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Autres / Récit de Yasmina Hanane

Si ma vie m’était contée

20e partie

Résumé : Choquée par la révélation de son mari, Yamina se lève et quitte la cuisine. Slimane la suit au salon et tente de se faire pardonner. Elle garde le silence et se met à pleurer toutes les larmes de son corps. Lassé, son époux s’endort à ses pieds.

On était au petit matin. La maison était plongée dans le silence. Slimane se relève péniblement, en se demandant pourquoi il s’était endormi sur le tapis du salon. Les courbatures de son corps le renseignèrent sur son inconfortable position. Il s’appuie au bord de la table basse et tente de se mettre debout. Un vertige le surprend. Il se rassoit alors sur le tapis et attend que son malaise s’apaise. Ces derniers temps, il se sentait bien fatigué. Il prenait de l’âge et sa santé déclinait. La mémoire lui revient enfin. Il se rappelle alors la scène qu’il avait eue la veille avec Yamina. Sa femme ne lui pardonnera pas de lui avoir menti. C’était légitime aussi. Elle était jeune et voulait des enfants. Il aurait dû la préparer à l’inéluctable réalité. Tôt ou tard elle aurait découvert le pot aux roses. Il soupire et hausse les épaules. Dans la vie, il faut savoir faire des sacrifices. Yamina lui avait déjà révélé qu’en l’épousant, elle avait fait des concessions. Et lui aussi en avait fait. Il avait coupé les ponts avec son ancienne vie pour reprendre à zéro. Lorsqu’ils s’étaient rencontrés, elle était encore une fille effacée et timide. Voici un peu plus d’une année qu’ils sont ensemble, et elle est devenue une femme du monde. Une femme accomplie et sûre d’elle. Il était très fier de l’avoir à son bras lors de certaines cérémonies. Ses amis l’enviaient et il recevait leurs éloges sans pour autant se sentir coupable d’avoir pris la jeunesse d’une femme qui aurait pu être sa fille. Il réussit enfin à se mettre debout et à marcher jusqu'à sa chambre où il constate que sa femme dormait paisiblement un oreiller entre les bras. Rassuré, il referme la porte derrière lui et s’enferme dans la salle de bains. Il se rase et prend une douche chaude, avant de s’habiller pour se rendre au bureau. Il était presque 10 heures lorsqu’il quitte la maison au volant de son véhicule.
Yamina ne s’était pas montrée comme à ses habitudes à la fenêtre de sa chambre pour lui faire un signe de la main. Ce matin, elle avait préféré rester au lit, et faire semblant de dormir. Il s’était alors contentée de prendre ses affaires dans le dressing en faisant le moins de bruit possible. Dans quelques instants, la jeune femme se rendra à son magasin. Elle avait sûrement des rendez-vous importants, et ses clientes comptent beaucoup sur ses goûts dans l’acquisition de leurs toilettes. Slimane secoue la tête :
“Yamina finira par oublier ses caprices. Je saurais lui faire admettre que sans moi, elle ne serait encore qu’une simple employée de bureau”, se dit-il.
Yamina s’étire et rabat la couette. Elle avait entendu son mari s’affairer. Elle savait qu’il avait passé la nuit sur le tapis du salon, mais ne ressentait aucun remords. Il lui avait menti et elle lui en voulait. Pour camoufler ses mensonges, et la distraire, il lui avait ouvert ce magasin qui est devenu son univers quotidien. La jeune femme se prépare hâtivement en prenant soin de camoufler par un maquillage très soigné les cernes sous ses yeux, et les traces d’une nuit bien agitée.
Elle arrive un peu en retard au magasin et constate que ses employées avaient déjà pris les devant pour recevoir les premières clientes et les faire patienter.
Les plus exigeantes ​attendaient que la patronne soit là pour les orienter dans leur choix. Yamina sourit à la vue de leur air anxieux :
-Bonjour mesdames ! Vous me voyez désolée pour le retard.
Une cliente s’avance vers elle :
-Madame, je  vous attendais justement. Cela fait plus d’une demi-heure que je suis ici.
-Je regrette mais vous auriez dû m’avertir. Avez-vous pris rendez-vous ?
-Non. Je l’avoue. Je voulais que vous m’aidiez dans le choix des toilettes de présentation de ma fille, ainsi que dans certaines tenues de sortie.


(À suivre)
Y. H.


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