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Autres / Récit de Adila Katia

1re partie

Seconde chance

©Dessin/Mokrane Rahim

Omar pousse un soupir en descendant du car. Il venait de faire un long voyage et rentrait au pays, après dix années d’absence.
Que ces années ont été longues ! Ce n’est que maintenant qu’il s’en rend compte. Il aurait dû revenir depuis longtemps.
Debout au milieu du trottoir, il ne bouge pas, se contentant de respirer l’air pur qui vient des montagnes. Du bout des doigts, il pouvait en toucher les cimes. Le paysage est si beau, avec ces figuiers et ces oliviers sur les flans des collines. Que de souvenirs ! Ces derniers l’envahirent d’un coup.
Omar se revoyait enfant, jouant avec ses cousins et d’autres garçons du village. Avant, ses parents habitaient sur les hauteurs, dans un hameau coupé du reste du monde, n’ayant qu’une piste pour les relier au village. Personne n’avait l’eau à la maison et toutes les femmes devaient s’approvisionner à la fontaine.
Petit, Omar avait souvent accompagné sa mère, tout comme Sonia. Celle-ci n’était pas de la famille. Ses parents avaient été chassés de leur village, pour des raisons qu’il ignorait, et avaient été accueillis par ses arrière-grands-parents. Au fils du temps, les parents de Sonia s’étaient fait une place parmi eux et avaient gagné l’estime et le respect de tous. Ce qui n’était pas le cas au début. Certains les avaient souvent évités, craignant qu’ils ne soient des voleurs. Mais comme aucun incident n’est venu les troubler, tous finirent par convenir que Sonia et ses parents étaient des gens bien et fiables.
Omar se rappelle aussi que c’est par une année de sécheresse que sa famille et lui avaient abandonné leur terre natale pour s’installer au village. Son père avait trouvé du travail dans une menuiserie et il pouvait enfin offrir tout ce qu’il y avait de mieux à sa famille.
La sécheresse avait poussé bien des familles à aller s’installer ailleurs. Par le plus heureux des hasards, Sonia et sa famille étaient venues habiter dans la même cour qu’eux. Encore enfants, ils avaient pu jouer ensemble sans craindre la colère de leurs parents. Leurs mères s’entendaient bien et c’était d’un œil attendri qu’elles les regardaient partir à l’école, main dans la main. Omar avait toujours aimé Sonia, depuis le premier jour, au début comme un grand frère. Il avait quatre ans de plus qu’elle. Il se souvient qu’au village, les garçons n’osaient pas la regarder, parce que son œil attentif ne la lâchait pas. Sonia était une très belle brune et elle avait beaucoup de succès.
Omar n’oubliera jamais la souffrance qu’il avait endurée durant ses deux années de service militaire. Il avait souvent craint de la retrouver fiancée à sa sortie.
Mais Sonia l’avait attendu, poursuivant ses études au lycée, décrochant le bac avec mention, à la joie de tous. Sonia et Omar allaient pouvoir se voir tranquillement, loin du village. Elle s’était inscrite à Tizi Ouzou pour y étudier le droit. Comme les sentiments étaient réciproques, Omar n’avait pas hésité à la demander en mariage, promettant de la rendre heureuse à tout jamais.
Aussi, ne pouvant pas reprendre ses études d’ingéniorat, Omar s’était mis à la recherche d’un travail. Sachant qu’il ne trouvera rien au village, il s’était tourné vers la capitale, croyant qu’elle pourrait lui donner tout ce qu’il lui manquait pour réaliser ses rêves les plus fous. Alors, il n’avait que vingt-trois ans, avec dans les poches son amour pour Sonia et cette volonté de réussir à tout prix !

(À suivre) A. K.


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