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Autres / Récit de Yasmina Hanane

l’artiste

17e partie

Résumé : Tahar entraîne Kahina à la cafétéria. Il lui parle un peu de sa vie, et l’exhorte à être ferme dans ses décisions, et à avoir confiance en elle. La reine des Aurès avait fièrement combattu l’ennemi. Elle, c’était Dihya, une berbère pure et dure. Une conférence de presse était prévue.

 

Tahar se lève :
-Tu ne vas pas rater ça, Kahina ! C’est la meilleure manière de rendre hommage aux artistes, et aussi une façon de découvrir davantage les passions des uns et les rêves des autres. Avec une plume telle que la tienne, tu pondras un article extraordinaire.
Il me fait un clin d’œil :
-J’y tiens particulièrement.
Sans trop d’entrain, je le suis. La salle était déjà pleine aux trois-quarts, et une musique du terroir rendait l’atmosphère très agréable. Tahar me guide vers un siège non loin de la scène :
-Ici tu auras un grand plan de tout ce qui se passera, et tu seras plus avisée pour poser des questions.
-Je dois poser des questions ?
-Bien sûr ! Tout comme le ferait un bon journaliste.
Il jette un coup d’œil alentour et poursuit :
-Je reconnais quelques reporters qui ne sont là que pour la collation qui suivra.
-Hein ?
Il sourit :
-Tu es encore une inculte dans ce domaine, Kahina, mais tu apprendras vite les rouages du métier, ma chère amie. Heu... pour être un peu moins rustre, je dois avouer aussi qu’il y a des hommes de lettres et des intellectuels qui savent donner à l’artiste sa juste valeur. Eux se font très discrets et sont très modestes dans leur jugement.
Il me donne une tape sur l’épaule avant de s’éloigner :
-Nous nous reverrons tout à l’heure.
Les lumières s’éteignent, et un groupe se forme sur scène. Microphone à la main, quelques organisateurs s’enhardissent à prononcer une allocution de bienvenue, avant de céder la parole aux amis des arts, comme les avait qualifiés Tahar.
Un par un, ces derniers se rallièrent à la tribu pour parler de leur passion artistique, de leurs expressions, et tentent de mettre leurs multiples talents en exergue afin de démontrer que le monde des arts, des couleurs et de la magie des mots leur appartenait. Ils étaient les innovateurs d’un monde secret qui ne pouvait laisser indifférent. La preuve était qu’à chaque exposition, ils attiraient une foule d’amateurs et de connaisseurs qui tentaient de décortiquer leurs œuvres. Des questions fusaient de partout. Les réponses ne se faisaient pas attendre. Chacun donnait sa propre version. Tahar sera le dernier à prendre la parole. Égal à lui-même, il n’eut aucun mal à captiver l’assistance. Le public buvait ses paroles, et quelques-uns de ses élèves qui étaient présents l’acclamaient à chaque expression. Tahar parlait, gesticulait, passait la main sur sa joue droite ou tirait sur une mèche de ses cheveux. Il était aussi instable sur scène que dans sa propre vie. Il étalait ses connaissances et donnait à son discours ce relief qui reflétait son niveau et son expérience dans le domaine des arts plastiques. Il parlait de ses inspirations, des maux de la vie, du bonheur comme des malheurs, du monde qui pensait avancer dans le bon sens et se trompait. Et bien sûr de la beauté de la terre et de la femme.  (Il prend une lente inspiration avant de poursuivre dans ce contexte). La femme était celle qui faisait oublier les douleurs, celle qui pansait les blessures, et donnait la vie.
Il se passe une main sur son front et s’arrête de parler. Un silence sacré régna dans la salle. Le public retenait son souffle, les yeux braqués sur la scène.


(À suivre)
Y. H.


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