirant la porte derrière elle, voulant qu’ils se réconcilient en toute intimité. J’ignorais que tu partirais avant de savoir !
- Je n’allais pas rester avec toi alors que tu tenais à envoyer en prison mon unique frère… Ange ou terroriste, c’est mon frère et rien de ce qu’il a fait ou pourra faire ne compte à mes yeux !
- Aziza nous attend, lui confie-t-il. Elle refuse de dîner sans toi ! Je t’en prie…
- Rien ne me prouve que tu as renoncé à ton envie de le dénoncer, soupire Nadia. Je resterai ici pendant quelques jours. Si la police le recherche une nouvelle fois, ne t’attend pas à me revoir !
- Il n’a pas besoin de moi pour aller en prison… Il tombera dans son propre piège…
Ni toi ni moi ne pourrons les lui éviter !
- Tiens-toi à l’écart ! Je ne te demande pas plus ! réplique Nadia.
- Moi, je veux que tu rentres avec moi !
Nadia refuse. La présence de son mari et ses propos n’ont pas réussi à chasser sa colère. Même si elle le croit, elle ne rentrera pas avec lui, il lui reste quelques jours de congé et elle n’a pas de nouvelles de sa sœur Malika. Elle s’inquiète pour sa famille. Saïd les a déjà menacés et exigé d’eux de l’argent en échange de la paix. Nadia ne peut pas s’imaginer que le pire vient d’arriver à quelques mètres de là.


(À suivre)
A. K.  
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