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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le vent de l’été

12e partie

Résumé : Nacéra est préoccupée, mais tente de ne penser qu’au déjeuner prévu avec Hind. Il était encore trop tôt. Pour s’occuper, elle se dirige vers un grand magasin de prêt-à-porter. Comme toutes les femmes, elle était fascinée par la mode.

 

Une évasion dans le monde de qui sera la meilleure habillée, la plus admirée ou, encore mieux, celle qui se targuera d’avoir une armoire bien garnie devant une assistante féminine loin d’être indulgente.
Nacéra soupire. Toutes ces mascarades ne sont qu’illusion. Un baume sur une plaie profonde, qui se ravivera sans cesse et qui pourra s’infecter sans crier gare.
Pourtant, malgré tout, ces femmes continuent leur  petit bonhomme de chemin en brandissant tel un bouclier leur beauté et leur savoir-vivre.
Elles sont toutes pareilles d’ailleurs, et veulent toujours paraître à leurs avantages afin de ne pas courber l’échine ou se sentir à l’écart du monde.
Le magasin de prêt-à-porter, qui venait de recevoir les derniers modèles de la saison, regorgeait d’une foule cosmopolite.
Il y avait des vêtements pour tous les goûts. Les femmes passaient et repassaient entre les échantillons vestimentaires exposés çà et là. Elles tâtaient le tissu, critiquaient le modèle, faisaient appel aux vendeuses ou à des connaisseuses en la matière pour avoir leur avis, avant d’aller essayer l’article de leur choix.
Nacéra n’était pas là pour acheter. Pour elle, c’était une autre paire de manches. Elle était plutôt là pour avoir une idée sur les derniers échos de la mode sous toutes ses formes.
Loin de s’offusquer devant les jugements hâtifs des unes et les exclamations des autres, elle passait d’une rangée à une autre pour s’imprégner de cette odeur propre aux vêtements neufs, qu’elle connaissait si bien et qu’elle aimait tant.
Des robes, des pantalons, des chemisiers, des jupes, des corsages, des gilets… rien n’avait été oublié.
Elle palpe les tissus, étudie les modèles, regarde les finitions, avant de jeter un coup d’œil sur les prix.
Ces derniers n’étaient, bien entendu, pas à la portée de toutes les bourses. Ici, c’était le luxe qui prévalait, et le luxe se payait… Il y avait aussi des modèle exclusifs qui coûtaient les yeux de la tête.
La couturière caresse de sa main savante le tissu d’une jolie blouse en soie naturelle. Le tissu était doux et la coupe était impeccable. Elle jette un coup d’œil au prix et constate qu’il était exorbitant. Ce modèle, elle pouvait le reproduire facilement, mais comme ça lui arrivait des fois, elle  aimait de temps à autre s’offrir quelque chose d’original, fabriqué en dehors de ses ateliers. Elle qui voulait oublier les chiffons pour quelques heures, la voici bien servie.
Sans plus attendre, elle court essayer la blouse, et constate qu’elle la moulait bien et rehaussait son buste à ravir. Le plaisir d’un contact neuf sur sa peau la décidera à l’acheter.
Quelques minutes plus tard, elle ressortait du magasin, son vêtement soigneusement plié et déposé dans un beau sac en papier.
Elle se sentait moins stressée en se dirigeant vers le square du Centre, où l’attendait déjà Hind.
Cette dernière sourit à sa vue et vint vers elle.
-Alors on est allé dépenser son argent dans les magasins ? lui dit-elle en l’embrassant et en désignant le sac qu’elle portait au bras.
Nacéra hausse les épaules :
-Une folie… De temps à autre, on oublie la raison… Vois-tu ?
-Qu’à cela ne tienne, le plaisir n’a pas de prix. Je connais tes goûts Nacéra. Je suis certaine que tu as choisi quelque chose de très beau.
-Juste une petite blouse en soie que je pouvais facilement me confectionner.
Hind lui prend le sac des mains et se met à farfouiller dedans avant de ressortir à moitié le fameux vêtement.
-Oh ! mais c’est très joli… Je ne trouve pas du tout que tu aies fait une folie, Nacéra. Cette blouse est vraiment très belle, et en plus elle est de grande marque.
-Oui. Mais les marques ne sont pas toujours authentiques. Et même dans le cas où elles le sont, il y a fort à parier que nos couturières peuvent parfaitement reproduire ces modèles et les proposer à des prix bien plus abordables. N’empêche que nous sommes toutes pareilles, nous les femmes. N’importe quel chiffon suscite notre convoitise.


(À suivre)
Y. H.


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