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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Le vent de l’été

1re partie

Nacéra ferme les yeux un moment devant sa glace puis les rouvre. Elle avait remarqué que d’autres rides étaient apparues sur son visage. Oh ! elles n’étaient pas encore très visibles, mais elle savait que ces “plis” qui surprenaient chaque être humain étaient sournois.

D’abord, ils sont presque invisibles, ensuite ils s’enhardissent à se creuser au fur et à mesure que le temps passe.
Nacéra se passe la main sur le visage comme pour gommer ses petites ridules autour de ses lèvres et de ses yeux. Des pattes d’oie avaient tissé une sorte de couronne disgracieuse sous ses paupières inférieures, et son front arborait des “traces” de soucis et de tracas, reflet de son mal-être continuel.
Elle pousse un long soupir et se laisse tomber sur un canapé. La vie avait était dure avec elle, et le sort ne l’avait pas gâtée.
Elle avait raté le coche, et son avenir ne se dessinait pas sous de bons auspices. Pourtant elle avait cru au bonheur.
Elle avait espéré que son tour viendra. Qu’elle allait rencontrer l’homme de ses rêves et mettre fin à sa solitude. Elle s’était surprise à imaginer ses toilettes de présentation et sa robe de mariée. Elle se voyait alors d’un œil merveilleux. Elle allait être belle pour ses noces.
Sa coiffeuse allait faire d’elle, en un tour de main, une princesse des mille et une nuits.
Et comme toute nouvelle mariée qui s’apprêtait à entamer une nouvelle vie, elle allait briller durant quelques heures devant une assistance féminine curieuse et critique à souhait. Oui, cela devrait être ainsi.
Ses robes plus belles les unes que les autres rehausseraient son charme et mettraient sa taille fine en valeur. Elle dansera sans se lasser et virevoltera dans les bras de son bien-aimé jusqu'à l’aube.
Commencerait alors une existence des plus enviables.
La sonnerie de son portable mettra fin à ses illusions. Elle redescendit alors sur terre, et se retrouva sur le canapé de sa chambre alors qu’on donnait des coups à la porte. Elle court ouvrir à sa jeune sœur, avant de prendre sa communication :
-Allô. Hind. Oh ! quelle surprise !
-Bonjour Nacéra. Je pensais te rencontrer à l’exposition des tenues traditionnelles. Je viens d’y revenir.
-C’était prévu que je m’y rende. Un empêchement de dernière minute. Dis-moi plutôt si ton déplacement en valait la peine.
- J’ai beaucoup apprécié. Les couturières s’étaient surpassées pour présenter leurs collections. Des merveilles. Tu aurais dû y participer.
- Ce n’est pas l’envie qui me manquait. Mais je ne pouvais honorer mes engagements, tout en préparant cette manifestation.
- Tu n’as pas encore terminé avec tes trousseaux de mariée ?
- Pas encore. Ces derniers temps c’est vraiment la ruée. On dirait que toutes les filles de la ville s’étaient donné le mot pour se marier cette année.
- Sauf certaines.
- Oui... Sauf moi.
- Voyons, Nacéra. Je suis désolée si ma remarque te touche. Mais je ne parlais pas de toi. Je parlais de nous deux. Je ne suis pas non plus mariée moi-même. Et pas sur le point de l’être non plus.
- Tu es bien plus jeune que moi, Hind. Tous les espoirs sont encore permis pour toi. Par contre moi...
- Ne dis pas cela. Tu n’es pas aussi vieille que ça, non plus. Et puis, tu as ton métier et tu aimes ce que tu fais. Tu ne dépends de personne pour gérer ton budget, et puis, grâce à Dieu, tu gagnes bien ta vie.
- Grace à Dieu, de ce côté-là, tout va bien. Hélas, il n’y a pas que l’argent dans la vie.
- Certes, mais disons qu’il vaudrait mieux avoir sa petite bourse personnelle, que tendre la main.
- C’est certain. Enfin, je ne vais pas trop m’étaler là-dessus. À chacun son destin dans ce monde.


(À suivre)
Y. H.


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